Papeete – Douze CAE de Mama’o en bonne voie d’insertion

    jeudi 29 septembre 2016

    CAE

    Douze “stagiaires” viennent d’achever un contrat d’aide à l’emploi très complet au jardin partagé de Mama’o. La plupart d’entre eux ont désormais des projets pour la suite. (Photo : Marie Guitton)

     

    Au fond de la ruelle qui grimpe derrière le temple mormon de Titioro à Papeete, des escaliers bordés de jardinières serpentent au milieu des plants d’aromates et de patates douces. C’est ici, au jardin collectif de Mama’o Aivi, que douze bénéficiaires de contrats d’aide à l’emploi (CAE) ont “cultivé leur avenir” pendant un an.

     

    À l’issue d’une opération de résorption de l’habitat insalubre, le plateau de 1 100 m2 est devenu, dès 2011, un terrain d’insertion des habitants du quartier. Hier, les “stagiaires” de la toute dernière “promotion” 2015-2016 ont, à leur tour, reçu leurs certifications. Ils sont âgés de 21 à 55 ans et c’est pour eux l’ouverture d’une première porte vers le monde du travail, ou une chance de rebondir.

    C’est une expérience qui, à mon avis, est concluante. Ce sont des gens qu’on n’abandonne pas”, se félicite Michel Buillard, le maire de Papeete. La commune est à l’initiative du projet, cofinancée par le contrat de ville. “Évidemment, ça s’arrête à la fin du CAE, on ne peut pas tout faire, mais on leur aura donné les clés pour bâtir leur avenir”, souligne le tavana.

    Trois ateliers ont été mis en place ces douze derniers mois, autour de la culture d’aromates, de la transformation des fruits en confitures, sirops ou pâtes de fruits, et de la fabrication de jardinières et de petits meubles.

    Pour la menuiserie, c’était le système D, comme débrouille, avec des palettes récupérées et très peu d’outils. Mais ça montre que cette activité a un réel potentiel, avec très peu d’investissement”, a rappelé hier le formateur Sylvain Todesco.

    Quant aux aromates, la sauge, le basilic ou la citronnelle, les stagiaires ont appris à bouturer et même récupérer le “caca poule” pour faire de l’engrais bio. “S’il y en a qui veulent reprendre cette production, elle est très facile, même hors sol, souligne l’encadrant. Avec très peu de chose, on peut faire beaucoup. Il faut juste arrêter de croire que ça va tomber du ciel.

    En parallèle de ces formations, les bénéficiaires se sont relayés une fois par mois devant l’ancien hôpital Mama’o, au Marché du terroir, pour commercialiser leurs produits, en contact direct avec les acheteurs et en concurrence avec les transformateurs professionnels. “Ça a débouché sur de nombreuses demandes de petits travaux à domicile, rémunérés grâce aux chèques emploi-service”, raconte le chargé de projet Jean-Baptiste Raynal.

    Des séances de rédaction de CV et lettres de motivation ont aussi été chapeautées par la maîtrise d’œuvre urbaine et sociale (MOUS) de l’Office polynésien de l’habitat. Et des sorties au centre de formation professionnelle des adultes (CFPA) et au service de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelles (Sefi), organisées “pour voir où s’intégrer à terme”.

     

    Un nouvel atelier de menuiserie solidaire

     

    Le but n’est pas de former des travailleurs agricoles à Papeete, mais bel et bien de pousser les bénéficiaires à devenir acteurs de la vie sociale et économique du Pays. Aujourd’hui, trois des douze stagiaires sont déjà inscrits au CFPA, deux s’apprêtent à signer un contrat de travail ou lancer leur activité et quatre jeunes souhaitent participer à un atelier de menuiserie solidaire qui devrait être lancé mi-octobre.

    Le nouveau chapitre de cette opération “Je cultive mon avenir” ? Les recettes seraient, dans un premier temps, reversées à l’association de quartier Te mau a’a no Mama’o Aivi, pour acheter du matériel. Puis, en janvier prochain, les quatre jeunes pourraient prendre une patente pour commencer à gagner leur vie.

    Je suis très, très fier du travail qui a été fait et de la volonté que vous avez, les a félicités hier Michel Buillard. On se souvient : ici, avant, ça se battait tout le temps, c’était “hot”. Mais ça a diminué. Pourquoi ? Parce que vous êtes occupés.

     

    Marie Guitton

     

              Appel aux dons de palettes (neuves ou usagées)

     

    Afin de lancer et viabiliser son atelier de menuiserie solidaire, l’association de quartier Te mau a’a no Mama’o Aivi est à la recherche de palettes neuves ou usagées, qui seront recyclées en jardinières et petits meubles. Pour l’aider, un numéro à composer : le 87.26.17.68.

     

     

     

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