Pêche hauturière – “Une aide à l’investissement est indispensable”

    mercredi 27 avril 2016

    Armateur, mareyeur, exportateur et directeur général de Vini Vini, Yann Ching est forcément très concerné par le futur schéma directeur de la pêche hauturière qui devrait être mis en application d’ici le mois d’octobre. Avant cela, les professionnels
    du secteur ont été consultés lundi pour savoir comment ils voyaient se développer la filière et quelles stratégies ils souhaitaient voir le Pays soutenir.

    Quel message avez-vous souhaité faire passer au ministre de l’Économie bleu, Teva Rohfritsch, sur le développement de la pêche ? Est-ce que, selon vous, cela est souhaitable et possible ?
    Tout à fait, l’objectif ici est de trouver un équilibre entre le développement économique et le développement de la ressource. Bien évidemment, nous autres armateurs, nous sommes parfaitement conscients qu’il faut préserver la ressource pour avoir une activité durable.
    Aujourd’hui, nous pêchons autour de 6 000 tonnes par an, nous pensons que faire le double est totalement faisable. Donc, dans les dix prochaines années, nous allons essayer de produire les 6 000 tonnes supplémentaires sans porter atteinte à la ressource puisque les scientifiques, dans leurs différents rapports, ont montré que nous pouvons pêcher entre 12 000 et 15 000 tonnes de poissons dans notre zone économique exclusive.

    Que signifie concrètement pour vous cet objectif ? Que vous allez acheter de nouveaux bateaux et embaucher de nouveaux pêcheurs dès à présent ?
    Bien évidemment, nous sommes pour le développement de la filière. Je crois qu’aujourd’hui, on est dans l’urgence de créer des emplois. La filière a été porteuse d’emplois depuis cinq années maintenant et je pense que nous devons continuer dans ce sens-là. Bien évidemment, notre entreprise souhaite se développer via cette stratégie pour la pêche.

    Et avez-vous besoin que le Pays mette en place ce schéma pour vous développer ?
    Nous avons en tout cas besoin d’un soutien à l’investissement, notamment si nous devons faire des constructions locales, ce qui est notre objectif puisque la priorité, c’est l’emploi local.
    Effectivement, à cause du prix de la main-d’œuvre et l’éloignement pour importer les matériels, les thoniers construits ici coûtent cher par rapport à une exploitation durable au niveau économique.
    Une aide à l’investissement est totalement indispensable pour avoir une exploitation saine dans le futur.

    L’aide du Pays est-elle nécessaire sur d’autres points ?
    Bien sûr, un développement ne peut pas se faire comme cela. Nous attendons aussi beaucoup de choses annexes, notamment les infrastructures, que ce soient les ateliers de mareyage pour la commercialisation, une rénovation du port de pêche et peut-être aussi de l’aéroport par rapport aux exportations. S’il y a un développement, il faut remettre tout cela aux normes. Nous attendons aussi un toilettage du statut de marin pêcheur qui nous permettrait d’être beaucoup plus performants. Nous attendons un accompagnement par rapport à la formation. Des textes sur les titres à la pêche ont été votés en 2014, maintenant il faut mettre en place ces formations pour obtenir ces titres. Cela met quand même du temps à se mettre en place, et cela ne va pas se faire du jour au lendemain. Ce développement doit se faire pas à pas, et nous en sommes parfaitement conscients. 

    Propos recueillis par F.C.

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