Paul Manate prépare son premier long métrage à Tahiti

    mercredi 1 février 2017

    paul manate

    Paul Aivanaa Manate arrive dans quelques jours au fenua pour participer au Festival international du film documentaire océanien. Il en profitera pour faire le repérage de son premier long-métrage qu’il compte tourner à Tahiti en fin d’année. (© DR)

     

    Paul Aivanaa Manate arrive dans quelques jours au fenua pour participer au Festival international du film documentaire océanien. Il en profitera également pour faire le repérage de son premier long-métrage qu’il compte tourner à Tahiti en fin d’année.  Le film raconte le lien mystique qui unit deux personnages que tout semble séparer : un jeune “demi” amoral et sans scrupule et une jeune Polynésienne, sensible et dotée d’un don exceptionnel qui lui permet d’entrevoir l’avenir.

     

    Il sera au fenua dans quelques jours pour participer au Festival international du film documentaire océanien (Fifo), mais pas seulement. Paul Aivanaa Manate, réalisateur originaire de Tahiti, vient également en repérage pour le long-métrage qu’il compte réaliser à Tahiti en fin d’année.

    Un film qui raconte le lien mystique qui unit deux personnages que tout semble séparer : un jeune “demi” amoral et sans scrupule appartenant à la jeunesse dorée de Papeete et une jeune Polynésienne, dotée d’un don exceptionnel qui lui permet d’entrevoir l’avenir.

    Paul Manate est un enfant du pays. Sa maman, issue d’une grande famille de Rurutu, rencontre son papa, un métropolitain venu travailler à Moruroa dans les années 60.

    Né à Papeete en 1969, il grandit à Arue, puis à Mahina. Ses premiers souvenirs de cinéma datent de cette période, où petit, il allait au drive-in de Arue pour voir, allongé, à l’arrière du pick-up familial, le dernier Bruce Lee ou Grease de John Travolta.
    À l’âge de 10 ans, ses parents décident de partir s’installer en métropole.

    “Mais lorsque tu es né quelque part, tu restes attaché à tes racines. Mes impressions tactiles et mon imaginaire viennent d’ici. Je puise mon inspiration dans mes origines. Pour moi, cette enfance passée à Tahiti correspond à une période de bonheur total et reste pour moi l’image du paradis”, explique Paul Manate.

    Une fois en métropole, il revient régulièrement au fenua pour les vacances. Après son bac, il décide de rentrer à Sciences Po avec l’idée de devenir journaliste.

    “Raconter des histoires, écrire…C’était ça, mon truc. Mais après plusieurs stages dans des quotidiens, je me suis rendu compte que j’avais envie d’écrire autre chose que juste la réalité”, confie-t-il.

     

    Consultant de scénarios pour Canal+

     

    Son diplôme de Sciences Po en poche, il s’inscrit en DEA de cinéma à la Sorbonne, ce qui lui permet d’intégrer un atelier d’écriture de scénario à la fac. Parallèlement, il travaille dans un syndicat de producteurs de films. C’est là qu’il rencontre son producteur actuel, Nicolas Brevière.

    Il se crée un réseau dans l’audiovisuel et petit à petit, le cinéma finit par le happer. Il trouve sa place sur des plateaux de tournage en tant que technicien. Il devient également lecteur consultant de scénarios de longs métrages pour la direction du cinéma de Canal+.

    “Mon travail consiste à lire les scénarios envoyés à la chaîne par des réalisateurs ou des producteurs et de faire une analyse critique pour conseiller Canal+ d’investir ou pas dans ce film. On est huit à faire ça pour cette chaîne, car, chaque mois, ce sont près de 100 scénarios qui arrivent”, précise-t-il.

    En parallèle, il commence à écrire des fictions qui ont toujours un lien avec ses origines métisses et l’âme polynésienne qui l’obsède. En 1995, il réalise un premier documentaire, Des pirogues et des hommes, sur le club de va’a de Faa’a. En 1998, il tourne Ina, un court-métrage inspiré de sa grande sœur fa’a’amu.

    En 2008, il réalise Mes quatre morts, qui raconte l’histoire d’un “demi” polynésien fraîchement débarqué en métropole et qui tente de s’intégrer à la communauté bretonne et de trouver du travail. Et enfin, en 2013, il vient à Tahiti tourner Nevermore, l’histoire d’un jeune militaire “demi” de retour au fenua.

    “Les personnages de mes films me ressemblent… Le métissage est un sujet que j’aborde régulièrement étant moi-même “demi”. C’est une super-richesse d’être métisse, car tu as une double culture, et en même temps, ce n’est pas toujours facile de trouver sa place. En métropole, je ne suis pas considéré comme un Français, mais à Tahiti, je ne suis pas perçu comme un Tahitien non plus”, confie-t-il.

    Son futur premier long-métrage, L’oiseau de paradis, traitera à nouveau de cette notion de métissage. Il s’agit, pour Paul Manate, d’un projet de longue date, qui a déjà reçu un soutien important du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). S’il voit le jour, ce sera le premier film de fiction réalisé à Tahiti par un Tahitien. 

     

    Élénore Pelletier

     

     

    Le synopsis

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