Patrice Chanzy, une passion avant tout

vendredi 21 août 2015

Patrice Chanzy est un surfeur de gros reconnu en Polynésie, si ce n’est dans le reste du monde. Mais le “waterman” est aussi sauveteur de la Water Patrol à Teahupo’o pendant la Billabong Pro Tahiti. Il nous fait découvrir une passion vraiment pas comme les autres.

Qu’est ce qui t’a amené à exercer ce métier de sauveteur de la Water Patrol ?
À la base, je suis maître nageur à la piscine municipale, c’est mon emploi principal. Lors de mes temps libres, je suis aussi surfeur de grosses vagues. Lors de la Taapuna Master, c’est moi qui dirige les water-patrols et j’organise la sécurité sur le plan d’eau. J’ai décidé de gérer la sécurité là-bas parce que j’étais compétent pour le faire. Et si je n’étais pas là, le club (Taapuna Surf Club) devrait payer quelqu’un. Je travaille parfois six jours gratuitement, mais j’aime ça. C’est ma passion.
J’étais déjà sauveteur et je surfais déjà depuis longtemps. J’avais déjà beaucoup d’expérience dans la lecture des vagues et de l’océan. J’ai donc décidé de me diversifier dans le domaine du sauvetage dans les vagues.

Être sauveteur de la Water Patrol à Teahupo’o pendant la Billabong Pro Tahiti, ça doit être le top pour toi ?
C’est vraiment génial de pouvoir bosser sur cette épreuve parce que tu vois tous les surfeurs professionnels que tu regardes à la télé toute l’année. C’est vraiment super d’assurer la sécurité pour une telle compétition. Il peut faire très froid ou très chaud, qu’importe, du moment que tu aimes ce travail. Tout devient alors plus facile.
De plus en plus souvent, des producteurs de films américains, comme Point Break, viennent à Teahupo’o, et n’hésitent pas à nous solliciter. À ces occasions, il y a des water-patrols hawaiiens qui viennent et profitent de l’occasion pour nous apprendre de nouvelles techniques. La dernière fois, ils nous ont montré une technique géniale pour le sauvetage : le Seabob. Avec cet engin, ils réussissent à passer sous les vagues au lieu de devoir leur échapper.

Et ça fait combien de temps que tu es sauveteur de la Water Patrol à Teahupo’o ?
La première fois que j’ai fait sauveteur de la Water Patrol ici, c’était en 2002. À cette époque, les seuls sauveteurs étaient “Poto” (Vetea David, NDLR), Arsène Harehoe etc. Au tout début, il y avait des sauveteurs hawaiiens qui venaient pour nous aider et nous apprendre un peu le métier. C’était top parce qu’on apprenait plein de choses. Ça a duré jusqu’en 2006 où ils ont estimé que les sauveteurs tahitiens étaient assez compétents. Depuis ce moment, on est resté la même équipe à assurer la sécurité lors des compétitions de surf jusqu’à aujourd’hui. Notre groupe est composé de huit personnes : Il y a le capitaine de “l’impact zone” (la zone où les vagues s’écrasent), il y a les grabbers (ceux qui sont chargés de faire monter le surfeur sur le Jet-Ski), les taxis et les pilotes. Aujourd’hui, nous collaborons avec l’équipe de sauvetage de Max Wasna.

Comment est l’ambiance entre les water-patrols pendant les compétitions ?
L’ambiance s’est largement améliorée. Aujourd’hui, on peut dire qu’elle est bonne au sein du groupe. Avant, tout le monde en faisait qu’à sa tête. Pour le travail en équipe, il faut vraiment que chaque membre soit soudé. Il faut savoir que pendant la Billabong Pro, ce sont les meilleurs water-patrols locaux qui viennent. Ils doivent travailler en symbiose. C’est comme dans n’importe quel boulot, lorsque l’équipe est nombreuse, il faut savoir la gérer.

Comment est-ce que vous assurez la sécurité sur le spot ?
Nous avons mis en place une ligne d’eau que personne, à part les surfeurs professionnels et les sauveteurs, ne peut dépasser. Ensuite, il y a une partie spécialement réservée aux baigneurs. Aucun d’entre eux ne doit nager entre les bateaux. Nous sommes tout le temps en alerte. Le mot d’ordre est la prévention. Nous sommes surtout vigilants à propos des capitaines et taxi-boats irresponsables qui laissent leurs passagers se lever dans le bateau et prendre des risques inconsidérés. On n’est jamais à l’abri d’une grosse série, car Lorsque qu’une vague plus grosse que les autres arrive, c’est la panique. Le bol ouest est imprévisible. On a toujours des bateaux qui se font surprendre et passe de justesse sur la vague. Si un nageur a le malheur de se trouver entre les bateaux à ce moment-là, il risque d’avoir de sérieux ennuis.

Et en ce qui concerne la récupération des surfeurs ?
Pour la récupération des surfeurs, on n’intervient que lorsqu’ils sont vraiment en difficulté. Dans ce cas-là, on est toujours deux. Il y a un pilote et le grabber. Le pilote intervient dans la zone et le grabber attrape le surfeur ou plonge si celui-ci n’est pas encore remonté à la surface. La technique est différente lorsque le gars est conscient ou inconscient.

Avez-vous d’autres rôles ?
On s’occupe aussi beaucoup du staff de la WSL (World Surf League). On déplace les surfeurs du rivage au spot, on envoie les juges sur le scaffolding et les médias d’un bateau à l’autre.

Quelles sont les plus grosses frayeurs en tant que water-patrol ?
Il y en a deux. La première se produit souvent. C’est le moment où l’on part chercher une personne entre deux énormes vagues et qu’au moment où on le récupère et que l’on veut accélérer, le Jet-Ski, pourtant à fond, n’avance pas.

Pourquoi il n’avance pas ?
Entre deux vagues, il y a beaucoup d’écume. Ce n’est que de l’air qui passe dans la turbine du Jet-Ski. Ça l’empêche d’avancer. C’est flippant, mais on s’en sort !

Et pour la deuxième frayeur ?
C’est lorsqu’on part récupérer quelqu’un et que cette personne remonte à la surface inanimée. En fait, ça ne m’est jamais
encore arrivé, mais je redoute ce moment.

David Chang Chen Chang

Lire aussi ici « Ingrid Bennett Le boucher : Par passion pour le surf »

Programme round 3

– Série 9 : Josh Kerr (Aus) contre Adrian Buchan (Aus)
– Série 10 : Kelly Slater (USA) contre Sebastian Zietz (Haw)
– Série 11 : Jérémy Florès (Fra) contre Joel Parkinson (Aus)
– Série 12 : Julian Wilson (Aus) contre C.J. Hobgood (USA)

Programme round 4

– Série 1 : Filipe Toledo (Bré), Kai Otton (Aus), Owen Wright (Aus)
– Série 2 : Italo Ferreira (Bré), Gabriel Medina (Bré), Bruno Santos (Bré)
– Série 3 : Aritz Aranburu (Esp), Wiggolly Dantas (Bré), surfeur à définir
– Série 4 : Oppositions à définir
NB : le 1er de chaque série qualifié pour les quarts, les autres en repêchage)

Programme round 3

– Série 9 : Josh Kerr (Aus) contre Adrian Buchan (Aus)
– Série 10 : Kelly Slater (USA) contre Sebastian Zietz (Haw)
– Série 11 : Jérémy Florès (Fra) contre Joel Parkinson (Aus)
– Série 12 : Julian Wilson (Aus) contre C.J. Hobgood (USA)

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