Papouasie : ouverture du procès des deux journalistes français

lundi 20 octobre 2014

Le procès des deux journalistes français arrêtés en Indonésie pour avoir effectué sans autorisation un reportage sur des rebelles séparatistes de Papouasie s’est ouvert lundi devant un tribunal de cette province où ils risquent jusqu’à cinq ans de détention.
Thomas Dandois, 40 ans, et Valentine Bourrat, 29 ans, sont jugés pour « usage abusif de visa d’entrée » en Indonésie par le tribunal de district de Jayapura, capitale de la Papouasie, où ils ont été arrêtés le 6 août lors de ce reportage pour la chaîne de télévision franco-allemande Arte.
Ils étaient entrés dans le pays avec un visa de tourisme, alors qu’ils auraient dû être en possession d’un visa de journaliste et d’une autorisation des autorités – rarement accordée – pour pouvoir exercer leurs activités dans cette région sensible de l’est de l’archipel, en proie depuis plusieurs décennies à une rébellion séparatiste.
« Les deux prévenus savaient qu’ils n’avaient pas le droit d’utiliser un visa de touriste pour effectuer des activités journalistiques en Indonésie, et qu’ils devaient obtenir un permis journalistique du gouvernement indonésien », a déclaré le procureur Sukanda, qui n’a qu’un seul patronyme comme nombre d’Indonésiens.
Ce délit est sanctionné d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.
L’avocat de la défense, Aristo Pangaribuan, a estimé que l’acte d’accusation de « seulement deux pages » n’était « pas sérieux », et émis l’espoir que les deux journalistes soient expulsés du pays au plus vite.
Présente à l’audience, la mère de Valentine, Martine Bourrat, a déclaré à des journalistes qu’elle espérait que sa fille puisse rentrer chez elle le plus vite possible.
Le président du tribunal, Martinus Bala, a indiqué que des témoins seraient auditionnés mardi et mercredi, que le réquisitoire du parquet était prévu jeudi, émettant l’espoir que le jugement puisse être rendu vendredi.
Thomas Dandois avait été interpellé dans un hôtel de la ville de Wamena (est) en compagnie de trois membres du Mouvement de la Papouasie libre (OPM), et Valentine Bourrat avait été appréhendée peu de temps après.
Les rebelles rencontrés par les journalistes venaient des montagnes du centre de la Papouasie, dans le district de Lanny Jaya, où cinq séparatistes ont été abattus dans un échange de coups de feu avec des militaires le 1er août, soit quelques jours seulement avant l’interpellation des Français. Deux policiers avaient été tués quelques jours plus tôt dans une embuscade attribuée à l’OPM.
L’association Reporters sans frontières (RSF), les syndicats de journalistes français SNJ et SNJ-CGT et l’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) avaient appelé la semaine dernière à la libération immédiate des deux Français.
HRW a accusé dans un communiqué les autorités indonésiennes de « faire obstacle à toute couverture médiatique indépendante de la province de Papouasie » en exigeant des autorisations spéciales qui sont rarement accordées aux journalistes, et que ceux qui en obtenaient une étaient « systématiquement suivis de près » par les autorités.
« La chape de plomb posée par le gouvernement indonésien sur la couverture médiatique de la Papouasie a pour résultat que pour les étrangers, faire du journalisme dans la province est considéré comme une activité criminelle », a déploré l’ONG.

AFP

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