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Ouverture de deux nouveaux centres pour les migrants de Calais

mardi 1 août 2017

Metro-migrants

Huit mois après le démantèlement de la “Jungle”, le gouvernement va ouvrir deux nouveaux centres pour migrants dans les Hauts-de-France. (© Photo : Christophe Archambault/AFP)

Huit mois après le démantèlement de la “Jungle”, le gouvernement va ouvrir deux nouveaux centres pour migrants dans les Hauts-de-France, afin de faire baisser la pression à Calais (Pas-de-Calais), où les candidats à l’exil subissent des “traitements inhumains” selon le Conseil d’État.

“Nous ne voulons pas recommencer les mauvaises expériences du passé et nous ouvrirons deux centres assurant l’hébergement et l’examen des situations de ces personnes”, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, hier, lors d’une conférence de presse.

Les deux centres seront situés à Troisvaux (Pas-de-Calais) – où une vingtaine de réfugiés sont déjà accueillis, selon le maire – et Bailleul (Nord).

Ils disposeront à eux deux de 300 places et devraient ouvrir “dans les dix jours qui viennent”.

Pour le gouvernement, l’équation à Calais, où viennent de nouveau errer des centaines de migrants avec l’espoir de gagner l’Angleterre, est toujours aussi complexe.

Le ministre de l’Intérieur ne veut pas revoir ce qu’il avait qualifié en juin d’“abcès de fixation”, semblable à la “Jungle” de Calais.

Apparu au printemps 2015, ce gigantesque bidonville avait compté des milliers de migrants jusqu’à son démantèlement fin octobre 2016.

Mais les autorités sont aussi sommées de répondre à la grave situation humanitaire.

Et le président Emmanuel Macron a fixé, jeudi dernier à Orléans, un cap ambitieux : il a promis qu’il n’y aurait “d’ici la fin de l’année (…) plus personne dans les rues, dans les bois”.

Aujourd’hui, à Calais, il y a “environ 350 à 400 migrants”, selon Gérard Collomb.

Mais une estimation du rapporteur public du Conseil d’État faisait état de 400 à 700 personnes, dont une centaine de mineurs.

Un système d’information et de maraude sera mis en œuvre pour amener ces migrants vers les deux nouveaux centres d’accueil.

“Un premier pas important”, a jugé hier Didier Degrémont, du Secours catholique. Mais Christian Salomé, de l’Auberge des migrants, s’est montré plus réservé à l’égard de la création de nouvelles structures, prônant plutôt des “couloirs humanitaires” vers l’Angleterre.

Le gouvernement a annoncé la création de ces deux centres quelques heures après une décision du Conseil d’État, qui a validé hier des mesures d’aide aux migrants à Calais, contre le souhait du ministère de l’Intérieur et de la ville.

La plus haute juridiction administrative, déplorant des “traitements inhumains et dégradants”, a en effet donné son feu vert à l’ordonnance du tribunal administratif de Lille.

S’il avait écarté fin juin la création d’un nouveau centre d’accueil d’urgence pour migrants à Calais, le tribunal, saisi par onze associations et une cinquantaine de migrants, avait ordonné à l’État et à la commune de mettre en place des mesures pour leur venir en aide, comme la création de points d’eau et de sanitaires.

Le Conseil d’État a dressé un constat alarmant des conditions de vie des migrants, évoquant leur “état de dénuement et d’épuisement” : faute de point d’eau, ils ne peuvent “ni se laver ni laver leurs vêtements” et “souffrent en conséquence de pathologies telles que la gale ou des impétigos”, entre autres.

Les associations d’aide aux migrants ont salué la décision du Conseil d’État et le ministre de l’Intérieur a promis que serait “rapidement” assuré “un meilleur accès à l’eau”.

Mais la maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), a dénoncé une “injustice” et averti qu’elle ne se plierait pas “aux injonctions” de la justice administrative.

Confronté à de graves accusations de violences policières à l’égard des migrants dans cette commune, Gérard Collomb a aussi annoncé qu’il avait demandé un rapport à ses services, “afin de disposer d’une vision impartiale de la situation”.

Selon l’ONG Human Rights Watch, l’usage de gaz poivre contre les migrants est “routinier” à Calais. “Dans les forces de sécurité, il n’existe pas d’usage du gaz poivre”, a affirmé le ministre, tout en reconnaissant qu’“il peut y avoir quelques dérapages individuellement”.

 

AFP

 

 

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