Papenoo – Les mains dans la terre pour un nouveau départ

    mercredi 14 décembre 2016

    papenoo agriculture

    Les stagiaires en formation en agriculture ont attaqué la pratique sur le plateau de Atohei, à Papeno’o. (© Jean-Luc Massinon)

     

    Il y a un mois, à la mairie de Papeno’o, lors de la cérémonie d’ouverture de la formation aux techniques de l’agriculture, les stagiaires, demandeurs d’emploi, étaient apparus bien effacés. Mais hier, dans le fa’a’apu, Maruia, Gilles, Tehau, Lorenzon, Vaianu et les autres semblaient parfaitement épanouis.

    C’est sur le plateau de Atohei, face à l’école Mamu, que La Dépêche a retrouvé les huit volontaires à la formation en agriculture. En quelques semaines, et avec le soutien de l’association Turuma qui leur a mis disposition un bout de terrain, les jeunes ont transformé la parcelle, alors en friche, en un véritable potager. Les jeunes ont construit leur abri avec un coin pour les outils et un vaste espace pour les cours. Car avant de passer à la pratique, les formateurs dispensent les bases du métier.

    Hier, c’est Ah-Ky Temarii qui officiait avec les stagiaires. Le jeune homme est un bon passeur d’expérience, car il est né dans le monde de l’agriculture, mais il a surtout suivi les cours au lycée de Opunohu, à Moorea, jusqu’en BTS.
    Après une leçon sur les différents types de plantes (dressées, grimpantes, rampantes), les consignes ont été données pour la journée. Avant que la chaleur ne soit trop accablante, il y avait le repiquage des salades à effectuer du lit de semence à la planche de culture.

    Avec un tel soleil, les apprentis ont vite posé une ombrière pour protéger les pousses encore fragiles.

    Un toilettage dans les lignes de pota était programmé, où il fallait enlever les feuilles jaunies afin d’éviter les maladies. Et c’est en procédant à l’élimination des gourmands (bourgeons) des lianes de concombre qu’un stagiaire a détecté la présence de pucerons, tout de suite traités avec une huile bio. En quelques semaines seulement, les jeunes ont déjà planté de nombreux légumes (tomates, carottes, haricots verts, radis, maïs…), mis en place des tuteurs, palissé et posé des ombrières.

    À la fin du mois, ils apprendront également à vendre leurs produits. Nul doute qu’ils en sauront beaucoup plus sur le métier au terme des 16 semaines de formation. 

     

    J.-L.M.

     

    Ah-Ky Temari, formateur : “J’ai vu qu’ils étaient volontaires”

    (© Jean-Luc Massinon)

    (© Jean-Luc Massinon)

    Est-ce compliqué d’apprendre l’agriculture à des jeunes qui ne viennent pas forcément du milieu ?
    Au départ, c’est une difficulté, car il n’y a pas acquis. Et c’est dur de les instruire. Mais j’ai vu qu’il y a de la volonté. Et c’est cette volonté qui permet de bien faire passer les messages. Au départ, ils étaient dans l’inconnu.

    Ils ne savaient pas vraiment ce qu’est une plante. Ils en avaient une vision générale, mais ne savaient pas comment fonctionne une plante.

     

    Que leur faites-vous faire ?
    En ce moment, nous sommes en pleine production et nous allons du semis jusqu’à la récolte. Pour ça, je leur apprends la morphologie de la plante et comment elle fonctionne réellement. Je leur apporte également des techniques pour semer, pour repiquer… et toutes les tâches à accomplir avant pour faciliter la pousse des plantes.

     

     

    Vous leur avez parlé d’observation, mais on ne devient pas agriculteur en un jour ?
    Oui, il faut reconnaître les différentes maladies, donc c’est ce que l’on fait au niveau de la théorie. Avant de planter, il faut tout savoir sur la plante et sur les ravageurs.  

     

    Comment les jeunes se comportent-ils après un mois de formation ?
    Ça se passe très bien, parce que l’équipe est dynamique. Malgré la chaleur qu’ils doivent supporter en ce moment, j’ai vu qu’ils étaient volontaires. Ce travail les motive.

     

    A-t-il fallu un gros travail pour préparer la parcelle ?
    Il y a eu un gros travail, car nous n’avions pas suffisamment de matériel. Nous avons travaillé avec l’association Turuma qui a aidé pour la mise en place. Je les remercie encore d’avoir prêté cette parcelle, sinon nous n’aurions pas pu faire notre formation.

     

    Que pourront faire les stagiaires à la fin de la formation ?
    Ils pourront faire leur fa’a’apu. Ils ne pourront peut-être pas faire totalement du bio, car il faut du matériel. Mais ils auront un bagage pour se lancer dans l’agriculture. Si le contexte est bon, ils pourront se lancer dans le bio, et tant mieux pour nous, car qui dit bio, dit santé.

     

    Propos recueillis par J.-L.M.

     

     

     

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