Pearltech recycle les nucléus des rebuts

jeudi 29 janvier 2015

La société Pearltech possède un atelier agréé qui récupère les nucléus des perles invendables. Née en 2009, elle a commencé ses tests en 2012. La production démarre lundi prochain, elle est estimée à 10 kilogrammes de nucléus par jour.

La société Pearltech s’apprête à lancer une production originale : des nucléus issus non pas de la moule géante du Mississippi, comme c’est le cas d’habitude, mais de perles de rebut. Pour rappel, est considéré comme rebut une perle possédant des dépôts organiques ou des zones dévitalisées sur plus de 20 % de sa surface, ne présentant pas un aspect visuel lui permettant d’être codifiée ou ayant une couche de nacre inférieure à 0,8 mm entre le nucléus et la surface externe. Le rebut représente environ 15 % de la production de perles noires de Tahiti chaque année.
Les machines de Pearltech sont prêtes. Elles seront lancées dès lundi prochain, dans la matinée. Les premiers nucléus made in Tahiti sortiront dans les jours qui suivront. “Nous pensons fabriquer en moyenne 10 kilogrammes de nucléus par jour, soit 2 tonnes par an”, annonce Michel Yonker, le responsable de la production de Pearltech.
La perle de Tahiti est fabriquée par l’huître Pinctada margaritifera à partir d’un nucléus introduit. Le nucléus est une bille ronde de 5 à 15 millimètres conçu à partir de la coquille d’une moule géante du Mississippi. En 2013, 23 tonnes de nucléus ont été importées en Polynésie française.

Une ressource en déclin

Un sac de 357 grammes de nucléus de 3,2 BU (les tailles des nucléus vont de 1,6 à 5 BU) s’achète environ 5 000 F. Les sachets de nucléus de 5 BU peuvent se vendre jusqu’à plusieurs milliers de dollars. Mais ces tarifs ne sauraient durer. En effet, la moule géante du Mississippi n’est plus exploitée aux États-Unis depuis les années 2000 “car elle est devenue espèce protégée”, précise Michel Yonker. Les Chinois se sont saisis du marché, appauvrissant leur propre ressource. “D’ici quelques années, la matière première pour les nucléus se fera rare”, annonce Michel Yonker. Une situation à laquelle s’ajoute une augmentation du cours du dollar, monnaie d’échange pour les transactions. D’où l’intérêt d’une production locale de nucléus.

Des milliers de tests

La société Pearltech est une société privée née de la collaboration avec la direction des ressources marines. Prestataire de services, elle a vu le jour en 2009 et a permis l’investissement de 35 millions de francs. Ses premières expérimentations ont démarré en 2012. “Nous avons testé des milliers de perles avant d’obtenir des résultats”, rapporte Michel Yonker.
Pour l’instant, la société emploie cinq personnes, mais ce n’est qu’un début. “Le recyclage n’est qu’une étape”, Pearltech espère grandir et développer ses activités. La société cherche par exemple à valoriser la nacre obtenue après le crackage des perles. Réduite en poudre, elle pourrait trouver des débouchés dans le secteur de cosmétologie et/ou de la pharmacologie. K

De notre correspondante D.B.

 

La technique

Le recyclage commence par un tri. Celui des perles apportées par l’un des 460 perliculteurs de Polynésie. La matière première ne provient que des syndicats de perliculteurs et des perliculteurs individuels, les rebuts saisis au service de la perle sont toujours destinés à la destruction. Les perles de rebut qui arrivent chez Pearltech sont calibrées et préparées pour être envoyées vers les six crackeuses de l’atelier. Les crackeuses sont des machines fabriquées aux États-Unis. La méthode de recyclage des nucléus n’est pas nouvelle, elle a seulement été adaptée au contexte local. Le crackage est une étape qui consiste à faire tomber la nacre de la perle par pression mécanique. Les nucléus obtenus sont rectifiés, de façon à retrouver une sphéricité parfaite, puis polis et lustrés plusieurs fois. Finalement, ils subissent un traitement antibactérien écologique avant d’être reconditionnés.

    Edition abonnés
    Le vote

    Le Kitesurf :

    Loading ... Loading ...
    www.my-meteo.fr
    Météo Tahiti Papeete