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« La Papeava, c’est un peu la décharge »

jeudi 1 février 2018

PAPEAVA

Hier, une longue trainée blanche s’étendait sur plusieurs dizaines de mètres. (© DR)

La Papeva. Son eau aux reflets huileux et son lit de vase noire. Ses collections de batterie qui s’amoncellent en gré de chacune de ses rives. Ses épisodes morbides, où la mort collective de nombreux tilapias en font un fafaru géant digne de figurer au Guiness Book.

Un cours d’eau qui en fait n’en porte que le nom et qui révèle chaque jour son lot de surprises au riverain qui en voit souvent de toutes couleurs « Régulièrement, plusieurs fois par semaine, on remarque un panache bien coloré, des fois, en blanc, des fois orange. Mais ce n’est pas de la terre, cela ne sent pas la peinture, on a du mal à comprendre ce que c’est. Cela vient d’un exutoire qui se vide sous le pont. On assiste à cela, en plus de tous les déchets. La Papeava, c’est un peu la décharge, on voit les gens qui jettent les déchets ou qui font des dépotoirs sauvages à côté. »

Hier c’est ainsi une longue trainée blanche qui s’étendait sur plusieurs dizaines de mètres en provenance de cet exutoire semblant desservir quartier et zone de stockage industriel.

Autre originalité constatée par les voisins de cette décharge aquatique, des restes qui ne peuvent s’être échappés par accident d’une entreprise ou de chez un privé. « Quotidiennement, on constate que des carcasses de thon ou de poisson de haute mer sont rejetées sous le pont et pourrissent dans la rivière« , explique l’employé d’une entreprise ayant vue sur la Papeava.

Si les carcasses de thon font la joie des tilapia qui pullulent pour en arracher un morceau, la mort lente du cours d’eau inquiète ce riverain. « Toute cette pollution dans la rivière finit dans la mer. Je me dis qu’en fait les poissons que je pêche dans le lagon sont pollués alors que je les sers à manger à mes enfants. »

Hasard ou coïncidence : alors que nous avions contacté le Pays pour avoir son avis sur la question, des agents de la Direction de l’environnement (DIREN) se présentent sur les lieux pour réaliser des photos.

« Dès que les gens constatent une pollution, ils doivent nous le signaler plutôt que d’appeler les médias ou d’en faire part sur les réseaux sociaux« , nous a expliqué un responsable de la DIREN assurant par ailleurs qu’une enquête allait être menée pour identifier les auteurs de ces pollutions chroniques.

 

 

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