Le père des naufragés témoigne : « Pour moi, ils sont toujours en vie »

    lundi 14 novembre 2016

    Laurent et sa sœur Meherio ont quitté Huahine mercredi dernier vers 7 heures et devaient arriver vers 11 heures à Maiao. (© DR)

    Laurent et sa sœur Meherio ont quitté Huahine mercredi dernier vers 7 heures et devaient arriver vers 11 heures à Maiao. (© DR)

     

     

    Le JRCC a annoncé hier avoir arrêté les recherches pour retrouver les deux personnes disparues en poti marara, entre Huahine et Maiao, depuis mercredi dernier. Le centre de coordination de sauvetage aéro-maritime indique avoir utilisé tous les moyens possibles en étendant la zone de recherches jusqu’à 70 000 km2 en 55 heures de vols. Pour autant, la famille des frère et sœur disparus ne perd pas espoir et lance un appel aux dons pour continuer les recherches en mobilisant les pêcheurs.

     

     

    Le JRCC Tahiti (centre de coordination de sauvetage aéro-maritime) a tenu, hier après-midi, une conférence de presse pour annoncer officiellement l’arrêt des recherches des deux personnes, Laurent et sa sœur Meherio Para, disparues depuis mercredi dernier entre Huahine et Maiao, en poti marara.

    Selon le directeur du JRCC, Clément Jacquemin, cette décision émane du haut-commissaire de la République en Polynésie française, René Bidal, sur l’appui d’éléments de travail vérifiés et d’efforts importants déployés durant quatre jours et quatre nuits par le Gardian et le Casa de l’armée de l’air, sans oublier le Dauphin et les éléments de la marine nationale. “Ils ont fait un travail exceptionnel pendant ces quatre jours”, précise Clément Jacquemin.

     

    70 000 km2 de zone survolés

     

    En tout, les efforts de recherches ont représenté 55 heures de vols sur une surface de 70 000 km2. Cela représente l’ensemble des îles de la Société.  Le JRCC avance maintenant deux hypothèses. Soit le bateau a coulé avec ses occupants sans laisser de traces suite à une collision avec quelque chose qui flottait en surface. “Mais il faudrait une collision très violente pour disloquer complètement le bateau, reprend Clément Jacquemin, et les poti marara sont quand même costauds. Il y a toujours quelque chose qui aurait pu flotter en surface qu’on aurait pu détecter. C’est une hypothèse peu probable.”

    La seconde hypothèse serait une désorientation complète du bateau, c’est-à-dire que le pêcheur aurait pu se tromper de cap. Et pourtant, il est équipé d’une boussole. Là encore, les hypothèses fusent. “Soit elle ne fonctionne pas, soit le pêcheur ne sait pas l’utiliser”, précise Clément Jacquemin.

    La famille de Laurent et Meherio, qui vit à Mataiea, a été avertie de cette décision d’arrêter les recherches. Pour autant, elle ne perd pas espoir et lance aujourd’hui un appel aux dons pour continuer de son côté, notamment en mobilisant des pêcheurs de Huahine et d’autres îles.

    Sur les réseaux sociaux, les messages d’encouragement fusent de toute la Polynésie, ce qui réconforte le père des deux disparus, Robert Para, qui continue à croire que ses enfants sont toujours en vie. “Je garde espoir. Je n’ai pas encore reçu de signe. Donc pour moi, ils sont toujours en vie.”
    À Mataiea, commune de Teva i Uta d’où Laurent et Meherio sont originaires, c’est l’émotion, mais aussi l’espoir, qui dominent.

     

     

    C.T.

     

    Robert Para, père de Laurent et Meherio : “La famille reste confiante”

    robert para

    (© Charles Taataroa)

     

    “Je garde espoir et je ne m’inquiète pas trop pour mon fils. Il connaît bien l’océan pour avoir pêché depuis de nombreuses années. Il a commencé à l’âge de 10 ans avec moi. Il ne voulait plus aller à l’école. C’est pour vous dire qu’il a l’expérience et qu’il sait quoi faire en cas de problème. Ce qui m’inquiète le plus, c’est ma fille. Je ne sais pas si elle va pouvoir supporter toutes les conditions de la mer, le vent et la pluie. En tout cas, la famille reste confiante. Je tiens à féliciter tous les amis qui nous ont envoyé des messages d’encouragement. Si les recherches ont pris fin, la famille a décidé de continuer avec des pêcheurs, notamment de Mataiea, de Huahine et de bien d’autres îles. En tout cas, nous tenons à remercier l’armée pour le travail réalisé durant ces quatre jours de recherches.”

     

    Clément Jacquemin, directeur du JRCC : “On n’a absolument rien retrouvé”

    clément jacquemin

    (© Charles Taataroa)

     

    Pourquoi avoir décidé d’arrêter les recherches ?
    C’est sur décision du haut-commissaire qu’on a arrêté les recherches. Tout au long de ces quatre jours, des efforts importants ont été réalisés par les avions, le Gardian et le Casa de l’armée de l’air, et l’hélicoptère Dauphin.

    Combien d’heures de vols ont été réalisées pendant ces recherches ?
    Les efforts de recherches ont représenté 55 heures de vols sur une surface de 70 000 km2. C’est une zone qui comprend l’ensemble de l’archipel de la Société. C’est énorme.

    Qu’a-t-il pu arriver aux deux occupants de ce poti marara ?
    Les hypothèses les plus probables, c’est que le bateau a coulé complètement avec les personnes sans laisser de traces suite à une collision avec quelque chose qui flottait en surface. L’autre hypothèse, c’est la désorientation, c’est-à-dire une erreur de cap manifeste, vraiment importante, et des gens qui continuent de faire route des heures et des heures. Cela nous empêche de les localiser. Malgré l’extension de la zone qui était déjà importante, on n’a pas réussi à les localiser. À un moment donné, il faut qu’on arrête, parce qu’on ne peut pas repousser les limites de recherches sans cesse.

    Donc, aucune trace ?
    On n’a absolument rien retrouvé en surface. Rien du tout. Pas de gilet de sauvetage, pas de glacière, pas de traces de gasoil, donc aucun élément qui nous permette de dire qu’il y a eu un chavirement ou autre.

    Y a-t-il des chances qu’ils soient encore en vie ?
    Il y a des chances, mais qui sont très faibles. Mais on ne peut jamais rien garantir dans les naufrages en mer. On a vu des naufragés dériver pendant des jours et des semaines. En tout cas, ils ont du matériel de pêche, d’après ce qu’on nous a dit, et en ce moment, c’est la période de pluie, donc ils peuvent recueillir de l’eau et boire. Mais tout ça, ce sont des suppositions.

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