Habillage fond de site

Pour payer son amende pour vol… il vole

vendredi 8 décembre 2017

justice

À la sortie de la salle d’audience, le jeune voleur relève la jambe de son pantalon pour arborer avec fierté son bracelet électronique. (© Florent Collet)

L’image de vidéosurveillance est sans appel. Son tatouage sur la jambe et sa malformation du bras permettent de l’identifier parfaitement. L’homme prend la fuite en emportant la perceuse, prise dans la cabane de jardin d’un habitant de Faa’a.

Une perquisition est menée à son domicile. Il reconnaît les faits. L’homme a déjà été condamné à plusieurs reprises, notamment l’an dernier pour recel. Une affaire pour laquelle il n’a toujours pas réglé l’ensemble de l’amende. Sans autre ressource que sa pension Cotorep, c’est justement pour payer cette amende que J.P. a vendu la perceuse pour 6 000 F.

Au juge qui demande “une peine juste, pratique et intelligente”, le procureur requiert de la prison avec sursis, pour que le SPIP soit “une sorte de cadre” pour le prévenu. Ce dernier est finalement condamné à 4 mois de prison avec sursis et devra voir avec le juge des applications des peines s’il peut effectuer des travaux d’intérêt général.

 

Battu par les deux frères et la belle-sœur

 

M.T. arrive de Rangiroa, où il est guide touristique. Son frère et sa belle-sœur, eux, ne sont pas venus à l’audience. En décembre 2016 à Pirae, ils buvaient sur la terrasse, en faisant visiblement trop de bruit au goût de leur voisin.

Ce dernier va demander de baisser le son : “Je voulais m’expliquer avec eux avant d’appeler la police”.

Une demande d’explication qui n’est pas comprise au sens oral du terme par l’un des frères qui assène un coup de poing à la victime qui s’en sortira avec deux jours d’ITT. Son frère vient en renfort pour porter des coups, tandis que la femme jette des pierres sur la victime.

Le différend remonte à plusieurs années entre ces deux familles habitant dans des maisons mitoyennes.

“Ma belle-sœur a porté plainte contre lui parce qu’il est entré chez elle et a essayé de l’étrangler”, rappelle le prévenu. “Parce qu’elle m’a jeté des pierres”, répond la victime. Dans cette affaire, les deux parties ont été condamnés pour violence réciproque.

“Il nous traite de paumotu ratés, ça nous fait mal”, ajoute le prévenu. “C’est parce qu’ils m’insultent”, se défend le prévenu. Ambiance.

“On s’entend mieux maintenant”, admet la victime qui ne demande finalement plus d’indemnité à ses agresseurs.

Au final, la femme est condamné à 40 000 F d’amende. Le frère, au casier le plus fourni, à 6 mois de prison et celui présent à l’audience à 4 mois de prison avec sursis, assorti de 120 heures de travaux d’intérêt général.

 

“11 ans que vous ne faites rien”

 

Cheveux teints en blond, M.T. adopte la démarche chaloupée d’un rappeur U.S.

Pour se présenter à la barre. Les images de vidéosurveillance d’une grande surface de Faa’a l’ont confondu, alors qu’il dérobait un vélo à l’entrée. Le vélo a finalement été rendu et aux gendarmes M.T. a expliqué qu’après “avoir bu plein de bières, il voulait aller se balader avec le vélo. Maintenant, j’arrête les bêtises.”

Le juge paraît dubitatif, M.T. a arrêté l’école depuis la 4e et n’a pas trouvé d’emploi depuis.

“Cela fait 11 ans que vous ne faites rien. Vous envisagez de ne rien faire toute votre vie ? Enfin, vous volez. Vous avez été condamné sept fois depuis 2007. On a tout essayé pour vous. On ne peut plus vous traiter comme un gamin de 16 ans”, s’indigne le juge, qui le condamne à 6 mois de prison.

M.T. retourne chercher sa casquette, fait craquer les os de ses doigts et crache un nom d’oiseau en sortant de la salle.

À peine dehors, il relève l’une des jambes de son pantalon pour arborer avec fierté le bracelet électronique qui orne sa cheville.

 

F.C.

 

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Selon vous, quelle troupe remportera le Heiva i Tahiti cette année en Hura Tau :

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete