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La pêche aux trocas, une affaire de famille

mardi 22 novembre 2016

trocas

Tamatoa Li-Loi, en compagnie de son fils, Tamahere, de retour de plongée. (© Anne-Charlotte Bouleau)

 

La pêche aux trocas est ouverte depuis le 11 novembre, à Taiarapu-Est et Ouest, pour une durée d’un mois. À Toahotu, Tamatoa Li-Loi et sa famille y participent pour la seconde fois, en s’appuyant sur une organisation bien rodée, où chacun a sa place. En attendant la vente officielle des coquilles, la vente de la chair permet de couvrir les frais d’essence et les repas de l’équipe.

 

Autorisée pour une durée d’un mois, la pêche aux trocas a débuté il y a une dizaine de jours à Taiarapu-Est et Ouest. À Toahotu, plusieurs familles de pêcheurs s’attellent quotidiennement à l’ouvrage. Sur le boulodrome situé à proximité de Puunui, Tamatoa Li-Loi,
47 ans, et son équipe collectionnent déjà plusieurs milliers de coquillages, grâce à une organisation bien rodée.

“Nous sommes trois plongeurs : Tamahere, mon fils, un de ses amis et moi-même. Sur terre, un oncle prépare le feu, pendant que mon filleul rassemble les trocas pour les cuire.
Il faut ensuite sortir le ma’a et gratter les coquilles, puis les rincer au kärcher, à l’intérieur et à l’extérieur, avant de les mettre à sécher sur des tôles. La chair est nettoyée par les femmes, qui s’occupent de la vendre”, précise-t-il.

Si les rôles des hommes et des femmes semblent bien distincts, cela n’empêche pas les uns et les autres de s’entraider lorsque cela est nécessaire. “Il y a toujours quelque à chose à faire”, ajoute Tamatoa Li-Loi.
Mordu à la main par une murène, le père de famille a momentanément arrêté de plonger. Il assure actuellement le transfert des précieux coquillages depuis le point de pêche jusqu’à son domicile à l’aide de son petit bateau à moteur.

La récolte est stockée dans une cage immergée, le but étant de ne sortir les coquillages qu’au moment de la cuisson, en vue d’éviter d’en gaspiller la chair, bien utile puisque sa vente permet de couvrir les frais d’essence et les repas.

 

Sept tonnes en 2014

 

Hier, le binôme de jeunes plongeurs était à pied d’œuvre dans le lagon bordant la plage de sable blanc, comme plusieurs autres équipes. “Il y a du monde qui vient par ici, car le récif est facilement accessible. Les trocas se cachent sous les coraux, là où se brisent les vagues. Mais il faut parfois plonger jusqu’à six ou sept mètres pour en trouver”, explique Tamatoa Li-Loi, qui ne pense pas renouveler son record de 2014.

“On avait ramassé sept tonnes, pour 1,75 million de francs, en privilégiant la qualité A. Cette année, on ne pourra pas en faire autant. On espère faire 2,5 tonnes. C’est presque trois fois moins, mais ce sera suffisant”, confie-t-il.
Pour cette seconde participation, l’équipe dispose effectivement de moins de plongeurs, trois contre sept auparavant. Il y aurait aussi moins de trocas que lors de la précédente campagne. “Il aurait peut-être fallu attendre plus longtemps avant de retourner à la pêche ?”, s’interroge Tamatoa Li-Loi, qui veille à respecter le diamètre imposé par la réglementation (entre 8,5 et 11 cm).

Malgré les doutes, chaque jour, les plongeurs sont à l’eau dès 6 heures et remontent en moyenne 100 kg de trocas à la surface, soit l’équivalent de deux sacs.
Le jour de l’ouverture de la pêche, l’équipe aurait rempli une vingtaine de sacs, pour un total d’une tonne !

À l’approche des fêtes de fin d’année, les participants, dont beaucoup de jeunes, sont particulièrement motivés, malgré l’ampleur de la tâche jusqu’à la vente officielle des coquilles, qui devrait intervenir après la fermeture de la pêche, au cours de la deuxième quinzaine de décembre. 

