Des panneaux en bambou tressé qui cartonnent

    mardi 25 octobre 2016

    bambou tressé panneaux

    Steel Doom, dit Coco, réalise des panneaux et des luminaires à partir de bambous qu’il coupe et prépare lui-même. (© Anne-Charlotte Bouleau)

     

    Steel Doom, dit Coco, a appris à tresser le bambou sur un chantier de construction de bungalows, il y a une vingtaine d’années. Il réalise des panneaux sur-mesure, particulièrement recherchés pour la décoration des snacks et autres stands, mais aussi des maisons. L’artisan souhaiterait augmenter sa production, mais il fait face à des difficultés de transport.

     

     

    C’est à son domicile de Pueu, à l’ombre d’un immense manguier, que Steel Doom, dit Coco, réalise des panneaux à base de bambou.
    Entre efficacité et délicatesse, ses gestes sont assurés. Il faut dire qu’il entretient cette technique de tressage à grande échelle depuis une vingtaine d’années.

    “Je travaillais sur un chantier où l’on faisait des bungalows. C’est un vieux papa qui m’a appris cette technique. J’ai demandé au patron si je pouvais récupérer les chutes, ce qui m’a permis de construire une petite cabane devant chez moi. Les clients s’arrêtaient pour me demander d’où venaient ces panneaux. C’est comme ça que j’ai eu mes premières commandes”, se souvient Coco.
    Cette fameuse maison témoin a disparu depuis, ce qui n’empêche pas le quadragénaire de perpétuer ce savoir-faire qui se raréfie et de se diversifier en réalisant également des suspensions en guise de luminaires.

    Au fil du temps, le manœuvre est ainsi devenu artisan. “Ce n’est pas facile : quand j’ai commencé, je me coupais souvent les mains ! Aujourd’hui, je suis habitué. Je n’ai plus besoin de gants. C’est comme dans le sport : pour progresser, il faut s’entraîner”, confie-t-il.

     

    Des difficultés d’approvisionnement

     

     

    Coco privilégie les bambous à maturité. Ils sont coupés bien jaunes, avant d’être mis à sécher au soleil. Les anneaux sont résorbés pour faciliter le tressage, puis les tiges sont taillées en deux, vidées et enfin aplaties.

    Un panneau standard mesure un mètre de large sur deux mètres de long. “Mais les clients peuvent me demander les dimensions qu’ils souhaitent”, précise Coco, qui prendra un peu moins d’une heure pour tresser son modèle de base, facturé 5 000 F l’unité.
    “Celui qui m’a appris à faire ça m’a dit : ‘Tu n’es pas en train de vendre, tu donnes !’ Pour lui, ça vaut au moins le double”, explique-t-il, en prenant en compte le temps de préparation du matériau.
    À ce prix-là, Coco n’a aucun mal à vendre ses panneaux. La demande est réelle, que ce soit pour habiller les devantures des snacks, pour construire des stands lors des foires ou tout simplement pour décorer les maisons, mais l’artisan peine à augmenter sa production.

    “Le problème, c’est que je n’ai pas de voiture, donc c’est compliqué pour moi d’aller couper des bambous. Je suis obligé de louer des camionnettes avec de grandes bennes à des collègues”, confie-t-il.
    Actuellement, Coco aurait écoulé tout son stock. Il guette une prochaine opportunité pour s’approvisionner en bambous, en vue de se remettre à l’ouvrage.

    A.-C.B.

     

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