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Oscar Temaru en croisade pour une bonne alimentation

mercredi 16 mai 2018

photo 1Le maire de Faa’a, Oscar Temaru, et son conseil municipal ont évoqué, hier matin, leur plan de prévention de lutte contre l’obésité et le diabète au sein de la commune. Cette initiative, décrite comme innovante par les élus, a été débutée en 2014 et doit se prolonger jusqu’en 2020. “Nous avons décidé de faire de Faa’a la première ville santé de Tahiti. Au-delà d’une bonne alimentation et de la pratique d’une activité physique, nous devons aller à la rencontre de notre population pour la mobiliser”, a expliqué Pauline Niva, élue en charge de la santé.

Hier, le maire de Faa’a a tenu à faire le point sur les actions et les enquêtes déjà menées ces dernières années. Et Oscar Temaru peut se targuer d’avoir réussi à mettre en place dans toutes les écoles de sa commune des repas équilibrés établis par un diététicien. D’autres initiatives pour promouvoir une meilleure alimentation ont aussi été prises individuellement par les directeurs et directrices d’école. L’un d’entre eux expliquait avoir mis en place pour le goûter des enfants de sa maternelle des jus à base de légumes et de fruits ainsi que des biscuits sans gluten concoctés par les cuisinières de l’école. “Nous avons établi le coût du goûter à 34 F par élève”, a-t-il précisé.

Parallèlement à ces actions qui visent à éduquer la population dès le plus jeune âge à une bonne alimentation, le dispensaire de la commune a décidé d’accompagner les personnes qui le souhaitaient vers le jeûne thérapeutique. Une démarche qui tient à cœur à Oscar Temaru, qui se disait heureux d’être accompagné par le taote référent du dispensaire dans cette approche. “Le médecin est là pour accompagner la personne qui veut entreprendre cette démarche. Des tests sont réalisés avant et après le jeûne pour que la personne en tire tous les bénéfices”, a-t-il expliqué.

L’ancienne directrice de l’école de sages-femmes de Tahiti est, quant à elle, revenue sur la prédisposition au diabète gestationnel et à l’obésité des femmes polynésiennes enceintes. Selon elle, il y a eu une flambée de l’obésité après les années 87-88 liée au développement des grandes surfaces et à la disponibilité de produits alimentaires importés néfastes pour la santé. “Une journée standard à l’hôpital pour la prise en charge d’une femme enceinte lors d’une grossesse pathologique, c’est entre 300 000 et 400 000 F par jour. La moitié du budget de la CPS, soit près de 60 milliards, est entièrement consacrée aux maladies non transmissibles, on importe 45 milliards de francs de produits alimentaires par an au détriment de nos produits locaux, il faut que la population se sente concernée et pas seulement quand elle tombe malade”, a expliqué cette professionnelle de santé.

La population doit se réveiller”

Un discours soutenu par Charles Tetaria, ancien ministre de la Santé, qui a fait le tour des quartiers et des paroisses pour tenter de sensibiliser les gens et les informer sur les risques liés à l’obésité, l’hypertension et le diabète. “Le problème, c’est que les personnes qui ont du diabète ou de l’hypertension pensent à tort que tant qu’elles ne sont pas au stade de dialyse, ça va, et font donc contrôler leur taux quand il est trop tard ou quand il faut amputer. Pour l’hypertension, c’est uniquement quand on explique que c’est un facteur déterminant dans les accidents vasculaires cérébraux qu’ils ont peur. C’est là que la prise de conscience se fait mais il est trop tard”, a-t-il ajouté.

Selon le maire de Faa’a, le problème de notre santé, aujourd’hui, c’est le système. “Les gens ont mal à la tête alors ils se rendent chez leur médecin et vont à la pharmacie et ça recommence. Il faut aujourd’hui que les gens comprennent qu’il y a d’autres alternatives pour être en bonne santé que le recours systématique à la médecine conventionnelle. Je pense notamment à la naturopathie. Il faut aussi que la population comprenne que nous n’avons pas les moyens de tout prendre en charge, elle doit se réveiller et se prendre en main.”

Une enquête de terrain a été réalisée en collaboration avec l’Institut de la statistique de la Polynésie française sur l’état de santé global de la population de la commune. Celle-ci s’est basée sur un échantillon de plus de 1 000 personnes. Suite à cette enquête, les élus municipaux Ralph Taharagi et Stéphanie Boué ont pu mettre en exergue qu’à Puurai par exemple, il y avait un grand nombre de personnes atteintes par des maladies liées à la promiscuité. À Teroma, l’enquête a montré un très grand nombre de personnes accros à la cigarette ; dans un autre quartier, c’est le nombre de personnes souffrant de maladies sexuellement transmissibles qui est ressorti.

Pour les élus, cette enquête a pour but de les guider sur les actions de prévention à mettre en place dans chaque quartier, afin de faire la meilleure information possible.

Jen.R.

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