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Le Pays pourrait couper les vivres du COPF

lundi 28 août 2017

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Le Comité olympique de Polynésie française emploie cinq personnes qui travaillent au siège au complexe de Fautaua. (© Benoît Buquet)


Le gouvernement du Pays menace ouvertement de ne plus payer la subvention de fonctionnement du Comité olympique de Polynésie française à partir de lundi. Le Pays avait demandé au COPF de modifier ses statuts et d’organiser des élections avant le 28 août. Tauhiti Nena a convoqué son assemblée générale le 6 septembre. L’assurance des athlètes a été payée jusqu’à la fin de l’année. En revanche, le paiement des employés du COPF serait compromis.

La tension monte encore autour du Comité olympique de Polynésie française, qui risque de perdre l’appui financier du Pays dès la semaine prochaine.

Le président du comité olympique, Tauhiti Nena, a convoqué une assemblée générale (non élective) mercredi 6 septembre pour modifier les statuts du COPF, a révélé Radio 1 sur son site internet jeudi soir.

Mais aux yeux du Pays, qui demandait une modification des statuts et de nouvelles élections avant le 28 août, il est déjà trop tard. Le directeur du service de la jeunesse et des sports, Anthony Pheu, nous a confirmé hier l’arrêt du versement de la subvention de fonctionnement du COPF après cette date.

“Si on n’a pas les choses dans les temps, je confirme que c’est ce qui est dans les tuyaux”, nous a promis sans ambiguïté Anthony Pheu au téléphone hier, en assurant que le courrier dans ce sens est prêt et n’attend plus que la signature d’Édouard Fritch. “Ils ont eu quatre mois pour nous répondre, c’est largement suffisant. Le Pays paie 98% du budget du COPF, il me paraît normal de pouvoir contrôler ce qui s’y passe”, a asséné le directeur du service des sports.

Le COPF perçoit une subvention annuelle de fonctionnement de 19 millions de francs, versée en douze mensualités, soit 1,6 million chaque mois. Ce budget paie notamment le salaire des cinq employés du COPF, dont l’avenir s’inscrira probablement ailleurs si le Pays met sa menace à exécution.

En revanche, l’autre subvention importante versée au COPF n’est pas remise en cause. Il s’agit d’un paiement de 25 millions de francs par an pour l’assurance de groupe pour les athlètes de toutes les fédérations sportives de Polynésie française. Inquiet, le président de la fédération de natation, Michel Sommers, s’est renseigné : “Cette assurance a été payée intégralement pour l’année 2017 et les sportifs licenciés dans les fédérations seront couverts jusqu’au 31 décembre”, nous a assuré Michel Sommers hier, seul président de fédération à accepter de s’exprimer avant l’assemblée générale.

 

Deux tiers des voix pour modifier les statuts

 

Tauhiti Nena, joint au téléphone par nos soins, il a préféré ne pas réagir à la nouvelle. “Nous avons été élus pour quatre ans. Il n’y a aucun problème au COPF. Nous en parlerons le 6 septembre”, s’est-il contenté de nous dire. Tauhiti Nena sait qu’il a peut-être dans sa manche un atout de poids. Le tribunal de Papeete se prononcera le 1er septembre, selon Radio 1, au sujet de la demande que le COPF a faite en référé pour obtenir l’annulation de l’arrêté du conseil des ministres (515-CM du 28 avril). Si le juge accède à sa requête, et même si le Pays fait appel, sa position reprendra du poids.

Le 6 septembre, une nouvelle AG du Comité olympique aura donc lieu. Ce sera la troisième en 2017 après celles du 21 janvier et du 28 juillet. Les présidents des 39 fédérations sportives ont reçu une convocation avec, à l’ordre du jour, la modification des statuts du COPF. “Ils auront les statuts dès lundi”, nous a assuré Tauhiti Nena hier.

La difficulté pour lui est de faire adopter ces nouveaux statuts par les deux tiers des 222 voix à l’assemblée générale. Les 39 présidents de fédérations possèdent chacun entre 3 et 10 voix, en rapport avec leur nombre de licenciés.

Or, l’ambiance n’est pas au beau fixe entre le président du comité olympique et les représentants de ces fédérations. Vingt d’entre eux avaient signé un courrier lors de la dernière AG le 28 juillet pour demander à Tauhiti Nena une assemblée générale dans les délais, soit le 28 août. Ils n’ont pas obtenu gain de cause.

Hors micro, les idées les plus folles sont envisagées, notamment celle d’une scission du COPF. “Ce serait une bêtise, il ne faut absolument pas en arriver là”, s’est exclamé hier Michel Sommers, de la fédération de natation. 

 

Benoît Buquet

 

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