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Il percute un piéton sous ice qui zigzague sur la route

lundi 9 septembre 2019

(© Florent Collet)

(© Florent Collet)

Son véhicule avait fait l’objet d’un appel à témoins, en novembre 2018, et ce n’est qu’en mars que G.M. a enfin pu s’expliquer sur les faits qui lui ont valu de comparaître devant le tribunal correctionnel, vendredi dernier.

Il est 21 h 45 lorsqu’il circule de Papeari vers Papeete. Il l’a reconnu, il avait bu trois canettes de bière dans l’après-midi et fumé du paka “un peu”. S’il a indiqué aux gendarmes qu’il “roulait vite, environ 100 km/h”, à la barre il fait marche arrière. “Je devais être à 60 ou 70 km/h”.

Au même moment, R.A. est avec des amis à la source du Vaima. Il a bu, fumé du paka et de l’ice, et s’énerve rapidement quand ses comparses refusent de le ramener sur Papeete.

Qu’à cela ne tienne, l’esprit embrumé, c’est en courant qu’il décide de rejoindre la capitale. Il s’engage alors, selon les témoins, dans une course folle, en zigzag sur la chaussée.

“Quand je l’ai vu, j’étais à 100 mètres de lui”, a expliqué G.M. aux gendarmes. Il ralentit s’écarte de la trajectoire de R.A., mais celui-ci revient d’un coup sur ses pas.

Le choc est inévitable. R.A. est projeté une dizaine de mètres plus loin. Il se réveillera au service réanimation de l’hôpital, après deux semaines dans le coma, sans aucun souvenir des faits.

 

“Je pensais avoir percuté un chien”

 

Malgré le choc, G.M. ne s’est pas arrêté. “Je ne pensais pas être fautif”, expliquera-t-il d’abord aux gendarmes. “Je ne me suis pas arrêté parce que j’ai vu une bagarre à la source. J’ai pensé qu’ils allaient s’en prendre à moi”, a-t-il ensuite évolué.

À la barre, il livre une nouvelle version. “Sur le coup, j’ai paniqué.” Et encore une autre explication lorsque le juge cherche à en savoir plus. “Je pensais avoir percuté un chien.”

Le juge s’irrite de cette versatilité. “Pourquoi m’avez-vous menti, il y a deux secondes ?”

L’homme de 39 ans baisse la tête, réfléchit un moment et préfère se taire, faute de trouver une réponse.

En plus des 12,9 millions de francs que la CPS réclame à son assurance, l’avocat de la victime demande une provision d’un million de francs dans l’attente qu’une expertise médicale détermine le préjudice de son client.

Il désamorce par avance les arguments de la défense du conducteur, qui voudrait limiter le montant à verser à la victime en raison de son comportement fautif.

“La jurisprudence est très claire. Pour que cela soit applicable, il faudrait que la victime ait voulu se faire mal.”

C’est en effet la thèse défendue par l’avocate de G.M. après les réquisitions du procureur demandant un an de prison avec sursis avec une mise à l’épreuve de deux ans, la suppression de son permis et une amende de 40 000 F.

Le délibéré sera rendu le 27 septembre. En sortant de la salle, G.M. croise le regard de R.A., qui lui sourit et lui serre la main.

 

FC

 

 

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