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Papeete devient “graffement” belle

mardi 3 octobre 2017

graf onou

Le camion de livraison d’une société privée, partenaire du festival, a été confié à des artistes professionnels pour réaliser une fresque en quelques heures seulement. (© John Hiongue/LDT)


La quatrième édition du festival de graffitis Ono’u a débuté, dimanche dernier, dans les rues de Papeete. Sept fresques vont être réalisées, cette année, par des graffeurs locaux et internationaux. Lors de la soirée inaugurale, dimanche dernier, le public a été conquis par le caméléon L’endormi.

La quatrième édition du festival de graffitis Ono’u a débuté, dimanche dernier, dans les rues de Papeete.

“Il y a toujours le dénominateur commun, que sont les grandes fresques en ville, qui vont encore agrandir le parc urbain, connu maintenant dans le monde entier grâce aux artistes de haute renommée, qui viennent chaque année” et que Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, nous envie.

“Avec 35 fresques à Papeete – dont les sept qui vont être réalisés pour ce cru 2017 –, le parcours est devenu une référence parmi les très beaux parcours mondiaux”, se réjouit Jean Ozonder, coorganisateur de cet événement avec Sarah Roopinia.

Parmi les graffeurs de renom, nombreux sont ceux qui reviennent comme l’Espagnol Okuda, qui a projeté, cette année, de faire un Gauguin, non loin du temple Paofai, ou encore Marko93 ou Kalouf, qui ont réveillé le lycée de Tipaerui, avec leurs félins, l’année dernière.

Un Gauguin à Tahiti, cela a du sens. Okuda revisite actuellement, dans les grandes villes où il passe, les grands classiques des beaux-arts, ce qu’il a fait à Paris avec la Joconde, en référence au musée du Louvre”, a expliqué hier l’organisateur, entre deux lieux à graffer, tout entier occupé au bien-être professionnel de ces virtuoses de la bombe.

D’autres comme Felipe Pantone (Argentine) ou Astro (France) n’ont pas encore recouvert les murs de la capitale mais s’apprêtent à nous en mettre plein les yeux, cette année.

Le premier réalise de gigantesques murs aux formes géométriques, “futuristes et maîtrisées”, et s’apprête à sublimer un mur face au Service de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelles (Sefi). Le second maîtrise à la perfection la 3D et est en passe de recouvrir un imposant mur adjacent à une station-service à la Papeava.

L’Irlandais Findac, qui n’est jamais venu au festival Ono’u, va faire glisser ses buses sur le mur derrière le fast-food bien connu du centre-ville.

Les artistes cités ci-dessus ainsi que les autres déjà connus du public polynésien ont commencé, hier dans la matinée, à investir leur mur respectif alors que le bel “endormi”, qui a illuminé la nuit de dimanche dernier à hier, s’était rendormi (lire ci-dessous).

 

Papeete mais maintenant Faa’a et toujours Raiatea

 

“La notoriété du parcours Ono’u est telle qu’aujourd’hui, des artistes comme Okuda, qui font très peu de festivals, viennent volontiers ici car il y a une émulation à être là, dans ce parcours”, reconnaît l’organisateur. “Facile n’est pas le mot avec les années qui passent mais la notoriété est telle, que l’organisation est plus fluide”, avoue Jean Ozonder, se remémorant les années passées.

Côté local, deux de nos artistes graffeurs vont se frotter aux grands de la discipline, à savoir Abuz – meilleur graffeur polynésien lors de la première édition, en 2014 – et Rival – qui a collaboré sur le Raimbow Warrior du centre Vaima avec Seth, l’an dernier.

Ils vont s’attaquer à un mur de Polynésie 1ère, à Pamatai, à Faa’a, partenaire historique de l’événement tout comme la Socredo, dont le hall du siège a été repeint par les artistes durant le week-end dernier et sera dévoilé demain.

Pour la deuxième année consécutive, le festival se déplacera à Raiatea, à partir du 8 jusqu’au 11 octobre, pour embellir Uturoa de cinq nouvelles grandes fresques, portant à dix le nombre de murs Ono’u sur l’île Sacrée.

À la fin de cette édition, ce sont au total, 46 murs de Tahiti et Raiatea qui auront été embellis par 70 artistes de 26 pays différents, depuis les premières heures du festival, créé en 2014. D’ici là, certains des artistes auront également réalisé de nouvelles œuvres “indoor”, dans le Musée du street art rue Jeanne d’Arc, inauguré l’année dernière.

