Le père d’une adolescente harcelée sort du silence

    mardi 6 septembre 2016

    harcèlement

    Malgré le rappel à la loi dont elle a fait l’objet, la harceleuse
    est venue intimider la victime dans son lycée. (Photo d’illustration : Florent Collet)


    TÉMOIGNAGE – Sa fille de 15 ans est intimidée et menacée à l’école et sur Internet

     

     

    “Nous avions déjà eu un accrochage, il y a deux ans, avec cette fille qui était dans la classe de ma fille lorsque nous sommes arrivés ici en Polynésie”, explique Gérard, le père de Fiona (prénoms d’emprunt), qui a aujourd’hui 15 ans.

    “Elle avait emprunté la casquette de ma fille et ne voulait pas la rendre.

    Je l’avais jointe par téléphone, elle m’avait raccroché au nez. J’ai eu la mère, elle m’avait incendié.

    Je l’avais menacée de porter plainte, elle s’était mise à pleurer, mais nous n’avons jamais revu la casquette.”

    C’était le premier épisode de relations plus que détestables entre deux collégiennes, filles d’expatriés installés pour quelques années au fenua.

     

    L’année suivante, tout semble se passer plutôt bien jusqu’à ce que Gérard reçoive l’appel d’une connaissance lui demandant si sa fille se fait suivre à la sortie de l’école.

    Le père de famille pense qu’il s’agit d’une erreur, mais à peine interroge-t-il sa fille que cette dernière confirme et craque complètement.

    Être suivie à la sortie du collège n’est qu’une partie émergée de l’iceberg.

    Cela fait suite à des menaces et des intimidations de celle qui lui avait emprunté définitivement sa casquette et l’une de ses copines.

    Des menaces verbales et aussi virtuelles, mais pour le moins blessantes. Ici ,une page Facebook avec la photo de Fiona  à l’intitulé faisant état de son manque de vertu.

    Un autre jour, sur sa page Facebook, l’agresseuse prévient sa victime en promettant de lui casser le nez.

    “Quand elle m’a dit ça, ma fille a craqué, elle a dit qu’elle n’en pouvait plus.

    Elle s’est enfermée dans la salle de bain. Elle était prête à faire une bêtise. Elle était épuisée psychologiquement. Les intimidations étaient gratuites et continuelles.”

    Fort heureusement, la jeune fille, qui a répondu poliment aux attaques, a eu la présence d’esprit de faire des captures d’écran de chacune des menaces.

    En même temps, Gérard apprend que les parents des deux filles qui nuisent à sa fille sont, eux aussi, connus pour avoir des soucis et font l’objet de plaintes des voisins de leurs quartiers.

    Faute de pouvoir être entendu par les parents, le père de Fiona décide de porter plainte et d’alerter les services sociaux et le système éducatif.

    Sa fille, les agresseuses et le principal du collège sont entendus par la police. Les deux filles font l’objet d’un rappel à la loi.

    Un sérieux avertissement, mais qui ne suscite pas de réaction particulière des parents des deux adolescentes incriminées.

    “Si mon enfant est inquiétée par la justice pour des faits comme cela, avec un rappel à la loi, je contacte les parents, je fais une lettre d’excuse”, confie, amer, le père de famille qui croyait en avoir fini, même si sa fille est encore suivie par un médecin.

    Mais la semaine dernière, alors que Fiona est désormais au lycée, l’une des agresseuses s’est rendue dans son établissement alors qu’elle n’y est pas inscrite.

    Elle écrit également aux amis de Fiona pour leur demander de faire des faux témoignages ou pour dénier les histoires de l’an passé.

    “En atteignant ses copines, elle veut atteindre Fiona.

    Et elle vient la narguer au lycée”, relate le père.

    Le proviseur en a été avisé et le père s’apprête à déposer une nouvelle requête auprès du procureur.

     

    S’il a contacté La Dépêche de Tahiti, c’est avant tout pour appeler les parents à la vigilance.

    “Cela s’arrêtera peut-être avec Fiona, mais elles recommenceront avec une autre tant qu’une sanction lourde ne tombera pas et que leurs parents ne seront pas vraiment sensibilisés.

    Plus généralement, il faut que les parents dialoguent avec leurs enfants s’ils remarquent un changement de comportement ou que l’enfant se renferme.

    Parfois, avec une tierce personne, cela est plus facile de se confier.

    Nous, nous sommes tombés des nues, cela faisait un an et demi que cela durait.

    Elle disait qu’on l’embêtait, mais, pour nous, ça n’allait pas plus loin.

    S’il y a quelque chose, il ne faut pas attendre, il faut tout de suite aller déposer plainte.”

     

    F.C.

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