Peau neuve pour le Musée de Tahiti et des îles

    mardi 12 janvier 2016

    Une subvention d’exploitation de 127 millions de francs vient d’être attribuée par le Pays au fonctionnement du Musée de Tahiti et des îles. Pour l’année 2015, le musée n’a eu que 21 millions de francs de recette, dont la quasi-totalité correspond à la vente des entrées. Avec une moyenne de 20 000 visiteurs par an, la direction du musée regrette que l’établissement ne soit pas plus mis en valeur par les acteurs du tourisme. Pour revaloriser le bâtiment vieux de 40 ans, de plus en plus boudé par les résidents du fenua, la direction du musée a le projet de le rénover et de créer une cinquième salle pour gagner en surface d’exposition. Un restaurant en bord
    de mer devrait également voir le jour.

    Cette année encore le Pays a attribué une subvention d’exploitation au fonctionnement du Musée de Tahiti et des îles de 127 millions de francs ; subvention qui reste stable depuis quelques années et qui permet de couvrir toutes les dépenses incompressibles de l’établissement : salaires, charges d’électricité, entretien du matériel ; et de le maintenir en vie.
    “Cette subvention ne couvre que le fonctionnement normal du musée, sans événements spéciaux. On est obligé de demander des subventions exceptionnelles pour monter des expositions temporaires”, précise Théano Jaillet, directrice de l’établissement.
    En termes de recettes, le tableau n’est pas très réjouissant : 21millions de francs seulement pour l’année 2015. Le musée est tributaire des entrées qu’elle enregistre. “On tourne autour des
    20 000 visiteurs par an. La moitié correspond à des entrées gratuites pour les scolaires et les étudiants… Pour le reste, on n’a pas un traçage précis des différents types de public. On sait qu’environ 7 000 billets sont vendus via des agences de voyage, donc à des touristes. Mais les autres, ce sont aussi bien des touristes que des locaux”, explique Théano Jaillet.
    Les recettes proviennent également de la vente de divers articles vendus à l’accueil du musée et de la location d’espace comme le jardin ou le patio.

    Point faible du musée : la communication

    Entre 21 millions de francs de recettes et 127 millions de francs de subvention, c’est le grand écart… À s’interroger d’ailleurs comment le musée peut perdurer dans ce contexte.
    “Un musée à l’origine, ce n’est pas fait pour gagner de l’argent. Mais on est dans une société où on demande de la rentabilité à tout le monde et aux musées également. Ce n’est pas seulement le cas à Tahiti, c’est le cas partout dans le monde”, se désole Théano Jaillet.
    Si la direction de l’établissement reconnaît que son point faible est la communication, elle regrette que le musée ne soit pas assez mis en valeur par les acteurs du tourisme.
    “Les tour-opérateurs n’emmènent pas forcément leurs touristes au musée. Au niveau de Tahiti Tourisme, on a une page sur leur site Internet, depuis fin 2015 seulement. Le musée devrait pourtant apparaître comme un des lieux phares de la Polynésie. Les gens en vacances au fenua viennent pour la culture polynésienne. Et pour moi, le musée, c’est la base. On peut aimer le ‘ori Tahiti, le tatouage, le surf…mais si on ne sait pas comment vivaient les anciens Polynésiens à l’origine, je pense qu’on passe à côté de pleins de choses”, explique Théano Jaillet.
    Côté transport, aucun bus ne s’arrête devant l’établissement… Plutôt décourageant pour les touristes.
    Pour revaloriser le bâtiment vieux de 40 ans, de plus en plus boudé par les résidents du fenua,
    la direction du musée a le projet de le rénover et de créer une cinquième salle pour gagner en surface d’exposition. Un restaurant en bord de mer devrait également voir le jour. Une enveloppe de 600 millions de francs financée par le Pays et l’État a été allouée à l’opération. Un projet d’envergure dans les esprits depuis 2005, mais qui n’a réellement été pris en main qu’en 2011 avec l’arrivée de Théano Jaillet à la direction du musée.
    “Ça prend du temps, parce qu’un projet de rénovation de musée se base sur un programme muséographique, c’est-à-dire qu’on ne fait pas un bâtiment pour après caler des choses à l’intérieur. On réfléchit d’abord à ce qu’on souhaite exposer et après seulement, on fait le bâtiment en conséquence”, souligne Théano Jaillet.
    Actuellement, le musée entre en phase d’études et un concours a été lancé auprès des architectes. Si tout se passe bien, la direction espère inaugurer l’intégralité du projet en 2017. 

    Élénore Pelletier

    Des œuvres contemporaines dans la collection permanente : une première !

    Depuis le 17 novembre 2015 et jusqu’au 21 février, le Musée de Tahiti et des îles accueille les œuvres de l’artiste contemporain Jean-Paul Forest, au sein même de sa collection d’œuvres permanentes.
    Cette démarche originale permet d’instaurer un dialogue esthétique entre deux univers culturels radicalement opposés et contribue ainsi à porter un autre regard sur les œuvres traditionnelles pré-européennes.
    “C’est la première fois que l’on fait rentrer de l’art contemporain dans l’exposition permanente. Nous avons choisi les œuvres de Jean-Paul, parce qu’il avait présenté un dossier depuis quelques années déjà et sa démarche est très intéressante. Il a également eu des expériences similaires dans d’autres musées”, explique Théano Jaillet.
    Si les retours des visiteurs ont été très mitigés, la direction du musée pense renouveler néanmoins l’expérience, si l’occasion se représente.
    “On a des gens qui trouvent cela scandaleux et d’autres qui trouvent cela formidable. Je pense que d’un point de vue d’ouverture d’esprit, cet événement est fort intéressant. Par ailleurs, c’est quelque chose qui se fait de plus en plus dans le monde”, explique Théano Jaillet.

     

    Expositions et manifestations en 2016

    Jusqu’au 27 mars : Des Écritures à l’écriture, exposition organisée par l’association Tenete et le Musée de Tahiti et des îles.
    Jusqu’au 21 février : Les œuvres de Jean-Paul Forest investissent la collection permanente du Musée.
    Du 12 au 24 avril  : Hoho’a 2016, exposition organisée par l’Association P16
    Du 14 mai au 11 juin : Les Poilus tahitiens, exposition organisée par l’association Les Polynésiens dans la guerre
    21 mai : La nuit des musées : le musée est ouvert et gratuit au public en nocturne.
    Du 17 au 30 juin : L’association des artistes contemporains d’Orama Studio présente son exposition.
    Du 15 septembre au 19 mars 2017 : Les Tiki des Marquises, exposition organisée par le Musée de Tahiti et des îles.
    Du 17 au 18 septembre : Journées européennes du patrimoine : visite gratuite de la salle d’exposition permanente et ateliers pour les enfants.

     

    Punu 2016-01-13 07:11:00
    Plusieurs visites sur la dernière décennie n'ont fait ressortir que peu, pour ne pas dire, pas de changement.

    Musée tel est son nom, figé dans le temps, depuis bien longtemps,.. continue son délabrement, jusqu'à la fin des temps......
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