Habillage fond de site

Un pan du marae Taputapuatea s’est effondré

mercredi 22 novembre 2017

taputapuatea

“Ce qui tombe, ce sont les blocs de corail”, explique Jean Mere, le référent culturel de la commune de Taputapuatea, qui insiste par ailleurs sur la nécessité d’assurer rapidement un gardiennage du site. (© Vaiete Bodin)


Un nouvel effondrement s’est produit, le week-end, dernier sur le marae Taputapuatea, à Raiatea. Il a probablement été provoqué par la dégradation naturelle des dalles de corail. Le Pays conduit des études de restauration et de préservation. Il demeure malgré tout urgent de sécuriser le site et d’informer tous les visiteurs, touristes et locaux, sur les gestes à ne pas commettre sur le ahu.

La nouvelle a fait sensation hier, notamment sur les réseaux sociaux toujours prompts à s’enflammer, en tout cas suscité une émotion légitime, jusqu’à nos voisins de Hawaii, qui se sont inquiétés pour le site sacré du triangle polynésien.

Un angle du marae  Taputapuatea, à Raiatea, a été retrouvé effondré, samedi dernier, dans la matinée.

Toutefois, rien ne prouve que cela soit soit consécutif à un acte de vandalisme, ni même à une dégradation involontaire.

Même si l’on sait que par le passé, des visiteurs se sont déjà “amusés” à se photographier après avoir grimpé sur les dalles verticales, côté mer.

“Je ne crois pas que cet effondrement soit dû au vandalisme, en tout cas rien ne le prouve”, a déclaré, hier à La Dépêche, le référent culturel de la commune de Taputapuatea, Jean Mere.

“C’est plutôt lié à la décomposition naturelle des blocs de corail exposés aux éléments.” Fin juin déjà, un bloc coralien s’est effondré au niveau de Hauviri, en bord de mer.

“On a remarqué que le bloc était fissuré dans tous les sens. Ceci dit, il est vrai qu’il est encore facile de monter sur le marae depuis le bord de mer”, a encore indiqué Jean Mere.

“Il faut se presser pour embaucher des gardes car des touristes arrivent tous les jours et de plus en plus depuis le classement du site au patrimoine mondial de l’Unesco. Il est essentiel d’informer aussi bien les touristes que la population.”

Au passage, le référent culturel de Taputapuatea rappelle que par respect, on ne peut monter sur le ahu qu’après s’être déchaussé, et apprécie que les guides touristiques se limitent à contourner le site avec leur clientèle.

 

Un site à préserver et à sécuriser

 

Vaiete Bodin, une Polynésienne qui vit proche du marae, a réalisé les clichés que publie La Dépêche aujourd’hui.

“Ça me remue les entrailles. Je voudrais que les autorités, hauts responsables si fiers de ce classement à l’Unesco, prennent le problème sérieusement et agissent au plus vite”, nous a-t-elle déclaré hier.

“Ils réfléchissent à comment ils vont gérer le site. Mais en attendant, la communication est partie, les visiteurs viennent de plus en plus nombreux et le temps n’arrange rien. Quoi qu’il en soit, le constat est que les pierres sont par terre. Mobilisons-nous ; il faut agir !”

“Il faut aussi demander au GIE Tourisme des panneaux informatifs”, renchérit Keala Haumaka sur Internet.

“Entre les gens qui montent pour un selfie, le yoga, les graffitis avec 99 % de noms d’ici, ce serait bien de se pencher sur la question ! Des milliards pour ramener des tours opérateurs ici, mais pas 100 balles pour un panneau ?”

Interrogé hier matin par La Dépêche, le ministre de la Culture s’est déclaré conscient de la fragilité de nombreux blocs de corail, ayant déjà fait procéder par le passé à des travaux sur le site.

Selon Heremoana Maamaatuaiahutapu, le ministère a consulté le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et fait appel à un bureau spécialisé dans la restauration de ce type d’ouvrages, en l’occurrence l’entreprise SMBR, qui était déjà intervenue sur le chantier de la cathédrale Saint-Michel de Rikitea, aux Gambier.

Ces spécialistes conduisent des études pour restaurer le site de Taputapuatea et proposer au ministre, une série de mesures pour consolider les dalles du marae.

Heremoana Maamaatuaiahutapu a assuré qu’en cas de détérioration d’origine humaine avérée, aujourd’hui ou à l’avenir, le gouvernement déposera plainte pour dégradation.

Reste que les autorités doivent s’atteler sans tarder non seulement à la restauration et à la préservation du site, mais aussi à sa sécurisation face à l’afflux de visiteurs, “effet Unesco” oblige.

 

Damien Grivois

 

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