Paofai abat ses cartes et dévoile un projet d’envergure

    mardi 7 juin 2016

    Vendredi 3 juin, les médecins actionnaires de la clinique Paofai ont rencontré le président du Pays, les ministres de la Santé, de la Solidarité et le maire de Papeete.
    Depuis plusieurs mois, ces médecins planchent sur la création d’un pôle unique de santé privé, comme souhaité dans le dernier Schéma d’organisation sanitaire (SOS), voté à l’assemblée de la Polynésie.

    Leur projet, qu’ils présentaient en exclusivité aux autorités du Pays, est de réunir sous une même entité les trois structures existantes : Mama’o, Cardella et Paofai.
    Les différents rapports rendus précédemment, comme celui de l’inspection générale des affaires sociales (Igas), mettent en avant l’incohérence de l’offre de soins privés tel qu’on la connaît, et préconisent des économies de matériels et un regroupement des cliniques. Des recommandations que les cinq médecins ont largement prises en compte.

    Thomas Favelloz, l’un d’entre eux, explique par ailleurs la problématique majeure que rencontrent actuellement les trois structures “que ce soit Cardella, Paofai ou Mama’o où une grande partie de la dotation globale de fonctionnement part chaque année dans les infrastructures ou dans la mise aux normes des bâtiments”.
    “Cela signifie que cet argent n’est pas utilisé pour soigner les Polynésiens mais pour maintenir debout de vieux bâtiments, ça n’a pas de sens”.

    Répondre au futur appel à projet

    Les médecins ont donc voulu apporter leur réflexion sur le sujet et se positionner pour répondre le jour venu à l’appel à projet. Ils se sont inspirés des référentiels métropolitains pour établir leur plan de construction du futur pôle privé de santé.

    “Tout compris, nous sommes sur un estimatif d’un peu moins de 6 milliards de francs. Cela inclut un service de médecine, de chirurgie, d’obstétrique, l’imagerie médicale, le pôle mère et enfant, l’unité de dialyse pour laquelle nous avons reçu l’aval du gouvernement la semaine dernière et les 100 lits de soins de suite qui sont exigés dans le SOS. Au total cela fait plus de 250 lits”, explique Thomas Favelloz.

    Pour présenter un coût de construction global si compétitif, les médecins se sont rapprochés de la Caisse de prévoyance sociale (CPS).
    Dans leur projet, le financement de la construction est lié à un partenariat avec la CPS, qui fournit le terrain moyennant un loyer mensuel.

    Le futur terrain en question est l’actuel parking de la clinique Paofai.
    “Notre objectif est de signer un bail emphytéotique avec la CPS pour leur laisser à terme la pleine propriété du foncier et de l’immobilier qui sera construit avec des fonds privés. Nous ne demandons pas un franc au Pays, et la CPS bénéficiera d’une nouvelle source de revenus pour les assurés. C’est une double opération qui avantage et l’organisme de santé et les Polynésiens.”

    En comparaison, le transfert de la clinique Cardella de Papeete à Punaauia – qui ne prévoit aucun regroupement – a été estimé à 8,5 milliards.
    Et cela sans compter la sécurisation du terrain qui pour l’heure est toujours placé en zone rouge, ni les autres services comme l’unité de dialyse ou les soins de suite.

    La différence tarifaire entre les deux projets est de l’ordre de 30 %. Le projet des médecins est par conséquent, non seulement architectural, mais également médico-économique.
    De plus Patrick Dinh-Giai, autre médecin, ajoute que cette structure privée ne viendra absolument pas concurrencer l’hôpital. “Cela ne nous servirait à rien de faire la même chose que le CHPF car cela coûterait beaucoup plus cher d’une part et serait totalement inutile.”

    L’objectif est au contraire de travailler avec l’hôpital et non contre. “Aux urgences aujourd’hui, il y a de tout, des choses très importantes comme de la bobologie. L’idée, c’est de laisser l’hôpital gérer les traumatismes lourds, les réanimations, les polytraumatismes, etc. et le décharger de l’activité programmée qui est tout aussi importante, mais moins urgente, ou grave ou vitale. Notre but, c’est de travailler avec eux pour qu’ensemble nous offrions les meilleures réponses de soins à la population, dans les meilleurs délais, conditions et prix”, assure ce dernier. 

    Jennifer Rofes

     

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