A.-C.B.

 

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Une équipe féminine qui ne passe pas inaperçue

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(© Anne Charlotte Bouleau)

Toujours à Toahotu, Tetu Tavi, 28 ans, Naila Revae, 47 ans, et Mahealanie Tane, 19 ans, ont uni leurs forces dès l’ouverture de la pêche. Assurant à la fois le ramassage et le nettoyage, elles ne manquent pas de susciter l’admiration de leurs homologues masculins. “Normalement, nous sommes quatre. Pour la plupart d’entre nous, c’est une première ! On n’a pas de travail, donc on a voulu profiter de l’occasion. Les temps sont durs : même en étant bachelière, ce n’est pas toujours facile de trouver un emploi. Nos hommes sont tous au travail, donc on se débrouille”, lance la benjamine de l’équipe. Loin de manquer de courage, les quatre plongeuses peuvent tout de même compter sur leurs compagnons pour les aider à transporter les sacs de coquillages. Pour un coup d’essai, elles assurent ne pas s’être fixées d’objectif. “On prend ce qu’on nous donne !”

 

Yvette Li-Loi, 45 ans : “Si la chair est bien propre, ça se vend très bien”

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(© Anne-Charlotte Bouleau)

“On avait déjà participé à la pêche aux trocas il y a deux ans, donc on a l’habitude. Mon tonton se charge de les cuire. Une fois sortis de l’eau, on s’occupe de les nettoyer, pour ventre le ma’a au bord de la route. Si la chair est bien propre, ça se vend très bien. Le sac de 2 kg est à 500 F. Ҫa nous permet de payer l’essence et les repas pour tout le monde. En général, ce sont les Chinois et les Tahitiens qui apprécient les trocas. À chacun sa façon de faire : dans le taioro du dimanche ou en carry. Moi, franchement, je n’en mange pas ! (rires)”

 

Tamahei Li-Loi, 18 ans : “Ce n’est pas un travail facile, mais on est tous motivés”

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(© Anne-Charlotte Bouleau)

“Il m’arrive de plonger. Si mon frère, Tamahere, ne peut pas y aller, je le remplace. En général, j’aide plutôt pour le nettoyage. Ma mission, après la cuisson, c’est de gratter les coquilles, puis de les passer au Kärcher. Le but, c’est qu’elles soient jolies et propres, avant de les faire sécher. C’est l’occasion de me faire un petit salaire. Ce n’est pas un travail facile, mais on est tous motivés et on s’entraide. Pour l’instant, je me concentre sur ça, en attendant de passer les tests pour m’engager dans l’armée.”

 

Propos recueillis par C.T.

 

(© Anne-Charlotte Bouleau)

L’équipe collectionne déjà plusieurs milliers de coquillages. (© Anne-Charlotte Bouleau)

Les coquilles sont grattées à l’aide d’un couteau, puis passées  au Kärcher, dans un souci d’esthétique et de propreté. (© Anne-Charlotte Bouleau)

Les coquilles sont grattées à l’aide d’un couteau, puis passées au Kärcher, dans un souci d’esthétique et de propreté. (© Anne-Charlotte Bouleau)

Quelques coups bien orientés après la cuisson et l’animal sort enfin de sa coquille. (© Anne-Charlotte Bouleau)

Quelques coups bien orientés après la cuisson et l’animal sort enfin de sa coquille. (© Anne-Charlotte Bouleau)

Dix minutes dans l’eau bouillante suffisent. (© Anne-Charlotte Bouleau)

Dix minutes dans l’eau bouillante suffisent. (© Anne-Charlotte Bouleau)

En plus du nettoyage  des coquilles, les femmes  se chargent de préparer la chair pour la vente. (© Anne-Charlotte Bouleau)

En plus du nettoyage des coquilles, les femmes se chargent de préparer la chair pour la vente. (© Anne-Charlotte Bouleau)

 

 

 

 

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