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Patrice Jamet, le retour : « La population me réclame encore”

lundi 24 décembre 2018

JLM Mah retour Jamet

Le retour de Patrice Jamet fait obstacle à Damas Teuira, qui espérait peut-être poursuivre sa mission à la tête de la commune.

Au moins, maintenant, les choses sont claires… Patrice Jamet est de retour. Avant de le confirmer à La Dépêche de Tahiti, l’ancien maire de Mahina, déchu en 2015, l’a annoncé officiellement à quelques élus de la majorité, réunis mardi dernier.

Prenant la parole devant son groupe loin d’être au complet, Patrice Jamet a rappelé, dans une longue introduction, comment l’aventure de Ia tura o Mahina (Itom) avait commencé.

“La totalité des élus d’Itom n’était pas présente. Peut-être étaient-ils hors du territoire ? Mais je voulais les rassembler car j’avais un message à leur transmettre. La priorité n’était pas de leur annoncer ma décision de revenir pour les élections de 2020, mais de leur rappeler d’abord l’historique de notre mouvement citoyen.

Je voulais rappeler que ce n’était pas un mouvement de politique politicienne, et qu’il a été mis en place pour sauver la commune de la noyade. Comme leader de ce mouvement, j’ai rassemblé 15 personnes, puis 200 et, aux élections anticipées, sans penser que nous pouvions gagner, ce mouvement a été porté par la population, qui attendait un changement.

En 2014, lors des élections suivantes, nous avons même augmenté notre score. Cela voulait dire que la ligne de conduite que nous avions tracée était la bonne.”

Sauf que l’homme qui prônait la justice n’imaginait pas que son second mandat allait être si vite écourté par la justice. La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a rejeté les comptes de campagne au motif que Patrice Jamet n’avait pas nommé de mandataire financier pour son parti. Le Conseil d’État a confirmé la peine de 18 mois d’inéligibilité infligée par le tribunal administratif de Papeete. Ia tura o Mahina était décapité le 29 juillet 2015.

 

Revenir pour colmater les brèches

 

Abattu par cette démission, se reprochant même d’avoir trahi la confiance des électeurs, Patrice Jamet n’a même pas eu le bonheur de se raccrocher à son groupe, qui s’entre-déchirait pour la succession. Alors, le leader d’Itom avoue avoir été volontairement chercher le 24e de liste pour prendre la suite.

“Cette personne n’a pas été élue facilement au sein de notre propre majorité. Le groupe n’a pas vraiment accepté la candidature de Damas Teuira. Pourtant, il a bien fait son travail jusqu’à aujourd’hui. Mais cette décision que j’ai prise a eu des conséquences. Parmi nos élus, les jeunes avaient soif ; ils étaient ambitieux. Tant mieux… Mais le noyau s’est cassé. Heureusement qu’ils ont été assez matures pour ne pas casser toutes les délibérations.”

Aussi, le patriarche pense qu’il est temps de revenir. “Ma décision de revenir est motivée par ma volonté de colmater toutes ces brèches. En plus, en 2015, quand on m’a retiré mon mandat, j’ai eu l’impression d’abandonner la population. J’en ai pleuré. C’est pour cela qu’on ne m’a plus vu. Je me suis retiré et j’ai souhaité faaitoito à Damas. Depuis, on ne s’est pas vu plus de dix fois. Je lui ai seulement demandé de garder notre ligne de conduite. Cela n’a pas évité les tensions avec Lorna Oputu et Frédéric Fritch. Ils se sont tiré des balles entre eux. Aussi, je comprends que Damas ait voulu fédérer les autres groupes de l’opposition du conseil municipal. Mais je lui ai dit de se méfier des gens qui avaient fait de la politique depuis 40 ans. Y avait-il une sincérité dans cette approche.”

Patrice Jamet n’a particulièrement pas apprécié la présence de Lucie Lucas, de l’opposition, lors de la signature récente des prêts à l’AFD. Il concède que le tavana actuel réussit à consolider le vote des délibérations avec l’opposition. Mais si Patrice Jamet tire son chapeau à Damas Teuira, ces histoires l’incitent justement à revenir. 

 

Maire ? Ça va de soi !

 

Il aura fallu, à La Dépêche de Tahiti, insister pour savoir pourquoi, le soir de l’annonce de son retour, Patrice Jamet n’a pas garanti qu’il serait candidat au poste de maire en 2020.

“Tout dépend de ce qui va arriver. Il me reste un an. J’annonce que je suis de retour et que je serai le leader d’Itom, et les choses se passeront. La population décidera d’élire ou pas le groupe avec son leader, mais je ne vais pas m’imposer comme maire. C’est la liste qui l’imposera…”

Donc vous serez maire ? “Comme je suis en tête de liste, logiquement… Ça va de soi !”, lâche enfin Patrice Jamet, qui pense que le groupe a toutes les chances de repasser.

Il dément aussi la rumeur que son frère Raymond Jamet soit pressenti au poste de maire.

Ce retour semble se faire sans concession car, lors de la réunion de mardi dernier, Patrice Jamet n’a pas laissé le choix aux élus d’Itom. Ce sera avec lui ou les gens peuvent partir.

“J’ai dit que je serai le leader. Car je sais, au fond d’eux, que certains voudraient faire des groupes à côté.”

Patrice Jamet pense au maire actuel, Damas Teuira, qui a récemment lancé un appel à la mobilisation des bonnes volontés, ou encore au premier adjoint, Frédéric Fritch, dit Gougou, qui n’a pas caché vouloir se présenter.

“Ou vous me suivez ou vous prenez votre liberté ! Et j’ai rajouté que je ne voulais pas qu’il y ait, dans le groupe d’Itom, en 2020, des personnes qui ont fait de la politique à l’extérieur. Je veux, comme au début, des citoyens qui n’ont jamais touché à la politique”, précise l’ex-tavana. Il n’y aura pas non plus d’alliance avec Nicole Sanquer à qui, pourtant, il avait offert une délégation au conseil municipal.

“En 2011, j’ai vu ce qu’était la politique politicienne. Mais notre mouvement citoyen a gagné sans eux. Donc, je me présenterai comme en 2011. Je ne veux pas de négociations car je ne parviendrai pas à les battre. Eux sont des super-négociateurs, alors je ne rentrerai pas dans ce jeu-là.”

Patrice Jamet confie qu’il n’a pas peur de ne pas pouvoir recoller les morceaux d’Itom. Il est prêt à en reconstruire un avec du sang neuf. Un nouveau rendez-vous est programmé fin janvier ou début février. Les élus Itom devront déclarer leurs intentions afin de clarifier les choses. Car mardi dernier, Patrice Jamet a proposé à ceux qui n’étaient d’accord de sortir… Mais personne n’est sorti. Et quand il a demandé qui voulait rester… personne n’a levé la main.

LDT

 

 

Le dauphin n’était pas le bon cheval ?

Choisi pour remplacer le leader alors qu’il n’était que 24e sur la liste d’Itom, confronté à une opposition qui venait de son propre camp, Damas Teuira n’aura pas eu la tâche facile depuis 2015. Pourtant, il va savoir mener à bien les délibérations, il va répondre aux recommandations de la CTC pour une gestion contestable antérieure à lui, il va décrocher des prêts AFD pour plus de 280 millions de francs, et il est à deux doigts de signer la rétrocession des anciens terrains militaires… Et mardi dernier, on lui refuse le droit de continuer !

Patrice Jamet excuse son dauphin : “Il y a un mois, nous nous sommes vus avec Damas. Il m’a fait comprendre qu’il aimerait continuer en 2020. Je lui ai dit que la situation actuelle ne permet pas à Itom de garder la mairie si je ne reviens pas. Si Damas fait seul la liste d’Itom, il n’y aura personne dernière lui. Je dis ça parce que la population me réclame encore. Damas a fait du bon travail, et je suis sûr qu’il est frustré car il veut continuer en 2020. Mais pour continuer, il faut d’abord réussir les élections. Damas a bien travaillé, mais la population n’a pas élu Damas. On a plus de chance de gagner avec ma présence. J’en suis convaincu.”

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