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Le paka de la Presqu’île et des Raromatai arrosait les dealers de Faa’a

vendredi 12 janvier 2018

tribunal justice

L’un des avocats a rappelé que la dépénalisation du cannabis faisait partie du programme du président Macron. (© Florent Collet)

C’était le procès phare de l’année 2017 du trafic de paka. Loin des comparutions en juge unique où les petits revendeurs font essentiellement l’objet de peines avec sursis, l’affaire traitée en première instance durant deux jours visait un business et une organisation structurée auxquels 20 personnes au moins auraient participé.

“Le plus gros dossier de ces dix dernières années”, avait d’ailleurs déclaré le procureur, estimant à 240 millions de francs le chiffre d’affaires réalisé entre 2010 et 2014 pour celui de la Presqu’île, et 2013 et 2014 pour les îles Sous-le-Vent. Les moissons de ces deux zones de production convergeaient ensuite vers une seule et même zone de vente : Faa’a.

Hier, parmi les trois prévenus à la barre, deux de ceux ayant écopé des plus lourdes peines. La tête pensante, appelée le “super-boss”, M.A.-M., par ailleurs impliquée dans plusieurs affaires d’ice, avait écopé de sept ans de prison ferme et 10 millions d’amende en première instance. T.H., le chef du réseau des Raromatai, avait écopé de six ans de prison et 5 millions de francs d’amende.

Enfin M.T., un semi-grossiste achetant son paka en pots à la Presqu’île pour le sécher et le revendre à des dealers de rue, avait écopé de trois ans de prison.

Des faits que les trois hommes ne contestent que partiellement mais qui ont fait appel, jugeant les peines trop lourdes.

Hier, l’avocat général a pourtant demandé la confirmation des peines infligées en première instance.

Les avocats ont voulu démontrer le contraire rappelant, à l’image du conseil de T.H., que d’autres affaires pour des quantités similaires ou pour de l’ice au lieu du paka avaient débouché sur des peines inférieures.

L’avocate de M.T. a par exemple tourné au ridicule l’appellation de “boss” donnée à son client, qui n’aurait effectué que quatre transactions pour un bénéfice de 2 millions.

L’avocat de M.A.-M. a demandé aux juges de prendre du recul et de voir loin, estimant que d’ici 2025, le cannabis serait dépénalisé et qu’une peine de sept ans paraîtrait alors importante.

Il a également rappelé que le paka était désormais légalisé en Californie et plusieurs États européens et que la dépénalisation du cannabis faisait partie du programme du président Macron.

Le délibéré sera rendu le 8 février. 

 

F.C.

 

 

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