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Les paquebots une source de pollution atmosphérique non négligeable

mercredi 10 mai 2017

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Un paquebot géant dans le port de Papeete. Pour alimenter en énergie le navire en escale, des moteurs alimentés par du fuel lourd ou au mieux du gasoil tournent sans interruption, générant une pollution atmosphérique non négligeable. (© archives LDT)


Les paquebots de croisière, qui représentent un apport annuel de 12,5 milliards de francs, sont l’un des piliers de l’industrie touristique polynésienne, grâce aux dépenses des touristes dans nos îles et à l’avitaillement. Toutefois, ils sont, même à quai, une source de pollution atmosphérique non négligeable, essentiellement à cause d’émissions de particules fines et de dioxyde d’azote. Mais le secteur réagit depuis quelques années avec de nouvelles technologies, notamment des systèmes de lavage des fumées, pour respecter des normes désormais drastiques, mais aussi pour sa propre image de marque.

Les escales des paquebots en Polynésie française sont une source importante de rentrée de devises pour l’économie du Pays : les touristes effectuent des dépenses auprès des commerces et des prestataires touristiques et techniques, et les compagnies s’avitaillent également sur place, notamment en produits frais.

Un bienfait, donc, pour le fenua, mais il y a malgré tout une ombre au tableau largement méconnue. Même à quai, il faut continuer à alimenter en énergie ces mini-villes de plusieurs milliers de passagers parfois, avec leurs restaurants, leurs piscines, leurs cinémas et leurs climatisations. L’association France Nature Environnement (FNE) avait estimé qu’un paquebot géant à l’arrêt polluait autant qu’un million de voitures, en termes d’émission de particules fines et de dioxyde d’azote. Un problème qui a déjà provoqué des remous en Nouvelle-Calédonie, à Marseille, ainsi qu’en Corse… 

Nina Julié, élue Calédonie ensemble de la province Sud en Nouvelle-Calédonie, qui a porté la proposition de délibération sur la qualité de l’air au Congrès en 2016, note que si le Caillou est, comme ailleurs, régi par la convention internationale qui définit les normes sur la qualité des carburants, ces derniers restent très peu réglementés. Leurs effets sur la santé des Calédoniens seraient reconnus, grâce à deux études épidémiologiques récentes.

 

Nicole Bouteau relativise le risque

 

En Polynésie française, “la croisière pèse pour 12,5 milliards de francs, dont plus de 4 milliards directement répartis dans les îles d’escale dans trois archipels différents”, rappelle Nicole Bouteau, ministre du Tourisme.

“En escale, les navires de croisière ne fonctionnent généralement que sur un groupe, que ce soit à quai ou au mouillage, et non pas à plein régime, comme lorsqu’ils naviguent. L’initiative de France Nature Environnement (FNE) date de juillet 2015 à Marseille. Et elle est contestée, tant sur la méthode que sur les conclusions, et ne concernait que l’émission de particules fines.”

Selon Nicole Bouteau, d’autres études et analyses, “plus crédibles”, ont été et continuent d’être menées, dans plusieurs ports de croisière dans le monde (dont Marseille, avec AirPaca, mais également à Venise, à Barcelone, aux États-Unis…).

“Au-delà des solutions techniques, pour la destination, notre seul levier d’action, c’est de ne pas concentrer le flux (qui a doublé depuis 2012) sur un nombre restreint d’îles, mais d’ouvrir de nouvelles escales, chaque fois que possible”, explique la ministre.

“La situation à Nouméa est extrêmement différente. Leur modèle de développement du secteur n’a rien de comparable avec le nôtre. Ils ont une moyenne qui dépasse les 2 100 passagers par escale – ce qui donne une indication de la taille des navires – et 170 escales par an. Nous sommes, à Papeete, sur une moyenne de 570 passagers par escale, pour 150 escales en 2016.”

L’étude FNE portait sur de très grands paquebots faisant escale à Marseille. Pour autant, la Polynésie française doit aussi se sentir concernée, admet la ministre. “Nous agissons sur ces problématiques en lien avec les autres destinations du Pacifique et avec les armateurs.”

 

Évolution positive

 

“Les tailles et le flux de navires dans le port de Papeete n’entraînent pas une pollution équivalente à des millions de moteurs de voitures allumés, c’est faux”, insiste Nicole Bouteau, qui admet néanmoins que la problématique est réelle. Les bateaux de croisière ont un impact sur l’environnement, comme toute activité touristique qui génère un flux notable, et la ministre le prend en compte.

“Au niveau international, ce sont des problématiques majeures, et toutes les compagnies de croisière, sans exception, sont impliquées dans l’élaboration des réponses à apporter”, souligne la ministre du Tourisme et des Transports internationaux.

“Plusieurs débats, colloques et conférences sectoriels et professionnels, notamment lors du dernier Seatrade à Fort Lauderdale en Floride, sont consacrés, chaque année, à ces questions.”

Selon elle, le secteur souhaite se positionner comme leader de l’élaboration et de l’investissement dans les innovations technologiques pour préserver l’air et les océans.

Elle note que malgré sa progression, la flotte de croisière représente moins de 1 % de la flotte mondiale.

Parmi les solutions mises en œuvre, un équipement rapide de nombreux navires avec des systèmes de réduction des émissions atmosphériques pour l’oxyde de soufre, l’oxyde d’azote…

“De l’énergie produite à terre pourrait restreindre encore l’utilisation des moteurs, mais nous ne disposons pas, en Polynésie, des infrastructures nécessaires”, explique encore Nicole Bouteau.

Le secteur effectue à son rythme sa révolution énergétique, puisque le changement de combustible, avec des carburants à faible teneur en soufre notamment, se propage.

“Il y a de vrais progrès et un travail en commun avec la Nouvelle-Zélande notamment, pour parvenir au ‘low sulfur’ le plus rapidement possible”, conclut la ministre, en précisant qu’on assiste même au développement de combustibles alternatifs, tels que le gaz GNL, qui est l’une des grandes aventures actuelles de la propulsion maritime, et pas uniquement de croisière.

Damien Grivois

 

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