Le père Jean-Pierre Cottanceau nommé archevêque de Papeete

    vendredi 16 décembre 2016

    jean-pierre cottanceau

    Le père Jean-Pierre Cottanceau possède un doctorat de théologie. (© DR)


     

    S’il attendait la nouvelle depuis un moment, le père Jean-Pierre Cottanceau vient d’être officiellement nommé archevêque du diocèse de Papeete par le pape François. Il succède à monseigneur Hubert Coppenrath, qui avait laissé la place vacante depuis sa démission, en 2011. L’homme d’Église se dit très fier et honoré de cette responsabilité.

     

     

    À quelques jours de Noël, le Vatican a annoncé une décision très attendue. Ainsi, hier matin, le pape François a nommé l’administrateur apostolique de Papeete, le père Jean-Pierre Cottanceau, nouvel archevêque du diocèse de Papeete.

    Il remplace Hubert Coppenrath, qui avait démissionné le 31 mars 2011, à 80 ans. Depuis cette date, il n’y avait pas d’archevêque pour le diocèse de Papeete.

    Pour assurer une sorte d’intérim durant ces plus de cinq ans de vide apostolique, le pape avait nommé des administrateurs, à l’image de monseigneur Pascal Chang Soi, qui est aujourd’hui évêque de Taiohae, à Nuku Hiva. Quant à monseigneur Hubert Coppenrath, il est devenu archevêque émérite et continue à officier de temps en temps des messes, notamment aux Tuamotu, par manque de prêtres catholiques.

    Le nouvel archevêque de Papeete, Jean-Pierre Cottanceau, a été curé de la paroisse Sacré-Cœur de Arue pendant dix ans. Il y a laissé son empreinte et, aujourd’hui, les fidèles sont heureux de le voir nommé archevêque de Papeete.

    “Je connais bien le père Jean-Pierre Cottanceau. Il est agréable de l’écouter parler. Il le fait d’une façon sincère. Il dit ce qu’il pense mais ne critique pas les gens derrière leur dos. S’il n’est pas d’accord, il le dit ouvertement, et s’il est d’accord, il confirme ce que tu as fait pour l’église. Je pense qu’il fera un bon archevêque. Merci Seigneur de l’avoir nommé à ce poste à responsabilité”, témoigne la responsable du groupe de l’Union des femmes catholiques à la paroisse Sacré-Cœur de Arue, Mila Teikitohe.

    Une messe est prévue pour son installation, dont la date reste encore à définir, mais il sera déjà possible de le voir officier lors de la messe de minuit de Noël, à la paroisse Maria no te Hau.

    Cette messe sera retransmise à la télévision au fenua par Polynésie 1ère et en métropole et dans les outre-mer grâce à France O.

    De notre correspondant J.H.

     

    Monseigneur Jean-Pierre Cottanceau, nouvel archevêque du diocèse de Papeete : “J’espère être digne de la responsabilité qui m’est confiée”

    jean-pierre cottanceau

    (© John Hiongue/LDT)

     

    Quel est votre sentiment par rapport à votre nomination à la tête de l’archidiocèse de Papeete ?
    C’est une grande responsabilité qui m’est confiée et j’en suis très fier et très honoré.

    J’ai accepté cette nomination, d’abord pour l’Église de Polynésie, et pour tous les gens qui habitent au fenua, car c’est pour eux que j’ai accepté de devenir le nouveau pasteur de cette Église, pour le bien de tous.

    Je suis donc très honoré que cette responsabilité me soit confiée et j’essaierai de faire mon possible pour être à la hauteur de la confiance qui m’a été faite par le Saint-Père et par l’Église.

     

    Faut-il vous appeler monseigneur maintenant ?
    Je crois que c’est l’usage dans l’Église d’appeler monseigneur ceux qui sont en charge d’un diocèse, mais j’aimais bien le titre de père qui me parlait davantage. Mais je me conformerai à l’usage en acceptant que les gens m’appellent monseigneur.

     

    Mais on pourra toujours vous appeler père ?
    Oh ben oui ! Il ne faut pas s’en faire pour ça !

     

    Est-ce que c’est une fonction à laquelle vous aspiriez ?
    Non, je n’y aspirais pas du tout. J’ai consacré ma vie au Seigneur pour être prêtre, ensuite on m’a demandé d’être administrateur apostolique.

    Mais je n’avais aucune prétention, aucun plan de carrière qui m’aurait fait prétendre à ce titre-là. Vous savez, quand on reçoit une responsabilité pareille, en tout cas pour moi, je la vis comme un choix qui a été fait, mais je n’ai jamais fait candidature ou quoi que ce soit. Ce n’est pas du tout dans mon esprit. Je suis disponible pour servir là où l’on me demande.

    L’Église me demande de servir à ce poste de responsabilité, on m’a demandé si j’acceptais, j’ai dit que j’acceptais, comme je le disais tout à l’heure, pour le bien de l’Église et de toutes les personnes qui habitent en Polynésie, et voilà. Mais ce n’était pas du tout un plan de carrière ou un désir que j’avais de grimper dans la hiérarchie. Ce n’est pas du tout ça.

