Papara – La stèle de ‘Opuhara a reçu un nouvel emplacement

    lundi 25 avril 2016

    ‘Opuhara, dont le mythe a été secrètement entretenu par les Polynésiens, a été honoré par sa famille et Daniel, Nuhi Lecomte qui a offert une stèle à la municipalité en novembre 2011. La stèle, au pied de laquelle des offrandes ont été ensevelies, a été érigée dans le jardin de la mairie.  Vendredi dernier, pour le besoin d’aménagement communal, la stèle et ses offrandes ont dû être déplacés sur le motu situé au milieu du plan d’eau de la mairie.

    La matinée de vendredi dernier a été consacrée au déplacement de la stèle dédiée à ‘Opuhara, frère cadet de Tati le Grand, qui avait été inaugurée le 12 novembre 2011. Cette stèle, qui se présente sous la forme d’une pierre de 12 tonnes, a été offerte à la municipalité par Daniel, Nuhi Lecomte et sa famille.

    Putai Tava’e, maire de la commune, a donné la motivation de ce déplacement aux nombreux invités, dont Tamatoa Doom,
    2e adjoint au maire de Teva i Uta, représentant Tearii Alpha : “Afin de permettre le développement des structures municipales, à savoir un chapiteau de 60 mètres sur 30 mètres, qui sera mis à la disposition des diverses associations, il s’est avéré nécessaire de procéder au déplacement de cette stèle. Afin que cela se fasse dans les meilleures conditions, le rituel, présenté par mamie Irène Atu, sera respecté”.
    Après les prières et les chants, les Miko, Kavera et Patrice Teinauri, notamment, ont procédé à la cérémonie issue des traditions ancestrales, dont celle du kava, puis la stèle de ‘Opuhara a pris son essor, à l’aide d’une grue, pour être placée sur un camion qui l’a menée à son nouvel emplacement, le petit motu situé au milieu du plan d’eau de la mairie.

    Le ‘umete et les pierres du lagon, qui avaient été placés à l’intérieur d’une petite fosse creusée au pied de la stèle de ’Opuhara lors de son inauguration, ont été exhumés pour être ensevelis de nouveau sur le nouveau site après la cérémonie du nape, au cours de laquelle tous les membres de la famille ont confectionné un nœud sur une tresse qui a été déposée par la suite dans le ‘umete.
    Les chants des Tamari’i Papara, dirigés par Mike Teissier, ont accompagné les divers moments de la cérémonie qui s’est achevée par un cocktail convivial.

    Une légende entretenue secrètement

    Papara s’est toujours réclamé de l’héroïsme de ’Opuhara, frère cadet de Tauraatua i Patea, dit Tati le grand, dont le mausolée, pyramide de dix marches qui supporte son buste, fut inauguré le 5 mars 1989 dans le jardin de la mairie.
    Tati et ‘Opuhara, petits-fils de Manea, grand prêtre de Papara, avaient pour grand-père maternel Tei’ei’e i Atoa’i de Tautira, frère cadet de Amo, et étaient les enfants de Te’uraitera’i et de son épouse Tetauirave’a i Teahupo’o.

    Si l’histoire de Tati le grand est connue, celle de ’Opuhara l’est un peu moins du fait qu’aucun ouvrage ne lui a été consacré et aucune gravure jamais retrouvée, mais la mémoire ne se perd pas chez les Polynésiens et le mythe de ’Opuhara a été secrètement entretenu.
    Il y a 200 ans, à l’aube de la colonisation, afin de protéger ses dieux, ceux de ses pères, ses lieux de cultes et ses valeurs religieuses contre l’invasion du christianisme, ‘Opuhara se leva à la tête du clan des chefs de Teva et devint un des rares Arii Nui à avoir régné sur tout Tahiti, les divers clans lui ayant fait acte d’allégeance.
    Il renia toutefois son frère Tati, lorsque celui-ci fit alliance avec le chef de Pare qui avait attaqué Papara en 1807 et exterminé la lignée royale de Temari’i, descendant de Amo.

    De 1808 à 1815, Opuhara réussira à chasser de Tahiti Pomare II, représentant le bras armé des missionnaires de la London Missionnary Society, qui se réfugia alors à Moorea où il prépara sa revanche tout en se convertissant au christianisme.
    Lors de la bataille de Fei Pi à Paea, en novembre 1815, malgré le retour de Tati à qui il ne pardonna pas la trahison, ‘Opuhara, arii rahi des Teva et de Tahiti, engagea ses guerriers armés de lances contre l’armée de Pomare, invincible, tant en nombre que par son armement.

    Il n’avait aucune chance de remporter la bataille mais préféra mourir, sans descendance, au champ d’honneur, plutôt que subir la honte de devoir appeler le chef de Pare “to’u arii” (Mon roi).
    Avec sa mort, c’est la société tahitienne, qui tournera le dos à ses dieux pour se convertir au christianisme et sur les conseils intéressés des missionnaires, tous les marae, les ti’i et autres représentations des divinités furent systématiquement détruits, l’influence des prêtres ou tahu’a fut abolie et les cérémonies rituelles interdites.

    De notre correspondant A.K.

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