Oscar Temaru appelle ses électeurs à s’abstenir à la présidentielle

    lundi 27 mars 2017

    oscar temaru

    “Je pensais vraiment sérieusement pouvoir être candidat à cette élection présidentielle. Malheureusement, ça n’a pas réussi. Alors, maintenant, il y a les législatives…”, a déclaré Oscar Temaru, samedi dernier. (© Caroline Perdrix)


    Le Tavini appelle ses adhérents à l’abstention, pour la présidentielle, parce qu’« on ne peut plus faire confiance”. Les trois candidats aux législatives ont été désignés : Moetai Brotherson, Richard Tuheiava et Tina Cross. Le Tavini réactive sa cellule des jeunes en plaçant à sa tête Ella Tokoragi.

    Le Tavini fêtait, samedi dernier, ses 40 ans, rassem­blant quelque 3 500 personnes à Vaitupa. Chants, danses, cérémonie du kava pour les invités de marque, vidéo retraçant l’historique du mouvement, et appel à la solidarité entre Ma’ohi Nui et Kanaky dans la démarche à l’ONU ont chauffé l’ambiance avant de rentrer dans le vif du sujet.

    Oscar Temaru, candidat malheureux à la présidentielle faute de réunir les 500 parrainages nécessaires, appelle à l’abstention, les samedi 22 avril et 6 mai.

    Pour Oscar Temaru, “nous avons décidé de nous abstenir, de ne soutenir personne, de ne pas faire confiance”.

    “On ne peut plus faire confiance ; aucun des candidats en lice n’est susceptible de soutenir le combat du Tavini.”

    Une position somme toute lo­gique, qui rejoint celle du FLNKS en Nouvelle-Calédonie : “On voulait voter pour un candidat ma’ohi, dit un militant. C’est pas possible, alors, on ne va pas voter du tout.”

    De là à s’approprier toutes les abstentions et dire que les absents, pour une fois, n’ont pas tort, il n’y a qu’un pas qu’on sent certains prêts à franchir.

     

    Législatives : les électeurs Tavini “vont se lâcher”

     

    En revanche, le Tavini entend peser de tout son poids sur les élections législatives de juin. Gagner trois sièges, “c’est tout à fait possible, on y croit”, affirme Oscar Temaru.

    Les trois candidats désignés sont Richard Tuheiava sur la première circonscription, avec Christiane Fareahu Kelly de Moorea en suppléante ; Valentina Cross sur la deuxième circonscription, avec Bruno Flores de Raivavae en suppléant ; et Moetai Brotherson sur la troisième, qui souhaite avoir une suppléante mais n’a pas encore fait son choix.

    “Je pense que les électeurs du Tavini sont un peu frustrés de ne pas pouvoir voter aux présidentielles pour un candidat ma’ohi et ils vont donc reporter cette frustration sur les législatives et, là, ils vont se lâcher”, dit ce dernier.

    En interne, le parti a supprimé le poste de vice-président laissé vacant par Tauhiti Nena et a désigné trois présidents délégués : Moetai Brotherson, Antony Géros et Richard Tuheiava.

    Enfin, la cellule des jeunes est réactivée, avec à sa tête Ella Tokoragi, déjà en charge de l’emploi et de l’insertion à la mairie de Faa’a.

    L’annonce du décès de Bruno Barillot durant ces célébrations du 40e anniversaire a choqué de nombreux militants, qui ont observé une minute de silence à sa mémoire.

    En début d’après-midi, les cadres du Tavini et leurs invités ont fait honneur au ahi ma’a et ses produits locaux, avant de déguster le gâteau d’anniversaire bleu et blanc dont Oscar Temaru avait soufflé les bougies sur scène.

    C.P.

     

    Les candidats aux législatives

    brotherson cross tuheiava

    De gauche à droite : Moetai Brotherson, Tina Cross et Richard Tuheiava. (© Caroline Perdrix)


    Richard Tuheiava, candidat aux législatives dans la 1ère circonscription : “Un regard vraiment pédagogique”

    Comment comptez-vous convaincre les électeurs ?

    Mon message est essentiellement altermondialiste et surtout pas populiste comme celui qui est véhiculé actuellement par le Front national. J’apporterai un regard pédagogique sur des enjeux vraiment importants, qui vont non seulement venir entraver la liberté de penser des Polynésiens mais aussi leur accession à l’indépendance.

    On s’aperçoit que des partis pourtant traditionnellement de droite fricotent dangereusement avec des images et des valeurs d’extrême-droite, et c’est extrêmement grave. Nous n’avons plus affaire à l’ancienne nomenclature gauche/droite, mais à un mouvement mondialiste, et les Polynésiens ne savent pas se positionner par rapport à ça. Donc, je suis le candidat de cette pédagogie.

     

    Vous serez face, entre autres, à Tauhiti Nena sur la première circonscription. Un petit goût de revanche ?

    Tauhiti Nena n’est pas un candidat qui me préoccupe en ce moment. Il ne m’a jamais préoccupé, même quand il était au sein du Tavini. Le vrai sujet, c’est comment décoloniser ce pays de manière soudée.

     

     

    Valentina Cross, candidate aux législatives dans la 2circonscription : “L’État français ne joue pas le jeu”

    Que voulez-vous faire si vous êtes élue ?

    Si je vais à Paris à l’Assemblée nationale, c’est pour avant tout protéger et garantir les intérêts des Polynésiens. Je n’ai pas l’intention d’aller faire allégeance à l’État français. Nous sommes dans un processus de décolonisation où l’État doit venir autour de la table et négocier sur tout ce qui ne va pas dans la vie des Polynésiens.

    Or, l’État français ne joue pas le jeu, l’État français est déloyal, cela fait trois ans qu’il refuse ce processus démocratique alors qu’il fait partie de l’ONU. Eh bien, je serai la voix des Polynésiens pour dire que l’État français donne des leçons comme patrie des droits de l’Homme, mais elle refuse de reconnaître les droits des Ma’ohi.

     

     

    Moetai Brotherson, candidat aux législatives dans la 3circonscription : “Arrêter la démagogie”

    Que voulez-vous faire si vous êtes élu ?

    Ce que je veux surtout faire, c’est arrêter la démagogie. Le député ne désenvoûte pas les raquettes de tennis, il ne garantit pas le retour de l’être aimé, il ne fait pas la paix dans le monde. Le député a un rôle bien précis, celui de voter les lois, proposer des lois ou des amendements, contrôler l’action du gouvernement, il n’a pas à se substituer aux communes, à l’assemblée de Polynésie ou au gouvernement local.

    J’ai entendu dans certains meetings de partis adverses des promesses absolument mirobolantes ; ça part dans tous les sens. Moi, mon premier réflexe, c’est d’expliquer aux gens ce qu’est un député, ce qu’il fait et ce qu’il ne fait pas.

     

     

    Plus d’informations dans notre édition du jour ou au feuilletage numérique

     

     

      Edition abonnés
      Le vote

      Seriez-vous prêt à accepter de travailler avec une patente si un employeur vous indiquait qu'il ne peut pas vous salarier ?

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete