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Pékin s’attaque aux faux pas diplomatiques des entreprises

jeudi 8 février 2018

dalaï lama

En citant le dalaï-lama sur Instagram, Mercedes-Benz a déclenché une tempête en Chine. (En citant le dalaï-lama sur Instagram, Mercedes-Benz a déclenché une tempête en Chine.)

En citant le dalaï-lama sur Instagram, Mercedes-Benz a déclenché une tempête en Chine : après Marriott, Zara ou Muji, c’est la dernière société étrangère en date à subir les foudres de Pékin pour des faux pas sur le Tibet, Hong Kong ou Taïwan, sujets sensibles pour le régime communiste.

Au cœur de la nouvelle polémique, un message apparemment inoffensif que le constructeur allemand a publié lundi sur le réseau Instagram, avec le cliché d’une luxueuse berline en bord de mer. « Regardez une situation sous tous les angles, vous deviendrez plus ouvert ! », indiquait Mercedes, attribuant explicitement l’épigramme au dalaï-lama, le chef spirituel tibétain.

Alors même que l’accès à Instagram est bloqué en Chine, le message a aussitôt déclenché des réactions furieuses, au ton très nationaliste sur les réseaux sociaux chinois.

Le dalaï-lama, Prix Nobel de la paix, est la bête noire de Pékin, qui fustige ce « loup en robe de moine » « séparatiste », même si l’intéressé, réfugié en Inde, assure ne demander qu’une autonomie accrue pour la région chinoise du Tibet.

Face à la controverse, Mercedes a promptement retiré d’Instagram le message litigieux, avant de publier mardi de plates excuses en mandarin sur la plateforme chinoise de microblogs Weibo. « Nous sommes conscients d’avoir blessé les sentiments du peuple » chinois, a-t-il indiqué, se disant « profondément désolé » d’avoir « publié des informations extrêmement incorrectes » et déterminé à « approfondir (sa) connaissance de la culture chinoise ».

Mercedes-Benz ne peut se permettre de s’aliéner la Chine, son premier marché, où ses ventes ont bondi de 26 % l’an dernier.

En dépit de ses excuses, il faisait encore l’objet, hier, d’un éditorial au vitriol du Quotidien du Peuple, porte-voix du Parti communiste au pouvoir : « Mercedes-Benz, vous vous êtes fait un ennemi du peuple chinois ! ». Le texte critique aussi les entreprises étrangères qui « tirent de l’or » de la Chine sans respecter son peuple.

Depuis plusieurs semaines, une série d’entreprises occidentales sont montrées du doigt pour avoir ignoré la ligne officielle de Pékin sur sa souveraineté, qui s’étend aussi bien au Tibet, région sous sa tutelle depuis 1950, qu’à Hong Kong, ex-colonie britannique douée d’une large autonomie, et à Taïwan, île de facto indépendante mais revendiquée par Pékin.

Les artistes ont appris de longue date ce qu’il coûtait de franchir les lignes rouges. Le groupe de rock britannique Placebo a annoncé l’été dernier avoir écopé d' »une interdiction à vie » à se produire en Chine… après avoir posté sur Instagram une photo du dalaï-lama.

La communication des entreprises est tout autant scrutée.

Mi-janvier, les autorités shanghaïennes ont fermé temporairement le site Internet en mandarin du groupe hôtelier Marriott, où, au sein d’un questionnaire en ligne, il présentait le Tibet comme un pays distinct. Marriott a fait amende honorable… avant d’aggraver son cas, l’un de ses comptes Twitter à l’étranger ayant « aimé » un tweet d’une organisation soutenant l’indépendance du Tibet, ce qui lui a attiré de nouvelles remontrances.

 

 

AFP

 

 

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