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Une page Facebook pour lutter contre les violences intrafamiliales

mercredi 15 mars 2017

angibaud thorel leroy

Le procureur de la République, Hervé Leroy, l’avocate générale Brigitte Angibaud et le substitut du procureur général près la cour d’appel de Papeete, José Thorel. “Aucun procureur de la République n’a de page Facebook, c’est une première en France”, ont expliqué hier les magistrats. (© Caroline Perdrix)

C’est une première nationale. Le procureur de la République en Polynésie française a créé sa page Facebook et invite les victimes ou les témoins à l’utiliser pour signaler les cas de violences, y compris sexuelles, au sein des familles.

La page se nomme “Procureur de la République en Polynésie française. Violences familiales”. Il suffit de cliquer sur l’onglet bleu  “envoyer un e-mail” sous la photo de couverture.

Les fonctionnalités habituelles de Facebook, comme le chat ou la possibilité de poster quelque chose sur la page, sont désactivées : c’est essentiellement une boîte mail, à la différence près qu’on la trouve sur le réseau social le plus fréquenté en Polynésie française.

“Cette page Facebook est destinée essentiellement à des victimes qui auraient des difficultés à s’adresser d’une autre manière à l’autorité judiciaire”, dit Brigitte Angibaud, avocate générale près la cour d’appel de Papeete.

“C’est une voie d’accès exceptionnelle au procureur de la République. C’est pour cela que c’est réservé aux violences intrafamiliales.”

Entourée du procureur Hervé Leroy et du prédécesseur de ce dernier, José Thorel, Brigitte Angibaud présentait hier la nouvelle initiative du conseil de prévention de la délinquance en Polynésie française, créé en janvier 2016 et coprésidé par le haut-commissaire, le président du Pays et le procureur général.

Ce conseil de la délinquance réalise là le cinquième de ses six engagements, parmi lesquels la consultation gratuite des avocats pour les mineurs et le dispositif téléphone grave danger (lire ci-dessous).

Reste encore à mettre en place une unité d’accueil pédiatrique des mineurs victimes.

 

Seulement 2 % de plaintes

 

Les magistrats n’ont pas manqué de rappeler les chiffres : 98 % des victimes de violences sexuelles intrafamiliales et 80 % des victimes d’autres violences intrafamiliales ne portent pas plainte. Dans huit cas sur dix, ces violences sont le fait de proches ou de connaissances.

Pour faire diminuer ces “chiffres noirs”, dans un territoire éclaté où la force publique n’est pas présente partout, l’utilisation de Facebook s’est imposée comme le moyen le plus simple de tendre la main aux victimes.

“Nous nous adressons aux personnes qui ne feraient pas appel à l’autorité judiciaire de manière conventionnelle, du fait de l’éloignement, de la solitude ou de la peur, pour qu’elles puissent y accéder. Nous verrons si c’est réellement une façon de faire sortir des dossiers qui ne seraient jamais sortis autrement”, dit Brigitte Angibaud.

“Ce contact est bien évidemment encadré”, explique-t-elle. “Nous ne voulons pas que cette page devienne un outil pour déverser un trop-plein d’acrimonie.”

Tout commentaire sera effacé, seuls les signalements via la boîte mail seront traités. La page précise, au-delà des règles de la charte Facebook, que “dénoncer une infraction imaginaire vous expose à des poursuites pénales” et que “ne pas révéler des faits de mauvais traitements, viols ou agressions sexuelles commis sur un mineur ou une personne vulnérable vous expose également à des poursuites pénales”. “Il va falloir utiliser cet outil avec beaucoup de civisme”, dit Hervé Leroy, qui précise que cette page sera constamment suivie par l’un des membres de ses services.

Maquettée par les services du haut-commissariat, la page Facebook du procureur sera animée régulièrement et relaiera des informations pratiques.

Elle présente déjà des informations et des liens sur les structures et les dispositifs de prévention existant en Polynésie française, notamment l’association d’aide aux victimes Te Rama Ora (association polyvalente d’actions judiciaires) ou encore la fédération Vahine Orama.

“C’est un instrument qui peut être précieux et qui ne doit pas être galvaudé. Ce que je demande, c’est que les gens aient une démarche citoyenne”, a conclu Brigitte Angibaud.

 

Caroline Perdrix

 

téléphone grave

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