     

    Avez-vous des projets pour l’archidiocèse de Papeete ?
    Pendant l’année où j’ai été administrateur apostolique, j’ai pu découvrir un certain nombre de chantiers, de choses à revoir et maintenant que je suis à ce poste de responsabilité, je vais continuer d’avancer dans ce que j’avais commencé.

    Il y a certains dossiers que je vais regarder un peu d’une autre façon, vu que la responsabilité qui m’est confiée me donne davantage de temps, me permet de me projeter davantage dans l’avenir.

    Le poste d’administrateur apostolique que j’avais auparavant était limité dans le temps, je savais que c’était pour une année. Je suis maintenant en position de pouvoir regarder à plus long terme.

    Donc ça va me donner de nouveaux éléments pour pouvoir apprécier les choses que j’avais commencées et qu’il faut poursuivre, et d’autres chantiers aussi auxquels je ne m’étais pas attaqué vu que je ne savais pas si j’allais rester à la tête du diocèse.

     

    Peut-on avoir quelques exemples de chantiers ?
    La première chose, pour moi, c’est la qualité de nos communautés chrétiennes, au niveau de la façon de vivre selon l’Évangile avec le respect et l’esprit de service.

    Je pense beaucoup aussi à la façon dont on va s’occuper des jeunes. C’est pour moi une priorité aujourd’hui. Je pense aussi à la façon dont on peut essayer d’accompagner les familles à travers les multiples difficultés qu’elles peuvent rencontrer. Je crois que l’Église a quelque chose à dire pour aider les familles à être plus unies et à pouvoir grandir de la meilleure façon.

    Je pense également à l’ouverture de l’Église, qu’elle ne reste pas dans les sacristies, mais qu’elle sache s’ouvrir davantage au monde pour regarder un petit peu ce qui se passe autour d’elle et être présente en collaboration avec tous ceux qui œuvrent pour un mieux-être dans notre pays.

    Comment l’Église va jouer son rôle en partenariat avec toutes les bonnes volontés qui se présentent. Je pense à l’accueil aussi de tous ceux qui sont loin de l’Église. Comment on peut accueillir les demandes, comment on peut aider les gens à reprendre confiance et à présenter un visage du Christ qui donne de la confiance, un peu de courage et surtout de l’espérance.

    Je pense que l’Église doit ouvrir les portes pour que l’avenir devienne possible, pour que les gens puissent trouver auprès de nous un lieu d’accueil, d’écoute et de partage, et que l’on puisse travailler ensemble.

     

    Un mot pour la fin ?
    Dans cette période où on prépare Noël, les chrétiens s’apprêtent à accueillir la naissance de Jésus. Voilà que Jésus vient à nous à travers cet événement de la nomination d’un nouvel évêque.

    Après cinq années sans pasteur officiel, voilà que, désormais, l’Église de Polynésie se retrouve avec un pasteur. J’espère être digne de la responsabilité que m’est confiée et de pouvoir assurer au mieux ma mission, pour le bien de tous.

     

    Propos recueillis par Vaiana Hargous

     

    Parcours

    Jean-Pierre Cottanceau est né le 14 janvier 1953 à Ussel (Corrèze). Il est baptisé le 2 février 1953 en l’église de Bort-les-Orgues (Corrèze). Scolarisé d’abord à Capdenac (Aveyron), il fait sa profession religieuse chez les Pères des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie en 1971.

    Après six années d’études, deux années de coopération au Congo (ex-Zaïre) et une année de diaconat, le cardinal François Marty, archevêque de Paris, lui confère l’ordination sacerdotale le 10 mai 1980, à Paris, en la paroisse Saint-Gabriel.

    Il obtient une maîtrise en théologie, un DEA en théologie et un doctorat de 3e cycle à la faculté de théologie de Strasbourg. De 1979 à 1985, il est aumônier des collèges et lycées au sud de Paris (XXe arrondissement). En 1985 et 1986, il suivra des cours et fera des recherches à l’École biblique de Jérusalem.

    De 1986 à 1998, on lui confie la direction d’un foyer de jeunes à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron). En juin 1998, il reçoit une obédience pour Tahiti où il sera responsable de la formation des séminaristes des Pères des Sacrés-Cœurs. Parallèlement, il donne des cours au grand séminaire et anime des sessions de formation théologique pour les laïcs.

    En 2000, il est nommé curé de la paroisse du Sacré-Cœur à Arue, charge qu’il assurera jusqu’en 2010. Il sera également membre du collège des consulteurs et du conseil presbytéral. En 2010, il est rappelé par ses supérieurs pour enseigner au Prenovitiate Damian Formation Center à Quezon City aux Philippines. En août 2015, il revient à Tahiti où le Saint-Père le nomme, le 28 août, administrateur apostolique de l’archidiocèse de Papeete.

     

     

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