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Pêche aux Marquises : Félix Barsinas joue les médiateurs

lundi 16 octobre 2017

félix barsinas

Félix Barsinas : “Nous sommes soucieux tant de la protection de l’environnement que du développement de l’Archipel.” (Photo : Miwa Henry-Hiramatsu)


Le maire de Tahuata, Félix Barsinas, a tenu à rencontrer les opposants au projet “Toa Hiva”, mercredi dernier. Il a souhaité éclaircir certains points sur ce projet, au cours d’une rencontre constructive avec les représentants du collectif “Te Papua No Te Tai Moana O Hiva”. Félix Barsinas se rendra aujourd’hui sur Papeete pour défendre le projet et la vision de la Codim devant l’assemblée de la Polynésie française.

Félix Barsinas, maire de Tahuata, qui assume actuellement la présidence tournante de la Communauté de communes des îles Marquises (Codim), a tenu a rencontré les opposants au projet “Toa Hiva”, mercredi dernier, notamment les représentants du collectif “Te Papua No Te Tai Moana O Hiva”.

Ce collectif avait organisé la marche du samedi 7 octobre sur Hiva Oa, qui avait regroupé  au moins 200 personnes (600 selon les organisateurs), ainsi que 500 signataires sympathisants des îles de Tahuata et Fatu Hiva, manifestation la plus importante à ce jour dans l’archipel.

Le président de la Codim a souhaité éclaircir certains points qui, selon lui, entretenaient les fantasmes et les peurs sur ce projet, notamment le nombre de bateaux qui seraient sur zone, les visées de pêche sur la zone Clipperton, le type de pêche, la délimitation du zonage, ainsi que tout le volet emploi local et formation.

La rencontre s’est déroulée sans heurts et a permis un débat de fond.

 

Une seconde réunion

 

Le lendemain, Félix Barsinas  avait prévu une seconde réunion mais le collectif “Te Papua No Te Tai Moana O Hiva” organisait en même temps une réunion au quai de Tahuku pour résumer l’entretien de la veille.

Un seul opposant, John Fiu, était présent et a pu s’entretenir en tête à tête avec l’édile.

Se rendant sur Papeete aujourd’hui pour défendre le projet et la vision de la Codim devant l’assemblée de la Polynésie française, il a invité les manifestants à l’accompagner pour faire également entendre  leurs voix au plus haut niveau décisionnel.

À l’heure où nous publions, nous ne savons pas si les opposants ont répondu favorablement à l’invitation.

De notre correspondante Miwa Henry-Hiramatsu

 

pêche marquises

 

La réponse de la fondation Pew au courrier de la société Big Eye

Une réponse en appelant une autre, et pour clore le débat, la fondation Pew a souhaité répondre au courrier acide que la société Big Eye avait envoyé, la semaine dernière, pour  dénoncer la tenue d’un forum de protection des océans, ce qui, d’après elle, était une conférence orientée contre son projet.

“Nous tenons tout d’abord à préciser que nous n’avons jamais mené d’actions aux Marquises, explique la fondation. Nous avons concentré nos activités sur les Australes et les îles de la Société pour l’instant. Nous avons simplement réalisé une mission d’investigation à Nuku Hiva et Hiva Oa en juin, pour rencontrer les élus, les pêcheurs et la population locale pour se faire notre propre idée sur le projet de pêche annoncé. (…)  Depuis, la situation ne semble pas s’être améliorée ; nous lisons dans la presse que plus de 700 personnes ont manifesté pacifiquement à Hiva Oa et à Ua Pou pour s’opposer au projet. Mais la fondation Pew n’était pas impliquée dans ces manifestations qui ont été organisées par la population des Marquises.”

Le communiqué précise que l’association n’a “jamais incité au désordre”.

Attaquée sur les choix des scientifiques retenus pendant le colloque, la fondation Pew poursuit : “Nous tenons aussi à préciser que nous ne diffusons jamais de fausses informations ou de rumeurs. Toutes les données que nous publions ou citons sont vérifiées, référencées et issues d’organismes indépendants. Nous indiquons, par exemple, que le thon obèse (big eye) a perdu 84 % de sa population dans le Pacifique, selon la Communauté du Pacifique Sud et que la commission thonière WCPFC recommandait en 2015 de réduire l’effort de pêche de cette espèce de 36 % pour retrouver un niveau d’exploitation durable.

Le chiffre de 90 000 tonnes évoqué par la société Big Eye n’est en aucun cas un quota de prélèvement annuel potentiel ; il correspond à la biomasse totale estimée de thon en Polynésie française, à partir de données observées dans les années 1990.

Par ailleurs, les scientifiques qui ont participé à la conférence sur les océans que nous avons co-organisée récemment avec le CESC à Tahiti, sont des experts indépendants et reconnus au niveau international. Ils ne se sont pas prononcés sur le projet aux Marquises pendant cette conférence et ont uniquement présenté les grandes tendances internationales sur la pêche et les bénéfices des zones de protection.
Et leurs déclarations n’engageaient qu’eux; ils ne parlaient pas au nom de Pew.”

Le courrier de deux pages termine enfin en précisant : “Nous ne sommes pas opposés au projet de pêche industrielle aux Marquises. Nous sommes en accord avec la Fédération des associations de protection de l’environnement de Polynésie française qui recommande de prévoir aux Marquises une zone de pêche industrielle, une zone de pêche côtière pour les populations locales et une zone de protection au large pour la reproduction du thon obèse menacé.

Nous rappelons que l’Union internationale pour la conservation de la nature recommande une protection stricte d’au moins 30 % de chaque habitat marin pour permettre de continuer à exploiter durablement les ressources par ailleurs.

D’autre part, les labels de protection sont aussi générateurs d’emplois, comme le montre l’exemple de Fakarava où la fréquentation touristique a été multipliée par sept suite à l’inscription de l’île au patrimoine mondial de l’Unesco, il y a dix ans. (…)

Notre objectif est de défendre avant tout les intérêts des pêcheurs artisanaux et des communautés insulaires qui sont souvent désemparées face au déclin des stocks halieutiques mondiaux.

C’est un combat difficile et nous sommes souvent attaqués par les lobbies de la pêche industrielle, mais nous travaillons pourtant tous pour le même but : faire en sorte que les ressources marines soient préservées pour que les hommes puissent continuer d’en vivre. Nous sommes donc convaincus que nous pouvons dialoguer de manière apaisée et constructive pour trouver des bons compromis qui respectent les attentes de chacun.

Nous avons proposé une discussion avec la Société Big Eye pour éviter d’autres malentendus dans le futur.”

 

LDT

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