Papeete – Rassemblements de jeunes, en ville, le mercredi après-midi

    jeudi 8 septembre 2016

    insécurité

    Les attroupements de jeunes dans le centre-ville de Papeete, tous les mercredis après-midis, créent un sentiment d’insécurité dans le quartier. (Photo : Marie Guitton)

     

    Le sentiment d’insécurité bien présent parmi la population

     

    Allez, on bouge, on bouge, il ne faut pas rester là !” Une fois n’est pas coutume, le centre-ville de Papeete grouillait encore, hier après-midi, de jeunes se déplaçant en meutes sous l’œil attentif des policiers et des muto’i.

    Depuis les rambardes du centre Vaima jusqu’au MacDo en contrebas, ça sifflait à tout va des airs de ralliements. “C’est pour se reconnaître, comme ça, on sait que nos copains sont là-bas, expliquaient trois lycéens de Henri-Hiro, assis sagement sur le trottoir devant le fastfood. Chacun a son coin.

    Aux fights, eux ne participent pas. “Mais on a l’habitude… Il y en a qui n’aiment pas, par exemple, quand tu mets la casquette comme ça…

    Un peu plus loin, en effet, des jeunes entre 15 et 18 ans guettaient le moindre signal pour lancer la bagarre. De Paraita (à Papeete), mais aussi Mahina, Papara ou Moorea, ceux-là aiment le combat : “C’est des grandes sensations. Ça montre aux filles qui est le plus fort !”, rigolaient-ils.

    À ce compte-là, les attroupements de collégiens et lycéens désœuvrés ont régulièrement généré des conflits, ces derniers mois, les rivaux se donnant parfois même rendez-vous sur Facebook dans le centre-ville de la capitale, contribuant à l’émergence d’un sentiment d’insécurité chez les autres jeunes et les commerçants.

    L’Office des postes et télécommunication (OPT) a carrément décidé de restreindre, le mercredi après-midi, l’accès aux boîtes postales de Fare Tony !

    Car c’est bien là que ça se passe, et les forces de sécurité le savent. Hier, on croisait au moins quatre véhicules banalisés entre la cathédrale et l’Assemblée… Et une vingtaine d’agents en uniformes bleus et blancs.

    Deux policiers fixes de la DSP sont désormais postés “tous les mercredis après-midi à hauteur du MacDo”, tandis que quatre binômes font des rondes à pieds dans le quartier.

    Hier, un début de fight a été vite canalisé un peu plus loin, place Jacques Chirac. “Des fois, c’est juste des attroupements. Mais les gens paniquent et nous appellent pour nous dire qu’il y a une bagarre, racontait un agent, dans la foulée. C’est vrai que comme ils se baladent en bandes, une étincelle, et ça peut partir de partout…

     

    “Éviter que ça dégénère”

     

    Face à la préoccupation exprimée par les élus de Papeete, la Ville a également étendu ces derniers mois son réseau de vidéosurveillance, et embauché des agents supplémentaires.

    Une dizaine de muto’i, renforcés par un agent de proximité, patrouillent tous les mercredis et les vendredis après-midi dans le centre-ville, en voiture, à pied et à vélo.

    Quand ils se tapent dessus, on les interpelle et on les dépose à la DSP. C’est l’officier de police judiciaire qui s’en occupe”,
    racontait un agent hier, posté devant le Café de la Gare “pour éviter qu’ils restent par là et que ça dégénère”.

    À un moment, il y avait aussi énormément de petits vols. Mais depuis un moment, ça s’est beaucoup calmé”, observait-il.
    Pour “canaliser” les jeunes, la municipalité a aussi lancé, il y a cinq ans, les rassemblements “Vis ta ville”.

    Dans le parc Bougainville, ils attirent des centaines de 12-20 ans, un mercredi par mois, autour d’activités en tout genre.

    L’idée est née du constat que tous les mercredis après-midis, les jeunes traînaient en ville sans qu’on sache exactement ce qu’ils faisaient, explique Mata Ganahoa, en charge de la jeunesse à la mairie de Papeete. Aujourd’hui, quand ils viennent, c’est pour profiter. On a bien eu à appeler la police une fois ou deux, mais ce sont des épiphénomènes. En général, les bagarres ont plutôt lieu quand il n’y a pas Vis ta Ville, et elles sont localisées devant le MacDo ou l’assemblée.

    Le vigile du fast-food, de son côté, tient à calmer le jeu : “Les jeunes, dans l’ensemble, savent se maîtriser.

    C’était aussi l’appel lancé par le directeur de la DSP, François Perrault, il y a quelques semaines aux élus de Papeete : “Il y a une différence entre l’insécurité et le sentiment d’insécurité. Il y avait une hausse de la délinquance depuis cinq ans, mais on est sur une baisse en 2016, notamment des vols avec violence, assurait-il. Je pense que c’est important de le dire. Les regroupements de jeunes, le mercredi ou le vendredi, ne sont pas forcément générateurs d’infractions, même s’ils engendrent une impression d’insécurité.

     

    Marie Guitton

     

        Retrouvez dans notre édition du jour :       

    • Interviews : Plusieurs jeunes ont acceptés de nous raconter leurs expériences des après-midi passées en ville
    • Réactions : Tehono (gardien de sécurité au centre Vaima), des employés du Banana Grill et du magasin Bose (au Centre Vaima), des employés de l’OPT (au Fare Tony)  

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