Le Pays signe un nouveau protocole d’accord avec China Railway

    samedi 17 septembre 2016

    protocle

    Au-delà de ce protocole sur les énergies vertes, le géant chinois vise des marchés d’infrastructures, en lien avec le futur Mahana Beach, auquel il semble croire dur comme fer. (Photo : Marie Guitton)


    Les énergies vertes, avec en ligne de mire : encore et toujours le Mahana Beach…

     

    Le vice-président du groupe China Railway International, Zijian Wang, et le président du Pays, Édouard Fritch, ont signé, samedi dernier, un protocole d’accord sur les énergies vertes.

     

    Les conséquences de cette signature, intervenue à la présidence devant quelques centaines d’invités de la communauté chinoise, sont encore incertaines. “Les énergies vertes sont très importantes pour ce pays, qui est un pays magnifique”, s’est contenté de déclarer Zijian Wang, en confirmant que son groupe souhaitait “investir dans ce domaine qui a du potentiel”.

    China Railway, c’est un peu le Bouygues chinois, un gros constructeur d’infrastructures, a précisé Édouard Fritch. Ils viennent depuis un certain temps en Polynésie. Nous allons signer un protocole d’accord sur les intentions du groupe. C’est le début d’un très, très long processus.

    Le géant chinois ne cache toutefois pas son appétit. Outre les énergies renouvelables, China Railway, qui faisait déjà partie des investisseurs emmenés par la société Recas, et qui avaient signé, à la fin de l’année 2015, un protocole d’accord sur Tahiti Mahana Beach, serait fortement intéressé par la nouvelle mouture de ce projet, dont l’échelle a été revue à la baisse et qui devrait, cette fois, être porté par un conglomérat d’investisseurs locaux et étrangers.

    Figureraient également sur sa liste d’intérêts les routes, le port de Papeete ou l’aéroport de Faa’a, selon Édouard Fritch, qui avait déjà rencontré ses représentants au début de la semaine dernière. Ceux-ci auraient ensuite travaillé avec Albert Solia, le ministre de l’Équipement, et Jean-Christophe Bouissou, celui du Tourisme.

    Ils sont convaincus que pour développer le tourisme, il faut développer les infrastructures”, explique Teiva Raffin, le représentant et partenaire de China Railway au fenua. Les énergies vertes, quant à elles, colleraient avec les ambitions affichées par le Pays en termes de transition énergétique et constitueraient un bon argument “marketing” pour “vendre” la destination… D’où le protocole signé samedi dernier.

    Mais quels engagements, finalement, ont été pris ? “Concrètement, c’est de dire oui aux Chinois, de leur dire que nous sommes intéressés, puisqu’il faut bien voir…”, a simplement répondu le président du Pays.

     

    Lancer des études de faisabilité

     

    S’ils étaient réalisés, la totalité des projets listés par China Railway représenterait des centaines de milliards de francs d’investissement. “Mais je ne croirai ces chiffres que lorsqu’il y aura les permis de construire et qu’ils seront prêts à investir”, a lâché en riant le président du Pays. L’heure ne serait donc pas encore aux gros sous. “Il n’y a d’engagement que sur la volonté”, a répété Édouard Fritch, sans vouloir s’avancer.

    Une leçon tirée, sans doute, de l’échec de Recas à réunir, fin juin, les fonds nécessaires pour le Mahana Beach, version 1. Dans un communiqué publié hier, la présidence semble néanmoins vouloir rassurer sur la robustesse de China Railway : “Cette entreprise a été classée au 57e rang mondial, en 2016, par le magazine Fortune dans sa liste annuelle des 500 plus grandes sociétés au monde”.

    Mais est-ce à dire qu’elle injectera vraiment de l’argent au fenua ? “China Railway, quand elle se déplace, c’est pour quelque chose de concret, sinon elle ne se déplace pas”, souligne Teiva Raffin, qui parle de “très, très, très gros montants” en jeu. “Mais pour concrétiser les projets, ils ont besoin d’avoir plus de données pour savoir comment investir dans tel ou tel type d’opérations. C’est leur mode de travail.

    Fiscalité, propriété foncière… Le protocole d’accord signé samedi dernier permettra donc au groupe de lancer des études de faisabilité, qui devraient durer “entre trois et six mois”, si le Pays lui fournit “les documents complets”. 

     

    Marie Guitton

     

        Retrouvez dans notre édition du Lundi 19  septembre 2016 :       

    • Réactions : Édouard Fritch (Président de la Polynésie française) – “Il n’y a d’engagement
      que sur la volonté”  /  Teiva Raffin (Représentant et partenaire de China Railway au fenua) – “Pour développer le tourisme, il faut développer les infrastructures”  /  Ling Long (consul de Chine à Papeete) – “Ce mémorandum montre la volonté des investisseurs chinois”
    • Encadré : Un projet pour la pointe Tata’a ?
    • Encadré : Deux cent soixante-dix convives ont célébré la fête nationale chinoise à la présidence

     

     

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