Papa Flosse et Nicolas Sarkonoël en campagne

    lundi 17 octobre 2016

    flosse

    Gaston Flosse s’est adressé à ses cadres vendredi dernier au soir. (© Facebook Sandry Levy-Agami)

    Ces derniers mois, le Tahoera’a ne faisait plus parler de lui que pour trois choses : les dépôts de résolutions à l’assemblée de la Polynésie française, les départs de ses élus pour les rangs du Tapura et les visites régulières du président et président délégué du parti, Gaston Flosse et Marcel Tuihani Junior, chez le juge ou à la DSP. Politiquement, c’était le calme plat.

    Pourtant, depuis une semaine, la machine s’est emballée. À l’approche de la primaire de la droite et du centre et des élections présidentielle et législatives de l’année prochaine, le parti orange a décidé de bouger les lignes. Bien sûr, les réunions publiques tenues par le Vieux Lion se poursuivaient dans les quartiers, mais peu d’actions étaient à mettre à son crédit, mis à part les communiqués quasi quotidiens pour dénoncer l’action du gouvernement.

    Et voilà qu’en une semaine, en nouant une alliance surprenante avec Nicolas Sarkozy, le Tahoera’a refait parler de lui, autrement. Hier soir, sur TNTV, un peu tous les jours dans les autres médias. Vendredi dernier au soir, Gaston Flosse s’exprimait devant ses fidèles pour présenter les contours de son association avec l’ancien président candidat à la présidence de la République.

    Cette annonce, qui a surpris jusqu’au cœur même de son mouvement, était dictée par l’obligation de différenciation avec le Tapura dans la course électorale. “Le grand conseil du Tahoera’a Huiraatira a donc donné son accord pour le soutenir lors de la primaire qui va se dérouler le 19 novembre”, expliquait vendredi dernier au soir Gaston Flosse au micro de TNTV.

    L’accord avec Nicolas Sarkozy sera en temps voulu élargi au parti Les Républicains. Gaston Flosse a par ailleurs assuré que le candidat qui sortira en tête de ces élections sera soutenu par le Tahoera’a, même si ce dernier n’est pas Sarkozy.

    En jeu, plusieurs promesses de l’ancien président, comme l’expliquait Gaston Flosse sur TNTV. “Le rétablissement de toutes les conventions qui ont été supprimées dans les années 2007, 2008 et 2009.

    Il a accepté de ramener la DGDE (dotation globale de développement économique, NDLR), la dette nucléaire, de 10 milliards aujourd’hui à 18 milliards, qui était sa valeur initiale. Ensuite, d’apporter l’aide de la France au RST (régime de solidarité territorial, NDLR) au niveau où elle était à l’époque : 3,5 milliards.

    Il a accepté également d’aider les grosses réparations du scolaire, et également la construction des collèges et lycées. Aujourd’hui, nous avons par exemple financé le collège de Teva i Uta avec nos propres deniers.

    Là, c’est l’État qui va reprendre la convention de l’époque. Nous participerons en offrant le terrain aménagé et c’est l’État qui construira et qui va meubler et fournir tout le matériel qu’il faut pour ces établissements du secondaire”, détaille Gaston Flosse.

    “Nicolas Sarkozy s’est engagé, il nous a écrit une lettre. De même qu’il a donné son accord pour un nouveau statut, il considère comme nous que le statut d’autonomie est dépassé et qu’il faut passer à un stade nouveau.”

     

    Reconstruire ce qu’il a cassé

    Cette lettre, c’est le blog orange Tahiti Today qui la divulguait hier. Sur trois pages, Nicolas Sarkozy souhaite “renforcer l’autonomie dans la République” et même que ce nouveau statut, une fois approuvé par l’assemblée de la Polynésie puis par l’Assemblée nationale, soit soumis à un référendum local.

    Il propose de plus que la compétence sur les séjours des étrangers en Polynésie soit exercée localement et que la DGDE soit à nouveau pleinement sous la responsabilité du Pays. “L’État ne peut à la fois défendre l’utilité d’une autonomie renforcée et vouloir exercer un contrôle plus grand sur le financement de cette économie.”

    Jamais à une contradiction près, Nicolas Sarkozy contredit lui-même ce qu’il a mis en place avec Yves Jégo et Gaston Tong Sang sous son précédent mandat. De même, l’ancien maire de Neuilly, qui avait supprimé les 3,5 milliards de francs de dotation pour la participation au financement du régime de la solidarité de Polynésie, propose de rétablir ce qu’il a lui-même cassé.

    Dans cette missive, Nicolas Sarkozy propose aussi de revenir sur la loi Morin, d’étendre la contribution au service public de l’électricité à la Polynésie et de poursuivre les rénovations des établissements scolaires. Une véritable lettre au père Noël avant l’heure.

    Bertrand Prévost

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