Ori Tahiti Nui Compétitions et championnat du monde : toujours plus grand

    mercredi 21 septembre 2016

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    Tumata Robinson et Manouche Lehartel, à l’origine de ces concours depuis 2012. (Photo : Florent Collet)

    Il semble désormais loin le temps où Manouche Lehartel et Tumata Robinson frémissaient à l’idée que leur événement, lancé en 2012, fasse un flop et que les danseurs et danseuses de ’ori Tahiti ne répondent pas à l’appel.

    Ils étaient 80 pour la première édition, où n’existaient alors que les concours solo. Hommes et femmes étaient répartis dans quatre catégories d’âge. Les vainqueurs de chaque catégorie s’affrontaient pour le titre Arioi Tane et Arioi Vahine.

     

    Au fil des ans, le concours s’est enrichi. En 2013, le mehura, ou ’aparima lent avec un ensemble féminin, masculin ou mixte de cinq personnes, a fait son entrée en scène. En 2014, la compétition s’est ouverte aux duos. L’an dernier a été créée la catégorie reine : le championnat du monde, en individuel pour les vahine.

    Cette année, les hommes aussi peuvent tenter de décrocher le titre suprême. La victoire n’est toutefois accessible qu’aux gagnants d’une compétition internationale comme le Heiva d’Osaka, de Tokyo ou de Fukuoka, au Japon ; celui de  Paris ou de San Diego ; le Tahiti Fête de San José ou les Arioi et Eua i te mau fetia du Mexique. Les titulaires des plus hauts diplômes de danse du conservatoire, les vainqueurs du Heiva I Tahiti, ceux des Ori Tahiti Nui Solos peuvent également concourir.

    L’an dernier, c’est une Américaine, la superbe Melanie Amen, qui l’avait emporté. Un titre qui lui avait valu un accueil triomphal de la population et du maire de sa ville en Californie mais qui n’avait pas manqué de relancer la polémique sur le fait de former et d’inviter des danseurs étrangers.

     

    Rayonnement culturel

     

    Notre choix est simple. On ne peut pas interdire à une multinationale de mettre notre nom sur un shampoing. Comment alors empêcher les écoles du Mexique ou du Japon d’enseigner le ori Tahiti ? Soit on se referme, soit on surfe avec la vague. Les étrangers sont preneurs de cette légitimité que nous avons et qu’ils nous reconnaissent”, explique Manouche Lehartel, tout en admettant avoir créé ce championnat du monde “avant que des étrangers ne le fassent”. En concours solo, sur quatre titres attribués, deux sont revenus à des étrangers.

    Ceci serait dû à “un manque d’habitude aux concours solo et à l’improvisation”, selon Manouche Lehartel. Mais aussi, à la faible implication des danseurs et danseuses solo dans le concours. “La première année, nous avons un peu galéré pour faire comprendre à nos danseurs et danseuses qu’ils devaient concourir. Cela ne fait que les former davantage et asseoir notre réputation. Le fait que le ’ori Tahiti vienne de chez nous, les gens se demandaient pourquoi concourir, disaient que cela faisait honte. Là, depuis un mois, des gens nous annoncent qu’ils vont concourir. Certains se préparent déjà”, explique Tumata Robinson.

    L’an dernier, rares étaient les meilleures danseuses du Heiva et stars locales de la danse à participer au concours. “Nos danseurs et danseuses n’aiment pas se mettre en danger, c’est une réalité. Je dirais qu’ils sont petits joueurs et petites joueuses” confie Manouche Lehartel, un brin provocante.  Mais l’objectif, désormais atteint (voir encadré), est aussi celui du rayonnement culturel à des fins touristiques. C’est notamment pour cette raison que la compétition a lieu durant le Hura Tapairu.

    Cela peut être un handicap pour les danseurs locaux car beaucoup participent au Hura Tapairu. Mais pour nous, ce qui est important, c’est que notre événement contribue au rayonnement du tourisme culturel. Aujourd’hui, à Tahiti, un touriste ne peut voir que trois spectacles par semaine, et encore deux  se déroulent  au même moment, le vendredi soir. C’est dramatique” explique Manouche Lehartel. 

    Entre 1980 et 2000, il y avait 25 spectacles par semaine dans les hôtels et restaurants. Alors je ne peux pas imaginer que les danseurs étrangers vont payer leurs billets d’avion pour venir, leur logement, parfois louer les services d’un costumier et qu’ils ne pourront voir aucun spectacle. Donc depuis le début, nous organisons cet événement durant le Hura Tapairu pour qu’ils puissent y assister. Mais nous ne voulons pas gêner. C’est pourquoi nous arrêtons à 17 h 30”.

    Les organisateurs se montrent arrangeants pour faciliter la participation des danseurs locaux qui tentent le doublé. De la coupe du monde, organisée en avril depuis 2015 par Matani Kainuku, les organisatrices ne diront pas un mot. “Je ne sais pas ce qu’il fait”, affirme seulement Manouche Lehartel. “À chaque fois que ces deux dames inventent quelque chose, cela doit être dans l’air du temps. Des gens copient derrière”, assume en aparté Roland Garrigou, le manager de  Tahiti Ora. “Mais il y a de place pour tout le monde.

     

    F.C.

     

        Retrouvez dans notre édition du Mercredi 21  septembre 2016 :       

    • Encadré : Cinq semaines pour s’inscrire
    • Encadré : Un succès populaire et touristique

     

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