Papouasie : Valentine Bourrat et Thomas Dandois sont libres

    mardi 28 octobre 2014

    Les deux reporters d’ARTE ont été détenus pendant deux mois et demi, mais leur procès a été expédié en seulement quelques jours.  Initialement, le procureur indonésien voulait retenir les charges de sédition et d’espionnage, car ils sont entrés en contact avec des combatants indépendantistes papous.
     Mais il les a finalement abandonnées, et vendredi les juges ont condamné les deux reporters d’ARTE à deux mois et demi de prison pour infraction aux lois de l’immigration – c’est-à -dire pour avoir fait un reportage avec un visa de touriste en Papouasie occidentale. 
    Comme ils ont déjà passé deux mois et demi détenus dans les locaux des services de l’immigration à Jayapura, ils sont enfin libres. Une bonne nouvelle, mais ces journalistes ont quand même été condamnés par la justice indonésienne.
    Nick Chesterfield, journaliste indépendant et coordonnateur du site WestPapuaMedia : « La criminalisation des journalistes n’est pas nouvelle, mais ce nouveau jugement va à l’encontre de l’intention affichée par le nouveau Président, qui est d’ouvrir la Papouasie aux journalistes étrangers. »
    L’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch a publié un communiqué ce week-end, dénonçant la paranoia des autorités indonésiennes. Officiellement, selon Phelim Kine, le porte-parole de l’ONG en Asie, les journalistes étrangers peuvent demander un visa de presse pour se rendre en Papouasie, mais ils sont très rarement accordés, ou l’administration indonésienne fait trainer les choses en longueur pour décourager les journalists.
    Le nouveau Président indonésien Jokowi a fait des deux provinces papoues une priorité de son mandat, et d’ailleurs il a nommé une Papoue dans son gouvernement, Yohana Susana Yembise, ministre de l’autonomisation des femmes et de la protection de l’enfance.
    Jokowi a également promis d’ouvrir les deux provinces papoues aux medias, mais Nick Chesterfield reste dubitatif : « Le nouveau Président et sa ministre des Affaires étrangères ont exprimé leur volonté de changer les choses, mais la vraie mesure du changement, c’est le comportement des responsables de la police et de l’armée, or il est peu probable qu’il change, car les membres de la Kopassus veulent continuer à contrôler la Papouasie occidentale, pour sauvegarder leurs business illégaux très lucratifs. »  
    Selon Nick Chesterfield, l’État indonésien ne pouvant financer que 20% du budget de l’armée et de la police, beaucoup d’officiers de la Kopassus sont devenus chefs d’entreprises illégales, dans l’exploitation forestière et minière, mais aussi la production d’huile de palme, jusqu’aux ateliers clandestins d’objets artisanaux papous.
     
    Radio Australia

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete