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Patrick Rey, l’ex-huissier de Moorea, encourt 18 mois de prison

mercredi 27 septembre 2017

tribunal

L’avocat de Patrick Rey a plaidé la relaxe compte tenu du fait que la victime pourrait être remboursée. (© Florent Collet)

“Je lui faisais confiance de la tête au pied comme si c’était mon fils.” L’audience a donné lieu à un surprenant face-à-face, hier, entre Patrick Rey et la sœur de lait de sa mère.

“On partageait notre repas ensemble, on allait à l’église ensemble”, explique celui qui a perdu son titre d’huissier à la découverte de cette affaire.

La tante est la femme du propriétaire de l’unique station essence de Moorea. À son décès, la veuve, qui a encore plus de difficultés avec les formalités administratives qu’avec la langue française, mène l’entreprise de son défunt mari à la liquidation.

Pour rembourser les dettes, le liquidateur ordonne la vente d’un de leurs terrains. Après le remboursement des créanciers, il reste 83 millions de francs.

Sans compte en banque et ne voulant avoir trop d’argent à sa disposition, elle confie à son “bébé”, Patrick Rey, la charge de gérer cette petite fortune. Une mission qu’elle consent à lui confier d’autant plus facilement puisqu’il est huissier. Elle lui offre d’ailleurs 25 millions pour l’en remercier.

Des 58 millions restants, elle dit n’avoir reçu, quand elle en avait besoin, que 6 millions, alors que lui affirme qu’il lui a reversé 10 millions.

Pour le reste, tout a été dépensé, à des fins personnelles, comme l’explique l’ex-huissier, pour des voitures, de l’essence, des vêtements, mais aussi pour aménager ses terrains à Moorea.

“Je n’ai pas détourné les fonds, je les ai utilisés, avec son accord, à des fins personnelles”, a encore répété Patrick Rey, à la barre, hier.

Mais aujourd’hui, la veuve vit avec sa fille sans avoir de quoi acheter une baguette de pain. C’est lorsque cette dernière ira aux affaires sociales pour demander à ce que sa mère puisse bénéficier du régime de solidarité pour les personnes âgées qu’une enquête sera déclenchée.

“M. Rey n’est pas un escroc”, a entamé le procureur, qui s’est en revanche attaqué aux différents mensonges de l’ex-huissier durant l’instruction et a requis trois ans de prison, dont 18 mois ferme, et l’obligation d’indemniser la victime.

Maître François Quinquis a redonné sa version des faits, s’attaquant notamment au liquidateur qui avait imposé la vente du terrain sans demander l’accord du tribunal du commerce, ainsi qu’aux notaires qui ne pouvaient méconnaître cette disposition.

Selon l’avocat, son client a la volonté de rembourser la victime en vendant le terrain aménagé grâce à l’argent de sa tante, mais la saisie par la justice en empêche la vente.

Une fois cette saisie levée, le terrain pourra être vendu, la victime remboursée, levant du même coup le délit qui lui est reproché. L’avocat a donc plaidé la relaxe. Le délibéré sera rendu le 24 octobre. 

F.C.

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