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Le Pays annonce qu’il va interdire le Roundup

mercredi 29 novembre 2017

round up glyphosate

Le ministre du Développement des ressources primaires, Tearii Alpha, a décidé d’inscrire le glyphosate, essentiellement vendu sous
la marque Roundup, sur la liste des pesticides non autorisés à la vente en Polynésie française. Un geste fort qui fera parler au-delà de nos frontières. (Photo : combat-monsato. Org/DR)

La nouvelle va faire grand bruit. Le Pays a décidé d’aller au-delà des décisions européenne et française concernant le glyphosate, suspecté d’être cancérogène.

Le ministère du Développement des ressources primaires a en effet décidé d’inscrire rapidement cet herbicide sur la liste des produits non autorisés à la vente en Polynésie française.

Le ministre Tearii Alpha, “soucieux de promouvoir une agriculture saine”, comme l’a précisé son cabinet à La Dépêche, mardi, va présenter prochainement un texte au conseil des ministres. Le gouvernement prendra ensuite un arrêté, dans le cadre d’une révision générale de la liste des pesticides interdits.

Le produit est essentiellement vendu sous la célèbre marque Roundup du géant américain Monsanto. Le brevet étant passé dans le domaine public en 2000, l’herbicide est exploité par d’autres sociétés : Arysta, Barclay, Bayer, Cardel, Scotts, etc.

Le glyphosate est un herbicide non sélectif absorbé par les feuilles. Il est décrié à l’échelle internationale depuis plusieurs années par les associations de protection de la nature.

En 2007, Monsanto a été condamnée par le tribunal correctionnel de Lyon pour publicité mensongère relative au Roundup. La firme avait déjà fait l’objet d’une condamnation aux États-Unis pour le même motif. Depuis, il n’est plus possible pour Monsanto d’indiquer que le Roundup est un produit sans risque pour l’environnement.

Le glyphosate reste un herbicide très largement utilisé en Polynésie française, à hauteur d’environ 30 000 litres par an, aussi bien par les professionnels du secteur agricole que par les particuliers.

Il est en effet disponible dans tous les magasins et grandes surfaces de bricolage.

Principe actif du Roundup, le glyphosate fait pourtant l’objet d’une âpre bataille depuis son classement parmi les cancérogènes probables, en 2015, par le Centre international de recherche sur le cancer (agence de l’Organisation mondiale de la santé).

L’Efsa, agence européenne de la sécurité alimentaire, est arrivée à la conclusion inverse, mais des scientifiques et ONG ont dénoncé une évaluation “biaisée” car basée sur des rapports fournis par les industriels.

 

L’Europe timide, la France volontariste…

 

Les États membres de l’Union européenne ont voté, lundi, en faveur d’une nouvelle autorisation de l’herbicide pour cinq ans, après un vote favorable de 18 pays, dont l’Allemagne, neuf oppositions et une abstention.

La France a voté contre. “J’ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans”, a écrit le chef de l’État, Emmanuel Macron, quelques heures après la décision européenne.

De son côté, la puissante Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) a regretté que la France ait choisi de “faire bande à part”.

Dans l’Hexagone, les associations se sont déclarées scandalisées par la décision, estimant que l’Union européenne avait “balayé le principe de précaution et la santé du revers de la main”.

Le chimiste allemand Bayer, qui s’apprête à mettre la main sur son rival américain Monsanto, inventeur du glyphosate, a déploré cette décision de ne pas renouveler l’approbation du glyphosate dans l’Union européenne pour les quinze prochaines années.

Damien Grivois

 

 

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