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Perte d’autonomie : Des pros se mobilisent

mercredi 12 septembre 2018

Alain Ménard, fondateur de la structure Utuafare Ora, spécialisée dans le service à la personne. (© Jennifer Rofès)

Alain Ménard, fondateur de la structure Utuafare Ora, spécialisée dans le service à la personne. (© Jennifer Rofès)

Le premier cluster, nommé Te Oro Ara, sur la perte d’autonomie des personnes, est né. La première assemblée générale se déroulera demain soir à Pirae dans les locaux de Fare Ora, foyer d’hébergement et d’accueil pour personnes âgées. Porté par Alain Ménard, ce cluster vise à rassembler tous les professionnels du territoire confrontés à la perte d’autonomie des personnes âgées, des personnes accidentées, des personnes handicapées… pour qu’à l’avenir les pouvoirs publics puissent consulter et s’appuyer sur cet acteur de terrain, à même de fournir des photographies exhaustives de la réalité à laquelle ils se trouvent quotidiennement confrontés.

“Dans ce groupement, il y a des gens qui, comme moi, représentent les services à la personne, d’autres qui représentent les unités de vie comme les maisons de retraite ou les centres d’accueil et tous les autres corps de métiers qui, de près ou de loin, sont confrontés à des personnes en perte d’autonomie comme les infirmiers libéraux, le syndicat des kinés, Europe Assistance Océanie, le centre de rééducation Te Tiare, les représentants du monde du handicap, sans oublier les professionnels du matériel d’appareillage. Nous sommes tous confrontés à nos propres réalités, mais nous avons tous une vision exhaustive de ce qui se passe sur le terrain”, raconte Alain Ménard qui explique avoir eu l’idée de ce rassemblement de compétences et de métiers après avoir participé à des réunions organisées par les instances dirigeantes du Pays dans lesquelles les professionnels ne s’y retrouvaient pas.

“L’élément déclencheur a été de se retrouver tous, autant que nous sommes, dans des réunions avec les décideurs et de se demander à quoi nous assistions. La vision des pouvoirs publics et la réalité des professionnels sur le terrain étaient en décalage pour ne pas dire totalement dissociées. C’est pourquoi il était à mon sens nécessaire de nous réunir”.

 

Problématique dans la coordination des moyens

 

Le cluster maritime de Polynésie française, créé en 2014, a beaucoup inspiré Alain Ménard qui reconnaît que concevoir un modèle semblable sur la perte d’autonomie sera long à mettre en place, tout comme obtenir la reconnaissance des pouvoirs publics. “Nous nous réunissons ce soir mais nous ne savons pas encore quels vont être les premiers sujets de discussion, nos premiers travaux. L’intérêt du cluster n’est pas de défendre des intérêts professionnels ou personnels, mais de travailler ensemble, d’éditer des rapports pour, à terme, devenir un acteur que l’on consulte”, explique-t-il.

Selon le fondateur de Utuafare Ora, la vraie problématique aujourd’hui réside dans la coordination des moyens.

“Dans la plupart des pays développés, la perte d’autonomie des personnes est un enjeu économique source d’emplois. Aujourd’hui, la Polynésie conçoit encore ça comme une petite aide financière à apporter à la famille. La réflexion c’est de dire ‘cela va coûter moins cher que de mettre en place un véritable plan de prise en charge’ mais, du coup, on reste dans une économie informelle”, explique Alain Ménard qui ajoute : “Je ne dis pas que les familles n’ont pas besoin d’aide financière mais ceci ne crée pas d’emploi, et nul ne dit que ces petites aides vont servir à la personne en perte d’autonomie.”

Selon le professionnel de l’aide à domicile, environ 10 000 personnes sur le territoire seraient en perte d’autonomie et nécessiteraient d’être accompagnées. “La politique du gouvernement, si je schématise aujourd’hui, c’est de dire : ‘On n’a pas besoin de professionnels, c’est à la famille de s’occuper de ses matahiapo. Or, les aidants familiaux sont très importants mais l’aidant familial ne peut pas tout faire. C’est très lourd de s’occuper d’un malade d’Alzheimer. Dans certaines familles, c’est un enfant qui est choisi pour s’occuper de la grand- mère ou du grand-père grabataire. On appelle ça l’enfant de la vieillesse. Celui-ci est désigné comme celui qui s’occupera du papy. Généralement, il est très vite déscolarisé et s’occupe jour et nuit de la personne. Ça, les pouvoirs publics ne le voient pas ou refusent de l’entendre quand on en parle. Ce sont pourtant des destins de citoyens sacrifiés au rôle de petit esclave qui, à 30 ou 40 ans, n’ont rien construit, n’ont pas de diplôme… Et en 2018, c’est inacceptable.”

 

Jen.R.

 

 

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