Peinture – KNKY à la galerie Winkler jusqu’au 10 novembre : Le changement, c’est maintenant

    jeudi 29 octobre 2015

    Nouveau. Issu de la nouvelle génération, celle des HTJ, Tahe et autres, Philippe alias KNKY, expose lui aussi mais chez Winkler. Quarante-trois ans, imprimeur depuis,  déjà 30 ans (il a fait sa première commande à 14 ans) et 15 ans de fenua, KNKY (prononcez Kanaky, papa calédonien, maman vietnamienne), débarque pour sa première exposition personnelle à la galerie Winkler dès ce soir pour son vernissage. Fan de street art et d’art contemporain, sa technique est mixte, peinture et collage. Il présente une trentaine d’œuvres, rue Jeanne d’Arc, toutes découlant d’un univers hétéroclite, de Paul Gauguin à Jeff Koons, des univers “qu’il s’approprie”.
    On y voit aussi Warhol et le Surfeur d’Argent. On peut croiser tous les univers, c’est de l’appropriation mais, le fil conducteur, ce sont les métiers de l’imprimerie, dit-il. Il recycle les encres, les papiers, le matériel de stickers qu’il imprime depuis de longues années à Tahiti, principalement pour les touristes avec son entreprise, Tahitian designs. “Ce que j’imprime pour eux, c’est très cliché”, confie-t-il. Mais il laisse libre court à son côté créatif qui lui fait pousser les barrières, ses limites.
    “L’imprimerie, c’est précis. Sur une toile, je peux tâcher, décaler les couleurs. C’est un hommage à l’imprimerie, mais aussi à Gauguin, les tiki, le surf”.
    Local ou d’argent… Son Silver Surfer, par exemple, qui revient dans plusieurs de ses grandes toiles, a occasionné de nombreux tirages, qu’il a ensuite collés dans la rue. S’ils ont été vandalisés depuis, il leur donne à nouveau vie pour cette exposition. “Selon l’encre prise, l’excédent ne peut plus être utilisé, alors j’imprime toutes les épreuves que je peux avec, et je garde le meilleur pour un collage, le reste dans la rue ou pour les affiches”, précise-t-il.
    Imprégné de culture US, KNKY est allé découvrir sur place cet univers et son imaginaire. Il a retrouvé là-bas des éléments racontés par son papa, alors qu’il n’était encore qu’un enfant en Nouvelle-Calédonie, laquelle a été occupée par les forces américaines lors de la Seconde Guerre mondiale.
    KNKY a eu la chance d’être découvert par Sony, qui possède une grande galerie d’art contemporain au Japon ainsi qu’une grosse plate-forme Internet d’achat d’art. Dans Surf culture, un livre sur le monde du surf, on retrouve KNKY – tagué forcément sur les murs de Nouvelle-Calédonie -, on apprend que l’artiste, Philippe de son vrai prénom, a exposé à Biarritz, Tokyo, San Diego avec son surfeur. “C’est plus lui qui voyage… s’amuse-t-il. Ici, ce sont de nouvelles pièces pour l’exposition, seule une dérive qui raconte que  l’histoire du surf a voyagé”.
    Et bien évidemment, KNKY a décliné, ses appropriations sur stickers et t-shirts, ses métiers premiers. On en revient toujours à ses premiers amours.

    Christophe Cozette

    KNKY à la galerie Winkler, jusqu’au 10 novembre, entrée libre. Vernissage ce soir, 18 heures.

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