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Paka : le père affirme avoir dealé « par amour pour son fils »

mardi 5 septembre 2017

justice

“Il a donné le mauvais exemple et aujourd’hui il en récolte les fruits”, a expliqué l’avocate au sujet du père. (© Florent Collet)

Comme nous l’expliquions dans nos colonnes samedi dernier, la DSP a fait d’une pierre deux coups, la semaine dernière, en interpellant des voleurs à la roulotte qui s’apprêtaient à commettre un larcin dans un véhicule.

L’un d’eux, en possession de sticks de cannabis, avait dénoncé son dealer à Titioro. Sur place, la DSP avait retrouvé 89 sticks, 95 boîtes d’allumettes et 185 grammes de feuillage séchés. Le propriétaire de la maison, déjà connu pour des affaires de stupéfiants, et son fils avaient été placés en garde à vue.

Le jugement, hier, en comparution immédiate, a permis de faire toute la lumière sur cette affaire, même si les juges, comme les procureurs, ont souvent mis en doute la parole du fils, au casier vierge, cherchant à défendre son père, déjà condamné à six reprises, dont deux fois pour des affaires de trafic de pakalolo.

Lors de ses premières auditions, le fils avait, en effet, expliqué s’être lancé dans la culture du pakalolo lors de la perte de son emploi, en janvier.

Il arguait qu’il s’occupait des plants et demandait à son père de vendre aux clients lorsqu’il s’absentait.

De son côté, le père manifestait être en désaccord avec son fils sur le trafic, mais qu’il pouvait lui rendre service concernant la vente si son enfant pratiquait du sport.

L’audition de la maman a mis à mal cette version. Cette dernière indiquant que père et fils menaient, main dans la main, cet illicite petit commerce.

“C’est parce qu’elle ne savait pas que c’était moi”, a expliqué le fils.

Le père, souvent en larmes, durant l’audience et consolé par les caresses de son fils, a longuement tenté d’expliquer les difficultés rencontrées avec lui. “Il me force à le faire. Il gueule. Il casse tout chez nous. On ne peut rien lui dire”.

Il continue en sanglotant : “Je l’ai fait par amour pour lui. J’avais peur qu’il se fasse prendre.”  “C’est une drôle de preuve d’amour”, rétorque le président du tribunal qui doute des paroles du père en raison d’un “casier qui fleure bon le cannabis”.

L’avocate évoque les menaces de suicide de l’enfant lorsqu’il est contredit pas son père.

Ce dernier ajoute : “Si je dis quelque chose, il va me taper, il va faire n’importe quoi. Je ne sais pas comment l’empêcher. Je savais qu’un jour la police stopperait ça. J’étais content quand les muto’i sont venus chez nous.”

Une version qui n’a pas convaincu le procureur : “Je suis étonné de votre émotion. Vous avez été condamné pour rébellion avec arme contre un policier et vous êtes ému par la contrainte de votre fils. Ces pleurs ne sont pas naturels.”

L’avocate des deux prévenus a, notamment, évoqué la difficulté d’un père ayant perdu toute légitimité pour arrêter le trafic de son fils.

“Il a donné le mauvais exemple et, aujourd’hui, il en récolte les fruits”, souligne-t-elle. “Je veux qu’il arrête de faire ça chez moi”, répète le père avant le délibéré.

Tous les deux sont jugés coupables. Le père a été condamné à un an de prison, dont six mois avec sursis, son fils de huit mois avec sursis.

Contrairement à ce qu’avait requis le procureur, aucun mandat de dépôt n’a été prononcé à leur encontre.

Ils sont donc repartis libres de l’audience.

 

F.C.

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