Pas de projets majeurs dans un budget resserré

    jeudi 19 novembre 2015

    Le budget primitif 2016 a été déposé aux élus la semaine dernière. Son étude sera bientôt commencée par la commission
    des finances avant son passage en séance plénière.  Un budget sans saveur dans une pause fiscale annoncée par le gouvernement.

    Depuis jeudi dernier, les élus de l’assemblée de la Polynésie française travaillent sur le budget, ce qui monopolise toute leur attention, et ce qui fait qu’aucune séance plénière à Tarahoi ne sera organisée demain.
    Comme nous l’annoncions déjà le mois dernier lors du dépôt des orientations budgétaires, le budget 2016 ne sera pas d’une grande innovation. Rigoriste, le gouvernement ne s’est pas aventuré dans d’autres nouveaux chemins délirants comme le projet de ferme aquacole ou le Mahana Beach.
    Ces chantiers poursuivent leur progression indépendamment des opérations d’investissement pour l’année 2016. La marque de l’économie se fait jour à de nombreuses pages du document. Économie sur le personnel, subventions à la baisse sur quelques satellites du Pays, augmentation du taux de remboursement des dettes, dettes aux banques et fonds pour l’amortissement du déficit social (Fades). Sur les dépenses de personnel par exemple, “pour 2016, le taux de réduction de ces dépenses s’établit à 2,37 %, soit en valeur absolue
    – 827 millions de francs. Ces dépenses représentent 30,46 % du budget de fonctionnement total”, est-il écrit dans le document remis aux élus.
    “Pour atteindre l’objectif de réduction de 10 % de ces dépenses sur trois ans, la redéfinition du périmètre du service public et de l’action publique est indispensable. Les travaux ont été bien engagés sur 2015. Les premiers projets de service devraient être mis en œuvre dès 2016 avec à la clé des gains de productivité.”
    Ces économies serviront aussi au Pays pour dégager de l’autofinancement pour que ce dernier ne soit pas obligé d’emprunter comme il l’avait fait en 2013. “En 2016, le budget primitif proposé permettra de dégager un autofinancement net de plus 6 milliards de francs correspondant notamment à la dotation aux amortissements de 3,5 milliards de francs qui a pu être constituée grâce aux économies dégagées sur la section de fonctionnement, à laquelle vient se rajouter la participation du FIGD (fonds pour l’investissement et la garantie de la dette, NDLR) de 2,4 milliards de francs. Cela permet d’inscrire 20,265 milliards de crédits de paiement nouveaux (hors dette et écritures d’ordre), soit 4,646 milliards de crédits d’investissement de plus qu’en 2015”, est-il précisé dans le document.

    Des projets d’investissements mieux étalés

    Un budget, c’est chaque année une liste de projets financés, dont la moitié, dans le meilleur des cas, voit le jour. L’année dernière, une crédibilisation des comptes a rendu les chiffres plus lisibles. 48,6 % des crédits dédiés à l’investissement étaient liquidés. Pour 2015, le gouvernement annonce 57,2 % des crédits liquidés, soit une injection de 22 milliards de francs de la part du Pays dans l’investissement, sous diverses formes.
    “Augmenter le taux de consommation des crédits de paiement signifie avoir une meilleure planification des investissements pour éviter de mobiliser des financements inutilement sur des milliards de crédits de paiement qui finalement ne seront pas utilisés dans l’année et seront reportés aux exercices suivants”, est-il expliqué dans le document budgétaire. “Pour l’année 2016, le gouvernement augmente de manière significative le montant des crédits de paiement nouveaux (+4,6 milliards de francs) pour le porter à 20,265 milliards de de francs. En partant d’une hypothèse de liquidation de 22 milliards de francs en 2015, le montant des crédits de paiement reportés sur 2016 devrait être de l’ordre de 17,7 milliards de francs.” Le volume des crédits d’investissement dont disposera la collectivité l’année prochaine atteindra alors près de 38 milliards de francs.

