Paiement en liquide au-delà de 119 300 F : oui, c’est possible

    lundi 24 août 2015

    Dans huit jours, le décret du 24 juin pris à Paris par le ministre de l’Économie et applicable dans tous les départements et territoires d’outre-mer pourrait bien bouleverser les habitudes de consommation des Polynésiens n’ayant pas de compte en banque, mais pas tant que cela.
    Pour rappel, à partir de mardi prochain, il ne sera plus possible de payer biens ou services dont le prix est supérieur à 1 000 euros, soit 119 300 F. Seuls devraient être acceptés par les professionnels les paiements par chèque, virement ou carte de crédit ou de débit.
    “L’objectif de cette mesure est de limiter la part des transactions anonymes dans l’économie qui peuvent correspondre à des actions de fraude, de blanchiment voire de financement du terrorisme”, expliquait un communiqué du ministère des Finances à Paris au moment de l’adoption de la mesure.
    Un vrai souci pour les 25 % de Polynésiens, soit un sur quatre, notamment dans les îles ou en zone rurale, qui ne disposent pas d’un compte bancaire.
    La loi prévoit tout de même ce cas, ces dispositions ne s’appliquent pas “aux paiements réalisés par des personnes qui sont incapables de s’obliger par chèque ou par un autre moyen de paiement, ainsi que par celles qui n’ont pas de compte de dépôt”. Encore faut-il le prouver.

    Des parades déjà trouvées
    Avant d’acheter une voiture ou un autre produit dépassant la barre des 119 300 F, le consommateur pourra obtenir gratuitement son relevé issu du fichier national des comptes bancaires et assimilés (Ficoba), au siège de l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM), prouvant qu’il n’a pas de compte en banque.
    Une contrainte qui n’inquiète pas les commerçants censés demander cette attestation sous peine d’amende.
    “Cela va poser un problème, mais nous avons déjà trouvé une parade. Pour des grosses transactions, nous arrivons toujours à nous arranger”, explique ainsi Gilles Yau, président de la Fédération générale du commerce.
    “Les paiements en liquide sont de moins en moins nombreux, tout comme ceux par chèque, ce sont les règlements par carte qui sont désormais les plus courant.”
    Anonymement, un commerçant explique qu’il ne sera pas difficile de demander un paiement morcelé pour satisfaire aux nouvelles règles.
    “Normalement, il est aussi interdit de faire des chèques antidatés, mais c’est monnaie courante. De toute façon, qui va se charger de vérifier l’application de cette mesure.”
    Une question à laquelle la direction générale des affaires économiques ou l’IEOM n’ont pas encore de réponse.
    F.C

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