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PARUTION – Philippe Prudhomme éclaire le parcours méconnu d’un explorateur du Pacifique

vendredi 18 août 2017

wallis

Philippe Prudhomme, ici (plage Lafayette) non loin des lieux où arriva Wallis, en 1767. (Photo : Claude Jacques/LDT)


L’ouvrage de Philippe Prudhomme est le deuxième de sa collection “Explorateurs de l’Océanie au siècle des Lumières ”. On y retrouvera tout le contexte de la rencontre entre Anglais et Tahitiens, dans la baie de Matavai. Outre une biographie de Wallis et une bibliographie des explorations de l’époque, l’auteur rappelle aussi les enjeux stratégiques entre les puissances européennes.

On connaît tous le nom de Wallis, associé à la collectivité d’outre-mer du Pacifique Sud Wallis-et-Futuna. Mais qui connaît vraiment l’homme qu’était ce navigateur anglais du XVIIIe siècle, qui fut le premier Européen à “découvrir” Tahiti, il y a 250 ans, en juin/juillet 1767 ?

Un parc, à Papeete, porte le nom de Bougainville, qui lui succéda en 1768. Il existe aussi une baie de Cook à Moorea, laquelle rend hommage au circumnavigateur, dont les navires relâchèrent à Tahiti, en 1769.

Mais s’il existe aussi une petite rue qui porte le nom de Wallis, dans le quartier de Taunoa, sa discrétion l’est tout autant que le fut la vie de celui dont elle porte le nom.

Philippe Prudhomme, qui a déjà consacré plusieurs ouvrages à Bougainville, vient de publier un ouvrage permettant de mieux comprendre la personnalité et le rôle de Wallis dans la rencontre entre deux cultures.

Complétant l’essai de l’historienne Corinne Raybaud, paru il y a peu, il tente de combler le vide officiel relatif à cet événement, dont les conséquences déterminèrent pourtant durablement et profondément la vie des Polynésiens.

“Je n’ai pas de leçon à donner, mais cela me semble un peu bizarre qu’on néglige un événement aussi important du passé, qui donne quand même une explication du présent”, explique cet auteur.

Illustré de documents et photos couleurs inédits, cet ouvrage invite les lecteurs à découvrir “le dessous des cartes” d’une expédition beaucoup plus dramatique que ne le laissent penser les témoignages des textes officiels de l’Amirauté britannique.

 

Un rôle occulté

 

Si Bougainville a été probablement à l’origine du mythe “Tahiti-Paradis”, avec son Voyage autour du monde — qui fut un best-seller à son époque —, le rôle de Wallis a été occulté car le compte rendu de son expédition a été expurgé dans ses versions successives…

Et, comme l’explique Philippe Prudhomme, “ce serviteur fidèle de la couronne d’Angleterre serait certainement resté un obscur navigateur si son équipage n’avait choisi de baptiser de son nom, une petite île perdue sous l’Équateur, à l’ouest du Pacifique”.

Le travail de cet ancien professeur d’histoire — qui vit à Tahiti depuis de nombreuses années — vise à mettre en lumière la vie compliquée d’un acteur important et méconnu du passé colonial britannique, il y a de cela deux siècles et demi.

S’il rappelle la chronologie du séjour des Anglais — de leur arrivée à leur départ —, il souhaite aussi apporter “une réflexion modeste sur les méprises mutuelles des premiers chocs culturels et guerriers entre Océaniens et Européens…”.

De la vieille Angleterre aux confins dangereux et glacés de la Patagonie, en passant par les cieux pas toujours paradisiaques des lagons de l’Océanie, cette île alors inconnue des Européens ne devait être qu’une étape d’un périple dont le but était la recherche d’un hypothétique continent austral tout en étant une entreprise coloniale.

Tahiti se présentait à pic. Minés par le scorbut, épuisés par plusieurs mois de navigation à travers le Pacifique, les quelque 150 marins du trois-mâts Le Dolphin ont dû néanmoins composer avec les centaines de pirogues à balancier qui s’étaient élancées du rivage de la baie de Matavai, à la rencontre de la corvette anglaise.

Un accueil ambigu, alternant menaces et séduction, que racontent les journaux de bord du navire et dont on découvrira toutes les expressions dans l’ouvrage de Philippe Prudhomme.

Le compte rendu — on dirait aujourd’hui “rewrité” — des documents de bord de l’expédition de Wallis n’est apparu qu’après la publication de l’ouvrage de Bougainville, dans un contexte de rivalité entre les amirautés anglaises et françaises.

L’auteur déploie donc, dans cet essai de quelque 200 pages, “une démarche originale qui resitue les faits historiques dans leur milieu naturel, politique, social et culturel”.

Il était important pour lui, non seulement de mettre en lumière l’histoire de ce voyage, mais également de permettre l’analyse de la rencontre entre Anglais et Tahitiens, “lesquels ont payé très cher cette expédition, dans le sang, alors que les Anglais n’ont perdu que quelques hommes”.

L’Histoire a un rôle éducatif qu’il est important de ne pas négliger, assure Philippe Prudhomme : “Quand on ne connaît pas ses racines, et les causes des événements présents, on a du mal à vivre sans savoir…”.

 

De notre correspondant C. J.

 

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