    Bertrand Prévost

    On emprunte, mais on rembourse

    La dette en Polynésie française est un sujet d’inquiétude permanent pour les gouvernements. La capacité du Pays à la rembourser détermine les facilités ou non à contracter des emprunts nouveaux et surtout permet de négocier de meilleurs taux. C’est bien connu, on ne prête qu’aux riches.
    Pour cette année, l’encours de la dette de la Polynésie française a atteint 94,247 milliards de francs à fin 2014 qui a entraîné sur 2015, une annuité totale de 13,422 milliards de francs.
    En 2016, l’annuité totale de cette dette sera de 14,025 milliards de francs dont 13,575 milliards de francs pour le budget général. “La collectivité consacre donc 12,15 % de ses recettes ordinaires à rembourser ses emprunts”, note le projet de loi.
    “Le ratio de capacité de désendettement de la collectivité (encours rapporté à l’autofinancement brut pour un remboursement de la totalité de la dette) était à fin 2014 de 10,9 ans, contre 8,4 ans en 2013. Sachant qu’une collectivité devrait être sous surveillance à partir d’un ratio de 11-12 années, la capacité de désendettement du Pays se situait donc à la limite du raisonnable. Mais, les mesures de désendettement engagées en 2015 permettront de ramener le ratio de capacité de désendettement à moins de huit années. Enfin au 31 décembre 2015, la collectivité aura remboursé à l’État, la totalité de l’avance de trésorerie de 5 milliards de francs accordée fin 2013”, conclut le projet de texte sur ce chapitre.
    B.P.

    Des subventions en baisse

    Les principales baisses par rapport à 2015 concernent :
    – La subvention à l’OPH : -210 millions de francs (-25,93 %)
    – La subvention au RGS au titre de l’allocation complémentaire de retraite : -200 millions de francs (-14,29 %)
    – La subvention à TNTV : – 20 millions de francs (-12 %)
    – La formation professionnelle : -100 millions de francs (-16,67 %)
    – Le rattrapage de la dette historique envers le FIP qui s’établit à 918 millions de francs au lieu du milliard prévu

    Les projets financés en 2016

    – La mise aux normes CHEA code 3C de l’aérodrome de Mataiva (700 millions de francs)
    – Les travaux de réaménagement du port de Tahauku à Hiva Oa (500 millions de francs)
    – Le drainage et le nivellement de l’aérodrome de Hiva Oa (300 millions de francs)
    – Les travaux d’aménagement de la Taharuu – tranche 2 (261 millions de francs)
    – Le lotissement du domaine Labbé pour (534,4 millions de francs)
    – L’habitat dispersé pour (545,2 millions de francs)
    – Les travaux de sécurisation des lotissements (377 millions de francs)
    – Le lotissement Vaitupa 2 (174 millions de francs)
    – L’extension du lotissement Teroma (128,7 millions de francs)
    – Le programme de fare bois (534 millions de francs)
    – Le programme d’habitat dispersé aux IDV (400 millions de francs)
    – Le programme d’habitat dispersé dans les îles (307 millions de francs)
    – La réhabilitation du lotissement Vaihiria (301,4 millions de francs)
    – Les subventions aux opérateurs de logements sociaux (300 millions de francs)
    – Une subvention à la SEM Te Ora No Ananahi pour l’assainissement des eaux usées de
    Papeete (248 millions de francs)
    – Des constructions ou réhabilitations d’abris paracycloniques (146 millions de francs)
    – L’aménagement du site Tahiamanu (90 millions de francs)
    – L’élaboration du schéma d’aménagement général de la Polynésie française (55 millions de
    francs)
    – Divers aménagements d’espaces publics ou verts.
    – Construction et équipement du collège de Teva I Uta (1,149 milliard de francs)
    – Construction du lycée et collège de Bora Bora (491,8 millions de francs)
    – Acquisition de véhicules de sécurité aéroportuaire (300 millions de francs)
    – Migration du logiciel des douanes (239,7 millions de francs)
    – Subventions à la Sofidep (260 millions de francs)
    – Construction d’un écomusée Fare Natura à Moorea (120 millions de francs)
    – Rénovation de la retenue collinaire de Temaroa (115 millions de francs)
    sandrine lecomte

    pourquoi pas 2015-11-19 12:56:00
    Tout ça pour continuer à payer des fonctionnaires surpayés à ne rien faire, à quand les obligations de résultats pour les fonctionnaires comme dans le privé? Le fait de de ne pas investir dans des projets et au développement du pays va continuer à creuser le chômage, accroitre la délinquance avec ses vols et ses violences !! Bien joué les politiciens, c'est sûr que vous êtes plus occupés par vos querelles politiciennes, pensez au peuple et au pays plutôt qu'à votre pito !!
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