Le public, outre le plaisir de voir ces artistes évoluer sous ses yeux, aura deux nouveautés à se mettre sous la dent. Premièrement, jeudi, dans le hall de Sodiva sur le front de mer, les passionnés pourront tout savoir sur le street art grâce à une conférence gratuite à 18 heures sur ce thème, soutenue par les artistes eux-mêmes.

Ensuite, vendredi, le public pourra découvrir, à partir de 20 heures, les nouvelles fresques du musée, mais surtout, la première collection haute couture street art Ono’u, créée par Sarah Roopinia.

“Nous avons demandé aux artistes, dans leur pays respectif, de peindre une grande toile, dans leur style propre”.

Ces toiles ont ensuite été découpées puis assemblées localement et rehaussées de coquillages et d’autres produits du fenua. Une façon de croiser (doublement) deux univers, le local et l’international et le street art et la tradition artisanale. Rien à dire, on va encore s’en prendre plein les yeux, cette année. Mauruuru Ono’u.

 

Christophe Cozette

 

Le public conquis par le caméléon L’endormi

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Du jamais vu à Tahiti : une fresque devenue vivante grâce aux effets lumineux et des séquences de video mapping grâce au savoir-faire de l’artiste Mrzl. (© Christophe Cozette)

Le coup d’envoi du quatrième festival Ono’u a été donné dimanche dernier, lors d’une soirée inaugurale au Pont de l’Est, à Papeete, devant le mur du magasin d’alimentation générale Ah Kiau. Une soirée qui a conquis le public présent qui a découvert le chef-d’œuvre mural L’endormi.

Pour que les graffeurs puissent s’exprimer librement et pour accueillir le public, une portion de l’avenue Georges-Clemenceau a été fermée à la circulation par les muto’i de Papeete.

“À partir de demain (hier, NDLR), les artistes iront réaliser leurs créations sur les six autres murs sélectionnés de la capitale. Il y a un mur au niveau de la station Total de Papeava, sur lequel l’artiste fera un dessin abstrait en 3D, un autre ira sur un mur de l’immeuble en face du Sefi (Service de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelles, NDLR).
Un troisième s’attaquera au mur situé juste derrière Mac Do, à Papeete, le dessin sera le portrait d’une jeune fille polynésienne. Le quatrième mur se trouve à la clinique Cardella autour d’un œuvre de Paul Gauguin. J’ai tout géré pour que les propriétaires acceptent que leurs murs deviennent des œuvres d’art”, relate la coorganisatrice du festival, Sarah Roopina.

 

Ateliers artistiques et de création

 

Dimanche dernier, en fin d’après-midi, avant que L’endormi ne soit dévoilé au public, des ateliers artistiques et de création ont été mis en place, ce qui a permis à des enfants, des jeunes et même des adultes de s’initier à l’art urbain. En parallèle, le public a pu rencontrer les artistes professionnels venus participer à cet événement culturel annuel.

Le point culminant aura été cette découverte de la première fresque géante animée en video mapping. Un chef-d’œuvre réalisé par un trio d’artistes lyonnais – Kalouf et Romain Lardanchet à la bombe de peinture et Mrzl à la vidéo.

Les projections son et lumière ont fait que ce festival est également une prouesse technique pour de l’art urbain numérique, comparable à la Fête des lumières de Lyon.

Pour cette quatrième édition, nous avons des partenaires fidèles et nous n’avons pas eu énormément de fonds publics. On a constaté que des touristes qui viennent à Papeete souhaitent par la suite effectuer des tours touristiques culturels afin d’admirer et de prendre en photo des fresques réalisées par les artistes internationaux. Une fois arrivés à Papeete, ils demandent où sont les œuvres”, poursuit Sarah Roopina.

Interrogée sur l’état des fresques réalisées lors de la toute première édition du festival Ono’u qui commencent à être abîmées à cause des intempéries et du soleil, Sarah Roopina explique : “C’est de l’art urbain, l’œuvre évolue avec le temps mais un jour ou l’autre, on va manquer de nouveaux murs, alors on reviendra sur les anciens murs pour refaire d’autres œuvres par-dessus.”

De notre correspondant J.H.

 

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