Pêche aux ina’a – Filets pleins à l’embouchure de la Vai’iha

    mardi 11 août 2015

    Depuis une semaine, la pêche aux ina’a mobilise de nombreuses familles de pêcheurs. Vendredi dernier, ils étaient plusieurs dizaines à remplir leurs filets et leurs glacières à l’embouchure de la Vai’iha, à Faaone.  S’ils comptent bien profiter de cette ressource saisonnière, les pêcheurs sont soumis à de nombreuses contraintes.

    “Ina’a ! Ina’a !”, peut-on entendre résonner le long des routes du fenua depuis plusieurs jours, à grand renfort de klaxons.
    Aucun doute : les minuscules poissons, généralement consommés entiers, en beignet ou en omelette, sont bel et bien de retour.
    Une bonne nouvelle pour les pêcheurs et leurs familles, qui ne perdent pas une seule journée, afin de profiter pleinement de la saison qui s’annonce, guettant sans discontinuer les arrivées des bancs de ina’a, de la mer vers les embouchures des rivières.
    De ce fait, les équipes de pêcheurs sont très mobiles. En fin de semaine dernière, une vingtaine de 4×4, véhicules indispensables tant pour l’acheminement des glacières que pour l’accès aux zones de pêche, avaient investi la plage au niveau de laquelle la Vai’iha rejoint la mer, à Faaone.

    À chacun son rôle
    Pour cette pêche essentiellement familiale, à chacun son rôle. Côté mer, des palmes s’agitent à l’horizon : il s’agit des plongeurs, à l’affût des bancs de ina’a. À leur signal, le filet, dont les mailles sont aussi fines que celles d’une moustiquaire, est déployé afin d’encercler les poissons et de les capturer, en veillant à respecter le cycle de reproduction de l’espèce.
    “Quand les ina’a sont rouges, cela veut dire qu’ils viennent juste d’arriver, côté plage. À ce moment-là, on pêche pendant trois jours. Après, ils deviennent tout noirs, à cause du sable. On ne les prend plus et on les laisse aller dans la rivière, en prévision de l’année prochaine”, explique Ismaël Otare, en précisant que le bac, unité de calcul de référence, a plus de valeur lorsque les poissons sont encore rouges, étant plus savoureux.
    Le fruit de la pêche est ensuite déposé sur le bord de la plage, avant d’être chargé à bord des bennes des 4×4, dont le ballet se poursuit jusqu’à la rivière. Les ina’a y sont rincés et entreposés, maintenus en captivité dans les papare, viviers improvisés au moyen d’un simple filet.
    “Le principe, c’est que les ina’a restent vivants le plus longtemps possible, avant de les mettre en glacière”, ajoute Tevaite, venue aider ses frères ce jour-là. Quand vient enfin le moment de sortir les poissons de l’eau, plusieurs hommes sont mobilisés.

    Un trop-plein ?
    En ce début de saison, du côté de la Vai’iha, la pêche est bonne ; les filets, les bacs et les glacières semblent même déborder, ce qui, sur le long terme, risque de se révéler problématique lors de la revente. “Si c’est comme ça tous les jours, les clients n’achètent plus, parce qu’ils en ont marre. Et c’est quand il n’y a plus de ina’a que la demande repart ! Nous, on n’y peut rien, on fait avec la nature”, nuance Tevaite, mettant ainsi en évidence la dure loi du marché, celle de l’offre et de la demande.
    “On va là où l’on peut écouler : on doit tout vendre dans la journée, nous-mêmes ou à des revendeurs”, ajoute-t-elle, sans manquer de souligner que le bol, unité de mesure bien connue des consommateurs, longtemps affiché à
    300 F, est passé à 500 F, il y a deux ou trois ans, eu égard aux contraintes, tant physiques que matérielles, souvent oubliées.
    “Il y a toujours quelque chose à faire. Ce n’est pas un travail de fonctionnaire : il n’y a pas d’horaires”, insiste Tevaite.
    Malgré tout, pendant que les femmes s’occupent de stocker les poissons bien au frais, se chargeant parfois elles-mêmes de la vente, les enfants, à l’occasion de leurs derniers jours de vacances, ne manquent pas de prendre part à cette pêche coutumière.
    Les plus âgés d’entre eux en profitent pour se faire un peu d’argent de poche ; certains, comme l’espèrent tant leurs aînés, reprendront peut-être le flambeau, ou plutôt, les filets, armés de courage et de patience, faisant ainsi perdurer la tradition. K

    A.-C.B.

    Lire l’intégralité du reportage dans La Dépêche de Tahiti ou au feuilletage numérique

    tari 2015-08-12 08:17:00
    c'est une manne providentielle de courte durée qui profite à une population modeste...ça va les vendeurs de mangues c pire !! 200 cfp la mangue quoi ? il suffit pourtant de la cueillir et de la vendre en bord de route ! les vendeurs de poissons sont plus méritants !!
    TITI 2015-08-12 06:52:00
    Bonjour. Je ne suis pas pêcheur mais Je voudrais respecter le travail de toutes ces personnes.Qu'il fasse beau, qu'il pleuve ou qu'il vente ou qu'il fasse froid comme en ce moment ils sont dans la mer avec la houle au risque de casser leur matériel de pêche pour nous ramener du inaa. 500 F le bol pour le travail effectué n'est pas cher payé car sur ce prix, il faut amortir le matériel, le gasoil et partager entre les pêcheurs. Il n'y a pas d'horaires, pas de jours fériés.
    Si on regarde bien, le bocal de miel local coûte une fortune dans le magasin alors que ce sont les abeilles qui travaillent pour produire le miel.
    C'est une pêche saisonnière donc profitons-en pour en manger car il y en aura de moins en moins.
    Merci aux pêcheurs de inaa et bon courage
    julien 2015-08-11 16:37:00
    C'est clair les sachets en plastique sont de moins en moins remplis au fil des ans et toujours pour 500 xpf.
    On est maintenant à 500 xpf les 200 gr, soit environ 2500 xpf le kilo.
    A ce prix là je préfère acheter du thon rouge.
    Brado 2015-08-11 14:28:00
    Il faudrait que ces vendeurs de E'ina'a arrête d'arnaquer les clients.
    500frs le sachet, si cela ce n'est pas du vol, de plus ce sachet ne rempli pas un bol.

    hey , mea ma a tapea tu ta outou eina'a................
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