PAPEETE – Risque cyclonique : élagages et recensement des personnes vulnérables : Les pompiers préparent le terrain

    vendredi 23 octobre 2015

    À l’annonce d’un risque cyclonique élevé pour cette saison chaude, les actions préventives se multiplient à Papeete.
    Sur le terrain, les services techniques et les pompiers, aidés par des jeunes bénévoles de la Fédération polynésienne de protection civile, s’activent.
    Des centaines d’arbres ont déjà été élagués, et 500 habitations visitées pour diffuser les bons réflexes et recenser les personnes vulnérables à évacuer.

    “Ok, donc on a déjà recensé les zones F1 et E1. Aujourd’hui, on va aller voir Madame Hoffmann qui héberge des personnes âgées (lire l’encadré), puis on ira faire de l’élagage préventif à la cité Grand. Samedi, on passera à Sainte-Amélie. Ah, et il faudra écrire des courriers pour récupérer les clés des servitudes entre La Mission et Titioro, au cas où les autres itinéraires seraient impraticables…”
    Dans notre édition du 7 octobre, compte tenu du fort risque cyclonique annoncé pour cette saison chaude, nous vous avons présenté le plan communal de sauvegarde (PCS) de Papeete. Cette semaine, nous avons suivi les actions menées, concrètement, sur le terrain.

    Une aide aux particuliers défavorisés.

    Depuis plusieurs jours, perchés sur des nacelles, les services techniques de la ville et les sapeurs-pompiers agitent leurs tronçonneuses à la cime des arbres. Manguiers centenaires ou alignements de cocotiers… Pour éviter qu’ils s’écrasent sur les habitations ou qu’ils bloquent les itinéraires d’évacuation en cas de cyclone, les arbres jugés dangereux sont ratiboisés.
    Hier, tandis que le personnel municipal s’activait dans l’avenue du chef Vairaatoa, les pompiers de la Ville faisaient place nette le long de la route qui dessert la cité Grand de Tipaerui :
    “Là, on a plein d’immeubles. S’il y a un arbre au milieu de la route le jour J, la vie est bloquée…”, expliquait Sam Roscol, le responsable du plan communal de sauvegarde.
    Niché en haut de son échelle de pompier, il a aussi débité les troncs qui menaçaient une habitation en tôles en contrebas. Certains propriétaires ont directement demandé de l’aide à la mairie.
    Disposant de peu de moyens vu l’ampleur de la tâche à abattre, Sam Roscol a mis à contribution certains jeunes de sa Fédération polynésienne de protection civile (lire l’encadré).
    Présents hier à Tipaerui, ces bénévoles ont aussi débité trois arbres chez une habitante du quartier Fari’ipiti mardi.
    “On avait fait une demande dès les premières prévisions cycloniques, vers le mois de juin ou juillet, explique-t-elle. On voyait alors ce qui tournait autour d’Hawaii. On avait fait faire un devis, mais 230 000 francs, c’était trop cher…”
    Les pompiers préviennent qu’ils ne pourront pas aller partout, mais Sam Roscol déconseille tout de même aux habitants de s’improviser bûcherons. “Il faut s’entraîner. Nous, on a des tenues anti-coupures, des gants, des casques”, rappelle-t-il.
    Au total, une centaine d’arbres de la ville ont déjà été élagués par les pompiers et les bénévoles de la Fédération polynésienne de protection civile, en plus de ceux abattus par les services techniques… et les sociétés privées.

    Marie Guitton

    500 habitations ont déjà reçu la visite des pompiers

    Depuis deux semaines, les pompiers de Papeete sillonnent les quartiers afin de sensibiliser la population aux bons réflexes à adopter en cas de cyclone. Le littoral étant le plus menacé, ils ont commencé par distribuer des brochures d’informations à Taunoa. Les quartiers en bord de rivière ou exposés aux glissements de terrain, comme Titioro, Sainte-Amélie et Tipaerui, sont les suivants sur la liste.
    Dans toute la capitale, grâce à l’aide des référents de quartier, les pompiers mènent également un recensement des personnes vulnérables (nourrissons, handicapés, femmes enceintes, personnes âgées, etc.) et des habitations ne résistant pas aux cyclones.
    Quarante et une personnes sous assistance respiratoire ont notamment été identifiées. “On va les mettre dans un centre spécialisé avec un groupe électrogène à côté”, précise Sam Roscol, responsable du plan communal de sauvegarde. “Pour les autres, on demande à ceux qui peuvent se déplacer ce qu’ils ont prévu, ajoute-t-il.
    S’ils ont de la famille, ils préfèrent parfois la rejoindre. Sinon, on leur propose les centres d’hébergement qu’on a répertoriés dans tous les coins de la ville.” Une vingtaine au total : chapelles mormones, église Maria no te Hau, écoles Paofai et Pinai, salles omnisports…, pouvant accueillir environ 5 000 personnes.
    Hier, accompagnés de trois bénévoles de la Fédération polynésienne de protection civile (lire l’encadré), les pompiers se sont rendus chez Nadine Hoffmann, avenue du commandant Chessé. Elle héberge dans sa maison des personnes âgées, dont une dame alitée atteinte de la maladie d’Alzheimer, deux matahiapo en chaise roulante et deux autres qui marchent avec un déambulateur. Trois de ses pensionnaires sont diabétiques et suivent un traitement à l’insuline. Aucun d’entre eux ne peut être pris en charge par sa famille. En cas de cyclone, toute la maisonnée sera évacuée par les pompiers vers le temple mormon voisin. “On a aussi deux chiens qui ne mordent pas, sourit Nadine Hoffmann. Mais ils vont nous suivre, ne vous inquiétez pas !”
    En attendant, les sapeurs continuent leur tournée préventive. 500 habitations de Papeete ont déjà reçu leur visite.

    De jeunes bénévoles à la rescousse

    Une vingtaine de bénévoles de la Fédération polynésienne de protection civile, présidée par le pompier Sam Roscol, est actuellement formée pour être opérationnelle sur le risque cyclonique. “Ces jeunes qui sortent de l’école, en recherche d’emploi, vont rester avec nous six mois, le temps de la période cyclonique”, explique le responsable. Ils forment un groupement d’intervention polyvalent formé aux gestes de premiers secours, travaux en hauteur, utilisation des outils, aide à la personne, etc.
    Hier, Takumanu, 18 ans, Jarek, 21 ans, et Teiho, 22 ans, ont participé à une mission d’élagage sur la route de la cité Grand à Tipaerui. Les jours précédents, ils ont débité des arbres chez des particuliers. “Ils obtiendront une attestation de bûcherons élagueurs à la fin de leur formation”, assure Sam Roscol. Takumanu a déjà un CAP d’agent de sécurité mais espère que les gestes qu’il apprend au quotidien avec les pompiers lui ouvriront des portes : “Pour moi, le but, c’est de trouver un travail. Plutôt en tant que secouriste.”

    Les conseils…

    “Récupérez la documentation ‘Alerte cyclonique’ du haut-commissariat, rapprochez-vous de la commune pour savoir si vous êtes dans une zone à évacuer et où se trouve votre centre d’hébergement.
    Si vous vivez avec des personnes qui nécessitent une aide particulière (handicap, insuline…), ou si vous avez des animaux, faites-le nous savoir. Faites élaguer vos arbres, et préparez un sac de survie. Enfin, indiquez vos intentions à votre référent de quartier, que l’on sache où vous êtes en cas de cyclone !”

    Duc 2015-10-24 10:38:00
    Que les communes comme Faaa s'active sans tarder dans les quartier sociaux...
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