Les pas du ‘ori Tahiti bientôt classés

    jeudi 16 mars 2017

    livret ori tahiti

    Une petite pause, hier, pour La Dépêche de Tahiti, avant de reprendre ce long travail de nomenclature des pas du ‘ori Tahiti. (© Christophe Cozette)

    Hier, alors que le conservatoire présentait Rock sur scène, les deux concerts prévus les 24 et 25 mars, au premier étage du même bâtiment, c’était séance brainstorming avec le directeur des lieux, Fabien Dinard, autour du ‘ori Tahiti. Ce dernier, bien entouré, mettait les dernières touches à un futur document de référence, le “livret” des pas de la danse polynésienne.

    Le ministre de la Culture, Heremoana Maamaatuaiahutapu, avait rencontré, en décembre dernier, à Paris, Pascal Lievaux, le président de la fondation du patrimoine à la direction générale des patrimoines du ministère de la Culture. Les discussions avaient porté sur le projet de classement du ‘ori Tahiti au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, envisagé par le Pays.

    “Il faut démontrer à l’Unesco que la danse est enracinée dans la culture polynésienne et leur prouver à quel point on s’est accaparé cet art pour le faire vivre”, expliquait-on hier.

    Cela fait près de trois ans que ces travaux ont commencé avec près d’une quarantaine de personnes. Aujourd’hui, ça se finalise, avant une présentation à l’ensemble de la communauté artistique en question. Ce véritable travail de nomenclature sera également soumis à l’Académie tahitienne. “Ce n’est pas un travail de littérature, il est question de traduction du ressenti de la posture”, a précisé Fabien Dinard.

    Soixante et une postures – 32 pour les femmes et 29 pour les hommes – vont être nommées, traduites et démontrées au niveau technique, avec des schémas et des photos de jeunes danseurs et danseuses.

    Ce livret deviendra, en quelque sorte, la “bible” de la danse. Mais de nombreux chorégraphes de renom considèrent que la tradition orale doit rester orale et ce livret devrait provoquer, à l’instar des résultats du Heiva i Tahiti, son lot de contestation, une fois terminé.

    “Mais il y a un tel développement des arts traditionnels qu’on ne peut plus laisser 100 000 Japonais danser sans savoir ce qu’ils dansent.”

    “C’est une synthèse de tout ce qui a existé chez les uns et les autres, cela n’a pas l’ambition d’être exhaustif”, même si cela prend en compte les pas ancestraux, puis les pas plus “modernes”, à savoir ceux de la période post-européenne.

    Une fois ce long travail pointilleux terminé et validé par la grande communauté du ‘ori Tahiti mais également l’académie, une agence de communication sera chargée de réaliser ce livret, qui servira de “dossier” pour l’Unesco mais pas que, comme le souhaite le ministère de la Culture, en charge du projet. Ce document de référence sera ensuite avant tout proposé aux plus de 50 écoles de danse polynésienne, sans bien évidemment sacrifier la liberté chorégraphique de chacune d’elles.

    Dans un second temps, les nombreuses danseuses, notamment du Japon, qui viennent apprendre le ‘ori à Tahiti auront accès à cette “bible”. Cette dernière devrait voir le jour dans les toutes prochaines semaines, selon nos informations. 

     

    Christophe Cozette

     

     

      Edition abonnés
      Le vote

      Seriez-vous prêt à accepter de travailler avec une patente si un employeur vous indiquait qu'il ne peut pas vous salarier ?

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete