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Parents mode d’emploi

mercredi 26 avril 2017

Centre de protection maternelle et infantile

Miranda, 24 ans, est venue, vendredi dernier,
au Centre de la mère et de l’enfant, à Pirae, pour la première visite médicale depuis la naissance de Joshua, un tranquille nourrisson d’un an. (© Claire Chunlaud)


Si on devient papa et maman le jour de la naissance de bébé, être parent, finalement, ça s’apprend, ce n’est pas inné. Prévention des accidents, croissance, alimentation, santé, autant de thématiques abordées à l’école des parents, des ateliers mis en place par les équipes du Centre de consultations spécialisées en protection maternelle et infantile. Rencontre avec le docteur Patricia Giraud, responsable du service. Une professionnelle passionnée par son métier, qui ne manque pas d’idées pour aider, guider et accompagner les familles sur les chemins de la parentalité.

Le docteur Patricia Giraud travaille depuis trente ans, au Centre de la mère et de l’enfant, où elle a remplacé Yvette Tetaria. Elle est responsable du Centre de consultations spécialisées en protection maternelle et infantile (CCSPMI).

Elle reçoit en consultations les familles dès le premier mois de naissance. Ces entretiens lui permettent d’accompagner les parents, de les écouter, de les aider à prendre soin au mieux de leur enfant.
Dans la salle d’attente,  des familles nombreuses, des cris d’enfants, des bébés qui tètent le sein, de jeunes couples attendris devant les babillements baveux de leur bout de chou, des mamans, des grands-mères, des papas.
“Lors des consultations, on voit les familles se comporter avec leurs enfants, constate Patricia Giraud, le médecin et chef de service.
“Plutôt que d’expliquer entre deux portes qu’il faut éviter de trop encombrer les couffins, que la petite sœur de 11 ans n’est pas une petite maman et qu’elle ne doit pas porter à bout de bras le nouveau-né, au risque de le faire tomber, nous leur proposons de participer à l’école des parents, ce sont des ateliers de ‘guidance éducative’. Il s’agit de recommandations pour prévenir notamment les accidents domestiques et les syndromes du bébé secoué.”

Le service de protection maternelle et infantile a mis en place ces ateliers organisés  lorsque quatre couples sont inscrits. Ce ne sont pas de cours à proprement parler, mais des échanges d’une trentaine de minutes sur le sommeil, l’alimentation, l’allaitement, les accidents domestiques, l’hygiène buccodentaire, les besoins de l’enfant.

 

Des ateliers concrets

 

On y évoque des cas concrets sur des thématiques comme la santé et la croissance. Morsures de chien, brûlures sur des pots d’échappement, ingestion d’eau de javel, chute de la table à
langer…
La prévention des accidents domestiques est bien sûr un point important des recommandations faites  aux familles. Sur l’une des affiches du local, qui accueille l’école des parents, un Youpala (un trotteur) avec un pilote de quelques mois à peine, bien loin d’être apte à la marche.

“Ces jouets ne sont pas adaptés aux bébés. Il y a un risque de chutes et de mauvaises postures qui peuvent avoir des conséquences sur l’apprentissage de la marche”, précise le médecin.
“Notre rôle est de sensibiliser les parents à ce type de risques pour leur enfant. Concernant l’hygiène bucco-dentaire par exemple, si on a gagné le combat contre le lait concentré sucré (véritable bombe calorique qui gâtait les dents de lait, NDLR), nous constatons un taux élevé d’incisives cariées. Le problème est lié aux biberons de lait que l’on laisse aux enfants pour s’endormir. Les incisives baignent durant des heures, parfois même toute la nuit dans le lait, alors qu’il faudrait brosser les dents avant le coucher pour éviter les caries.”
Pour éviter que l’endormissement via la tétine du biberon ne devienne une (mauvaise) habitude, les parents doivent être sensibilisés à ce risque de dents de lait cariées en amont. Là encore, la prévention est de mise, mais il faut la faire très tôt.

“Au Centre de consultations spécialisées en protection maternelle et infantile, nous ne rencontrons les familles qu’au 1er mois de vie de leur bébé, et certaines recommandations de prévention doivent être faites bien avant”, affirme Patricia, qui s’est rapprochée de l’hôpital pour organiser des actions de prévention avec les jeunes parents, juste après la naissance.
“Nous souhaiterions organiser le mercredi, sur place, une information de sensibilisation auprès des jeunes parents. Des conseils, un accompagnement pour les aider avant le retour à la maison (prévention des accidents domestiques, du syndrome du bébé secoué, du tabagisme passif, des risques d’étouffement, de brûlures…), cela nous permettra aussi de créer du lien avec la maman”, s’enthousiasme Patricia Giraud.

 

Des animations thématiques

 

Pour aller encore plus loin dans la sensibilisation aux accidents domestiques et  toucher un maximum de familles, Patricia Giraud planche sur des animations thématiques : l’installation d’une maison des risques avec des illustrations des accidents pièce par pièce et une présentation d’un mannequin pédiatrique, qui simule les conséquences sur le cerveau du syndrome du bébé secoué (des zones du cerveau s’allument et témoignent d’une hémorragie).

“Je cherche des partenaires pour financer le déplacement d’un formateur et de ses animations”, annonce Patricia. “Si des associations ou des entreprises souhaitent nous aider, qu’elles me contactent au Centre de la mère et de l’enfant.”
Ces animations seront  itinérantes (écoles, dispensaires, Fare tama hau, crèches et garderies…) afin de sensibiliser au syndrome de bébé secoué un maximum de parents mais aussi de professionnels de la petite enfance à Tahiti et pourquoi à Moorea, aux Îles Sous-le-Vent.

“Ce projet me tient à cœur, mais j’ai besoin de soutiens financiers d’associations ou d’entreprises pour le concrétiser”, confie cette professionnelle de la petite enfance, toujours aussi motivée par son métier.
“C’est vrai, ça fait trente ans et je suis toujours aussi passionnée par ce que je fais”, sourit-elle en déambulant joyeusement dans les allées du Centre de la mère et de l’enfant, qu’elle aimerait bien rebaptiser “Centre des parents et de l’enfant” pour associer toute la famille au bien-être de bébé. 

Cl. Chunlaud

Orianne Obrize
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