Paea – Expulsion de la famille Teipoarii du site du marae Arahurahu

    mercredi 13 juillet 2016

    Sept heures, hier matin, sur le site du marae Arahurahu.  Des gendarmes, un Case, deux bennes et un camion plateau. Tous attendent les instructions pour procéder à l’expulsion  de la famille Teipoarii, qui occupe la maison en pinex située  sur le parking, à l’entrée du site. (Photo : Élénore Pelletier)

    Sept heures, hier matin, sur le site du marae Arahurahu. Des gendarmes, un Case, deux bennes et un camion plateau.  Tous attendent les instructions pour procéder à l’expulsion de la famille Teipoarii, qui occupe la maison en pinex située sur le parking, à l’entrée du site. (Photo : Élénore Pelletier)


    L’ancienne loge de gardien a été détruite

     

    Sept heures, hier matin, sur le site du marae Arahurahu, à Paea. Des gendarmes, un Case, deux bennes et un camion plateau. Tous attendent les instructions pour procéder à l’expulsion de la famille Teipoarii, qui occupe la maison en pinex située sur le parking, à l’entrée du site.

     

    Océane, 16 ans, fait un dernier tour du propriétaire. Elle a toujours vécu ici. “You have to turn the page. And say ‘goodbye’… Your new life began !”, a écrit l’adolescente, sur un pan de mur de ce qui était avant sa chambre.

    Elle se souvient : “Ici, il y avait mon lit et là, dans le coin, le berceau de ma nièce. Dans cette pièce, c’est là qu’on mettait les copains qui restaient dormir chez nous.” La maison a été vidée de ses affaires.

    Océane et sa famille ont été relogées dans une maison à Orofero, non loin du marae Arahurahu. Les clés leur ont été remises vendredi dernier. Devant l’habitation en pinex, Janine Teipoarii, la maman d’Océane, et Bruno Jordan, le chef du service du tourisme, défendent leurs points de vue, en toute cordialité. Pas d’échauffement de voix.

     

    De toute façon, la situation ne changera pas : l’huissier est là et tout est prêt pour procéder à l’expulsion et à la destruction de l’habitation. En moins de trente minutes, tout est réduit en miettes à coups de pelleteuse et, au passage, quelques arbres en prennent pour leur grade.

    Océane ne peut retenir ses larmes. Sa maman regarde la scène hébétée, “sans colère, sans haine, mais très triste”. “Pour vous, ce n’est qu’une maison, mais pour moi, c’est un endroit chargé d’histoire, de souvenirs… J’ai l’impression d’être traitée comme une étrangère sur ma terre natale”, lance-t-elle. Janine Teipoarii est arrivée sur le site en 1977, à l’âge de 7 ans.

     

    À l’époque, un fare de gardiennage est construit à l’entrée du marae Arahurahu dans lequel sont installés Teipoarii et sa famille. Employé par l’Opatti  (ex-service du tourisme), celui-ci est chargé de l’entretien et du gardiennage du site. Au fil des ans, la famille grandissant, celle-ci réalise plusieurs extensions au local initial.

    Mais ces nouvelles constructions sommaires “ont été réalisées sans autorisation administrative et, par conséquent, en méconnaissance de la réglementation en matière de sécurité, d’hygiène et d’urbanisme”, précise le service du tourisme actuellement affectataire du site.

     

    Dangerosité du site

     

    Au décès du papa, en 2012, Janine Teipoarii reprend en charge le gardiennage du site de manière non officielle et propose des visites aux touristes. Le service du tourisme demande alors à la famille Teipoarii de quitter les lieux, mais celle-ci s’y oppose.

    Une procédure d’expulsion est entamée en janvier 2014. Le jugement est rendu en novembre de la même année, donnant raison au service du tourisme.

    “Il y a eu une ordonnance de jugement qui demande à Janine Teipoarii et consœur de quitter les lieux. Il y a eu un constat d’huissier qui a révélé la dangerosité du site et une atteinte à la santé physique des habitants”, assure Bruno Jordan.

     

    En juillet 2014, un arbre d’une vingtaine de mètres s’était effondré à quelques mètres de la maison “de fortune” des Teipoarii. Il avait été dévié dans sa chute par un manguier, évitant ainsi un drame. Cet événement jouera un rôle majeur dans l’accélération de la procédure d’expulsion.

    Un logement de type F4, situé en haut de Punavai plaine, à Punaauia, a alors été proposé à la famille, qui l’a refusé. “Mes deux filles sont scolarisées au lycée de Papara et on n’avait aucun moyen de locomotion pour les y emmener, sachant qu’aucun bus ne passe à Punavai plaine”, explique Janine Teipoarii.

    Finalement, un logement à Orofero, à Paea, leur a été attribué, dernièrement, à leur plus grande joie.

     

    Aujourd’hui, aucun projet n’a encore été établi à l’emplacement de l’ancien local de gardiennage. Peut-être qu’il sera réaménagé en parking paysager, comme au PK 18. En attendant, un gardien devrait être embauché pour surveiller le site, dès à présent.

     

    É.P.

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete