Pays-Bas – L’Europe soulagée après la victoire des libéraux

    vendredi 17 mars 2017

    pays bas

    Le Premier ministre hollandais, Mark Rutte, a déclaré qu’il voyait cette élection comme “les quarts de finale d’un tournoi à cinq tours contre le populisme”, l’élection française constituant la demi-finale, et l’élection allemande, la finale. (Photo : John Thys/AFP)

    Les dirigeants européens se montraient soulagés hier au lendemain de la victoire aux législatives aux Pays-Bas du Premier ministre libéral Mark Rutte, dont le parti va commencer les négociations pour former un gouvernement, au détriment de l’extrême droite qui prend la deuxième place.

    Après avoir longtemps flirté avec l’idée de propulser le député anti-système Geert Wilders à la tête du gouvernement, les électeurs néerlandais ont opté pour la stabilité lors de ce scrutin attendu comme un baromètre de la montée du populisme en Europe en cette année de grandes élections à travers le continent.

    “Les gens se sont rendu compte qu’avoir quelqu’un à la tête de l’État qui sera compréhensif et essaiera de construire des ponts est bien plus important que quelqu’un qui tente de nous diviser”, a réagi Vikash Ramjanan, 33 ans.

    Selon des résultats compilés par la radio-télévision publique NOS, fondés sur la totalité des voix, le Parti populaire libéral et démocrate (VVD) de Mark Rutte est en tête, crédité à 33 sièges de députés.

    Avec 20 sièges, le Parti pour la Liberté (PVV) de Geert Wilders aurait gagné cinq sièges par rapport aux législatives de 2012, mais aurait progressé de huit sièges par rapport au parlement sortant, trois élus étant partis en cours de législature.

    Alors que la dirigeante du Front National Marine Le Pen devrait se retrouver au deuxième tour de la présidentielle en France en mai selon les sondages, ces résultats sont “une victoire du bon sens et un bon départ pour la saison électorale européenne”, a analysé Holger Schmieding, économiste en chef de la banque Berenberg.

     

    “La fascination est terminée”

     

    “La fascination pour les partis populistes de droite est terminée”, a déclaré le professeur Hajo Funke, de l’Institut des Sciences politiques Otto Suhr. “Les gens voient que Trump ne fait de bien ni aux États-Unis, ni à l’Europe.”

    Selon lui, les citoyens se sont aperçus de la “réaction en chaîne destructrice” que pouvait déclencher le populisme de droite à travers toute l’Europe.

    Le président français François Hollande a évoqué “une nette victoire contre l’extrémisme”, tandis que la chancelière allemande Angela Merkel, selon son porte-parole, s’est réjouie de “poursuivre une bonne collaboration en tant qu’amis, voisins, Européens”.

    Pour Geert Wilders toutefois, “le génie ne retournera pas dans la lampe”. Et sa voix ne pourra être ignorée alors qu’il devrait devenir le principal leader de l’opposition.

    Car il est peu probable que Mark Rutte s’allie avec le député, plusieurs partis dont le sien ayant exclu durant la campagne de collaborer avec lui.

    L’élu à la chevelure peroxydée s’est malgré tout dit prêt à gouverner. “Il est prudent de nous parler, parce que nous écarter, en tant que deuxième plus grand parti, ne serait pas une bonne idée”, a-t-il dit.

    Dans ce pays de coalitions, la ministre sortante de la Santé Edith Schippers (VVD), connue pour être la personne de confiance de Mark Rutte, a été désignée hier pour rencontrer les différents chefs de partis à propos de la formation du nouveau gouvernement. Celle qui a désormais endossé le rôle d’“éclaireuse” devrait remettre un rapport au sujet de ces discussions jeudi prochain lors de l’installation des députés.

    “Il est de coutume que le plus grand parti prenne la main dans la formation du gouvernement”, a annoncé la présidente de la chambre basse du parlement Khadija Arib.

    Il s’agit là de la toute première étape d’un processus qui devrait prendre plusieurs mois, comme l’a souligné lui-même hier le Premier ministre sortant, évoquant une “formation complexe”.

    Avec 19 sièges chacun, les chrétiens-démocrates du CDA et les progressistes de D66 sont des partenaires naturels pour les libéraux, mais une telle coalition aurait besoin de cinq sièges supplémentaires pour obtenir la majorité de 76 sièges.

     

    AFP

     

     

        Edition abonnés
        Le vote

        Recensement : Êtes-vous prêt à répondre à toutes les questions même intime malgré une garantie de l'anonymat ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete