Habillage fond de site

Payer ses courses, tout en retirant des billets, bientôt possible

mardi 16 avril 2019

“Une baguette et 5 000 F, s’il vous plaît”, une phrase que l’on pourra bientôt prononcer et qui sera suivie d’effet. Photo : Christophe Cozette

“Une baguette et 5 000 F, s’il vous plaît”, une phrase que l’on pourra bientôt prononcer et qui sera suivie d’effet. (Photo : Christophe Cozette)

“Une baguette et 5 000 F, s’il vous plaît.” Bientôt, à une date encore indéterminée, il sera possible de tirer une somme d’argent liquide, chez son commerçant, via une carte bancaire, sur un simple TPE (terminal de paiement électronique). Cette possibilité existe déjà en métropole, notamment pour palier à la désertification des campagnes françaises mais le texte n’est, pour le moment, pas applicable en Polynésie française.

C’est la loi 218-700 du 3 août 2018 (suite à une directive du Parlement européen de 2015, NDLR), qui concerne les services paiement des marchés intérieurs, et introduite au code monétaire et financier. Elle met en place un dispositif qui permet cela, pour un montant n’excédant pas 60 euros (environ 7 200 F). Mais rien ne permet, pour le moment,l’application de ce texte au fenua, au grand regret du comité consultatif du secteur financier (CCSF), comme cela est stipulé dans le “rapport final sur la tarification des services bancaires dans les département et collectivités d’outre-mer”, paru récemment.

“Les évolutions réglementaires récentes en matière de “cash back” – possibilité de retirer de l’argent liquide chez un commerçant local – apportent dans les DOM comme dans l’Hexagone un triple avantage : faciliter l’accès à l’argent liquide pour les consommateurs et permettre aux commerçants de remettre tout au partie de ce cash en circulation et limiter les dépôts en agence. Ce dispositif n’a pas été rendu applicable en Nouvelle-Calédonie ou en Polynésie française car il s’agit d’un “service” commercial à la discrétion des commerçants. Cependant, compte tenu de l’avantage qu’il représente pour les consommateurs, on peut souhaiter que les autorités compétentes examinent de façon favorable sa mise en place”, stipule ce rapport.

“Nous sommes en train d’y réfléchir localement avec l’ensemble des banques, notamment sur l’aspect réglementaire afin de voir si c’est possible, de l’étendre ici, en réparant cet oubli”, explique Claude Piriou, directeur de l’IEOM. “Certaines banques sont plus intéressées que d’autres mais la volonté est là et la Dgae est également dans la boucle des réunions, puisque cela comporte un volet réglementaire”, précise Claude Piriou. “Ce n’est qu’une opération de dépannage, c’est un service complémentaire aux DAB, tout simplement”. Le retrait se ferait logiquement via les TPE (terminal de paiement électronique) des commerçants.

Cela ne nécessiterait pas des modifications ou le renouvellement des terminaux de paiement. “Il suffit d’utiliser les réseaux existants”, dit le directeur de l’IEOM. Les commerçants seront bien évidemment impliqués, pour savoir s’ils joueront le jeu ou non. Mais pour eux, cela les arrange, ils n’ont pas à déposer de l’argent à la banque et ils seraient crédités immédiatement sur leur compte bancaire, de la somme du retrait du client. Et cela rendrait service à des populations isolées du circuit habituel, à savoir les établissements bancaires et les DAB, comme cela peut être souvent le cas dans les îles, même si La Poste est présente dans nombre d’entre elles. “Le sujet est sur la table, les partenaires sont intéressés et cela permet d’étendre l’accès au cash à des populations isolées”, affirme Claude Piriou.

Du gagnant-gagnant, en quelque sorte.

 

Christophe Cozette

 

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Édouard Fritch veut que les personnes hospitalisées après un accident qu'ils ont causé, sous l'empire de l'alcool ne soient pas pris en charge par la CPS. Pensez-vous que ce soit une bonne mesure ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete